COP21 : les Francophones vont-ils sauver la planète ?

Michaëlle Jean Francophonie

Un nouveau projet d'accord a été soumis, mercredi 9 décembre, aux négociateurs des 195 pays présents à la COP21. A cette occasion, TV5MONDE a interrogé Michaëlle Jean, la secrétaire générale de la Francophonie, pour savoir quelle place ont les pays francophones dans ces négociations. Elle évoque une "Francophonie des solutions". Entretien. 

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Les Francophones peuvent-ils sauver la planète ?

Je pense que les Francophones peuvent participer, et le font déjà, à la sauvegarde de la planète. Et pourquoi je parle de "Francophonie des solutions" ? Dans cet espace francophones, sur les cinq continents, avec les 80 Etats et gouvernements, avec toutes nos populations, beaucoup d’initiatives sont en marches, des idées formidables, un engagement toujours renouvelé des femmes, des jeunes de courage, des accomplissements également. Et tout ça participe de notre force, notre vraie force, par cette volonté que nous avons aussi de mettre davantage en commun : nos expériences, nos engagements, nos savoir-faire, nos connaissances, nos sciences. La volonté que nous avons dans une vraie éthique du partage de mutualiser davantage tout ce que nous savons faire et toutes nos bonnes pratiques. 

Aujourd'hui, Laurent Fabius met un peu plus de pression pour obtenir un accord. Est-ce que vous y croyez ? 

Il y a des mois que nous travaillons sur cet événement, marchons vers la Cop, et nous aimons dire en français, la CDP21 (Conférence des parties, ndlr) et nous avons, comme à chacun de ces rendez-vous et ça depuis le sommet de la terre à Rio, toujours accompagné, par notre Institut de la francophonie pour le développement durable; les négociateurs, ceux qui sont là pour pousser les engagements, pour faire en sorte que nous arrivions à un accord que nous voulons ambitieux, que nous voulons solidaires, inclusif et aussi contraignant.

Je crois que nous sommes à la dernière ligne droite. Les ministres de l’Environnement que nous avons rassemblés hier en concertation, de l’espace francophone, reviennent aussi à la charge pour faire en sorte que l’on parle non seulement d’engagements suffisants, conséquents, pour l’atténuation donc on en arrive à moins que 2 degrés au niveau du réchauffement. Mais qu’on arrive aussi à des financements accessibles pour l’adaptation, pour tous ces pays qui sont rudement frappés, affectés, fragilisés les conséquences du réchauffement climatique et qui ont besoin aussi de financements pour pouvoir porter leur politique, leurs actions en développement humain et économique durable pour faire face à cette catastrophe que nous vivons et elle est réelle. On parle de désertification, de remontée du niveau des océans, on parle d’érosion côtière... Pour toutes ces populations qui souffrent tous les jours et qui se battent pour vivre, il faut absolument que l’on y pense et que l’on soit solidaires à leur égard. 

Je reste optimiste, je reste optimiste, il le faut. Et en même temps je sais que le combat sera à poursuivre dès l’année prochaine, à Marrakech, au Maroc, lors de la CDP 22.