Conquête spatiale : la Chine, nouvel acteur incontournable

La stations spatiale modulaire chinoise telle qu'elle devrait être en 2022, pour remplacer l'ISS (image d'artiste)

Un cargo s'est arrimé au premier module de la station spatiale chinoise au printemps, tandis que des étudiants testent une simulation de vie lunaire au sol. Après le rover "lapin de jade" — envoyé sur notre satellite en 2013 — l'Empire du Milieu compte lancer un vaisseau spatial pour Mars en 2020. Jusqu'où peut aller la Chine dans son programme de conquête spatiale ?

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L'activité de la Station Spatiale Internationale (ISS) est très médiatisée au point de laisser penser qu'il n'y aurait que ce laboratoire spatial habitable en orbite autour de la Terre. Il n'en est rien. En réalité, tandis que l'Europe, la Russie, les Etats-Unis développent des programmes spatiaux, la Chine, de son côté, de manière moins ostensible… fait la même chose. Les programmes spatiaux chinois sont peu connus, et pourtant ils risquent de compter de plus en plus dans la conquête future des astres.

Le "Palais céleste" reçoit un visiteur mécanique

Le 15 septembre 2016, un lanceur chinois "Chang Zheng" a placé en orbite un premier module habitable de la nouvelle station spatiale nommée "Tiangong-2". Tiangong signifie "Palais Céleste" en chinois. Cette mise en orbite fait suite à une autre, en septembre 2011, du module "Tiangong-1" qui fut habité à deux reprises, 2 semaines, par des "taïkonautes" (nom des spationautes chinois). Le dernier vol habité pour ce module a eu lieu du 11 au 26 juin 2013. Il y a quelques mois, le 22 avril 2017, la Chine a arrimé un vaisseau cargo spatial automatique au module Tiangong-2 avec succès, une première du genre. Le but avéré de ce programme est de créer un véritable laboratoire spatial qui devra être habité en 2022, date à laquelle l'ISS sera abandonnée.
A gauche, un vaisseau Shenzhou se dirigeant vers une station de type Tiangong. (Image d'artiste)
A gauche, un vaisseau Shenzhou se dirigeant vers une station de type Tiangong. (Image d'artiste)
Des équipes européennes se sont positionnées auprès du gouvernement chinois pour pouvoir procéder à des expériences scientifiques dans Tiangong-2 qui deviendra alors Tiangong-3, la première station spatiale chinoise, ouverte à une collaboration internationale. 

Les premiers habitants lunaires seront-ils Chinois ? 

Le petit rover surnommé Lapin de jade (Yutu en mandarin), envoyé sur la Lune en 2013 a réussi l'exploit de parcourir l'astre mort durant 31 mois. Cet exploit technique n'avait été pas été réalisé depuis 37 ans, quand l'Union soviétique avait déposé un rover sur la Lune en 1976. Le gouvernement chinois a mis à disposition les photos de la Lune prises par son rover en 2015. 
 
Les ambitions spatiales de la Chine vont au delà de la prouesse technologique déjà opérée avec le robot Lapin de Jade, puisque l’université de Beihang à Pékin, spécialisée dans la recherche astronautique, a décidé de simuler la vie sur une base lunaire durant un an avec des étudiants volontaires. Deux homme et deux femmes se sont donc installés dans un petit laboratoire de 42 m2 du "Palais lunaire" de 160 m2 en mai 2017. L’agence de presse d’Etat Chine nouvelle indique qu'après 70 jours, les 4 étudiants sont relayés par 4 autres pour deux cent jours, puis le premier groupe reviendra compléter cette mission d'isolement pour les 100 derniers jours de l'expérience. Le but de la Chine est de tester les conditions de vie sur la Lune… qu'elle veut coloniser avant 2030. 

Mars à l'horizon 2020 ?

Si coloniser la Lune est un objectif sous 10 ans pour la Chine, envoyer une mission martienne est par contre un objectif plus proche d'après ses services gouvernementaux. Un vaisseau spatial devrait partir pour la planète rouge en 2020 et y déposer un rover. La Chine, en 2017, a rattrapé son retard en matière de technologie spatiale, et aux vues des milliards de dollars qu'elle engage dans ses programmes spatiaux, il est probable qu'elle devienne sous peu la nation la plus en pointe dans le domaine.