Colombie : les guerriers veulent déposer les armes

Des représentants du gouvernement colombien et de la guérilla des Farc se retrouvent le jeudi 18 octobre 2012 en Norvège pour donner formellement le coup d'envoi à des négociations visant à mettre fin à un conflit qui a fait des dizaines de milliers de victimes en un demi-siècle.

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Des membres des FARC en Colombie, le 12 juillet 2012 (Luis Robayo/AFP)
Des membres des FARC en Colombie, le 12 juillet 2012 (Luis Robayo/AFP)
Après l'échec de trois tentatives en 30 ans, la dernière datant de 2002, les autorités et les rebelles marxistes doivent officiellement lancer le processus de paix dans un hôtel des environs d'Oslo avec l'"installation publique" de la table de dialogue. Suite à des discussions exploratoires nouées voilà plusieurs mois à Cuba, pays garant du processus de paix avec la Norvège, les protagonistes devaient se retrouver dans un lieu secret. Par souci d'efficacité et de sécurité, ces pourparlers sont entourés d'une extrême discrétion.

La délégation des Forces armées révolutionnaires (Farc), dirigée par leur numéro deux Ivan Marquez, s'est envolée de La Havane à Cuba, où se trouvaient la plupart des émissaires de la rébellion. L'arrivée des négociateurs en Norvège a été émaillée de retards liés à des intempéries mais aussi aux contretemps rencontrés dans la levée des mandats d'arrêt internationaux à l'encontre des délégués des Farc.

Aux origines des Farc et de la guerre civile en Colombie

Jakob Schlüpmann
Le 9 avril 1948, le candidat présidentiel du parti libéral colombien Jorge Eliecer Gaitán est abattu en plein jour dans une rue de Bogota. L'assassinat déclenche une révolte populaire d'une extrême violence. Ce que l'on appellera le "Bogotazo" aboutit presque au renversement du gouvernement conservateur, fait trois mille morts et détruit le centre ville de la capitale. C'est le début de "la Violencia", la guerre civile colombienne.
Aux origines des Farc et de la guerre civile en Colombie

Les enjeux des discussions

Les chapitres discutés tourneront autour du développement rural, la participation à la vie politique des futurs mouvement issus de la rébellion, la fin définitive des hostilités, le trafic de drogue - source de financement des rebelles - et la situation des victimes. La question d'un cessez-le-feu, rejetée par le président colombien Juan Manuel Santos avant un accord final, devrait aussi être mise sur la table par les Farc, plus ancienne rébellion d'Amérique latine.

Fondée en 1964 lors d'une insurrection paysanne, cette rébellion, la plus importante de Colombie, est aujourd'hui militairement affaiblie après la mort de plusieurs de ses dirigeants. Ses effectifs ont été divisés de moitié en 10 ans, à environ 9.000 combattants, selon les autorités, repliés dans les régions rurales après une série de revers militaires. 70 000 personnes auraient été tuées dans le cadre du conflit armé au cours des 20 dernières années, la plupart civiles, et principalement victimes des paramilitaires, qui on aussi procédé à des viols massifs. Quant aux Farc, c'est principalement l'enlèvement d'Ingrid Betancourt, par les révolutionnaires, qui mis sur le devant de la scène mondiale, cette guérilla sans fin.