A Cuba, des feux d'artifice pour libérer Internet

Des exilés cubains anticastristes ont traversé en bateau le détroit de Floride hier, de Miami aux côtes cubaines. Au large de l'île, les opposants on tiré des feux d'artifice, une manière pour eux de militer contre la cybercensure. A Cuba, les connexions sont en effet lentes, hors de prix et ne permettent d'accéder qu'à des versions étatiques de Facebook ou Wikipedia, largement censurées.

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A Cuba, des feux d'artifice pour libérer Internet


Yoani Sanchez, électron libre cubain

Biographie

Le titre de sa thèse de philologie en dit déjà long sur elle : "Paroles sous surveillance. Une étude sur la littérature de la dictature en Amérique latine". Yoani Sanchez, née en 1975 à La Havane, est aujourd’hui la blogueuse cubaine la plus connue en dehors de son pays. Sa carrière de philologue a été brève. Elle a surtout exercé comme professeur d’espagnol pour les touristes en goguette à Cuba avant d’émigrer en Suisse durant deux ans.

Nostalgique, elle rentre à Cuba en 2004. Passionnée d’informatique, elle travaille comme webmaster et chroniqueuse.  En 2007, elle lance Generacion Y, un des premiers blogs critiques de l’île. Si ses compatriotes y ont accès de manière aléatoire, le monde entier lit ses "chroniques désenchantées" sur la vie à Cuba, où la presse indépendante n’existe pas.

Le succès est tel qu’en mars 2008 les autorités bloquent le site jusqu’à une date indéterminée. La pression est forte. Sur Generacion Y, Yaoni Sanchez publie les photos des agents de sécurité du gouvernement chargés de la suivre en permanence. En novembre 2009, alors qu’elle se rend à une manifestation pour la paix, elle est brièvement arrêtée et frappée.

Son combat dépasse désormais celui de la défense de la liberté d’expression : la même année, elle lance un appel à Barack Obama pour changer les relations entre Cuba et les États-Unis. Et c’est sur son blog que le président américain lui répond et la félicite pour son courage.

À côté de son activité de blogueuse pour laquelle elle a gagné de nombreux prix, Yoani Sanchez collabore à des publications comme le Washington Post, La Stampa ou Clarin.

Yoani Sanchez est mariée à Reinaldo Escobar, journaliste indépendant. Ils ont un fils.