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COP21 : les jeunes informent et sensibilisent sur Internet

Dans l'un des halls de la COP21, une place est réservée à des blogueurs qui viennent du monde entier et couvrent l'événement pour leurs sites. 
Dans l'un des halls de la COP21, une place est réservée à des blogueurs qui viennent du monde entier et couvrent l'événement pour leurs sites. 
L.Baron/TV5MONDE

Le coin des « blogueurs » accueillent des apprentis-journalistes qui couvrent la COP21 mais aussi de jeunes militants blogueurs qui informent sur Internet des conséquences du réchauffement climatique dans leur pays. Rencontres.

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Rivés à leurs ordinateurs portables, un stylo dans une main et le téléphone dans l’autre, les apprentis journalistes de l’ « Agencia jovem de noticias » (l’Agence de nouvelles des jeunes) sont concentrés et hyper connectés. Autour de la table, quelques-uns des 30 jeunes de douze pays différents (Argentine, Italie, Brésil, Colombie, Grèce, France, Danemark, Lituanie, Portugal, …) sont venus couvrir pendant près de deux semaines la COP21 à Paris.

agence presse jeune
L.Baron/TV5MONDE

Tous les jours, ils écrivent des articles et tournent des vidéos sur l’actualité de la conférence internationale sur le climat. Le tout traduit en 5 langues (espagnol, français, anglais, italien et portugais) et publié sur différentes plateformes selon les pays.

Cette agence de presse de jeunes a été lancée il y a plus de 10 ans au Brésil lors du Forum mondial social de Porto Alegre par Paulo Lima au travers de son ONG Viraçao.

Depuis, ses apprentis journalistes couvrent différentes thématiques comme la santé, l’éducation, la culture mais, surtout, il suivent  régulièrement les conférences sur le climat.

Cop19 à Varsovie, COP20 à Lima, COY (la COP des jeunes près de Paris) et puis finalement la COP21, l’Italienne Cristina Dalla Torre a assisté à toutes ces dernières conférences pour l’ « Agencia jovem de noticias ». Cette jeune femme de 24 ans qui finit son Master en économie de l’environnement à Turin, a remarqué une évolution  : « En 2013, à Varsovie, on parlait peu du climat encore. Aujourd’hui, les gens sont plus conscients de ce qu’il se passe, ils s'intéressent davantage au sujet. »

On redonne finalement un peu de pouvoir à la société.

Cristina

La force de leur jeune groupe de journalistes ? Traiter des problématiques environnementales  avec plus de créativité que les « gens d'expérience». « En informant différemment, on touche alors un autre public », souligne-t-elle. Et « si les jeunes sont informés, ils prendront alors leur part dans les décisions sur le climat. A travers notre travail d’information, on redonne finalement un peu de pouvoir à la société pour que ces questions ne restent pas débattues qu'entre les gouvernants et les activistes. »

cristina
L.Baron/TV5MONDE

Entre information et militantisme, c’est aussi ce que fait tout au long de l’année Halima Laoual Bachir du Niger et, plus particulièrement, pendant cette COP21. A 25 ans, la blogueuse a plusieurs sujets de prédilection : les femmes, la scolarisation des enfants et ..l’environnement.

Dans son pays, elle a monté avec 5 autres jeunes un groupe appelé « Map4dev » (carte pour le développement) qui a élaboré, ces derniers mois, une carte numérique sur le changement climatique, à l’initiative de l’UNICEF. Halima est venue la présenter à la COP21.

Leur travail consiste à répertorier et à géolocaliser  dans leur pays les conséquences du réchauffement planétaire. A l’aide de photos et de vidéos, son groupe se rend sur le terrain et explique sur internet ce qu’ils observent : assèchement des puits, aridité des terres agricoles, difficile accès à l’eau, …

Un exemple des informations collectées sur le terrain par Halima sur la difficulté d'accès à l'eau au Niger et qui est répertorié sur la mappemonde de l'UNICEF. 
Un exemple des informations collectées sur le terrain par Halima sur la difficulté d'accès à l'eau au Niger et qui est répertorié sur la mappemonde de l'UNICEF. 

Ces données sont épinglées sur une carte mise en ligne sur le site de l’UNICEF et qui se sert aussi de plaidoyer à la COP21 de Paris.

halima
L.Baron/TV5MONDE

En mettant ces données ainsi à la disposition de tous les internautes, ces jeunes ont reçu des commentaires de Nigériens leur expliquant qu’eux aussi avaient constaté ces problèmes environnementaux depuis longtemps. « Mais souvent, ils font ne pas le lien avec les problèmes du changement climatique, explique Halima. Pour eux, c’est un signe de Dieu. Tout notre rôle est donc de les informer. A partir de cette carte, on lance les discussions pour trouver des solutions. Et si à notre niveau, on ne les trouve pas, on soumet les problèmes à nos autorités. » Trouveront-ils eux aussi des réponses à la COP21 de Paris ?