Migrants : la Turquie utilise sa position de force à fond

Le président du Conseil européen Donald Tusk (au milieu) serre la main du Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, à Bruxelles, le lundi 7 mars 2016. De gauche à droite : le Premier ministre portugais Antonio Costa, le président français François Hollande, le Premier ministre finlandais Juha Sipila, le Premier ministre roumain Dacian Ciolos, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte et le Premier ministre slovène Miro Cerar.
Le président du Conseil européen Donald Tusk (au milieu) serre la main du Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, à Bruxelles, le lundi 7 mars 2016. De gauche à droite : le Premier ministre portugais Antonio Costa, le président français François Hollande, le Premier ministre finlandais Juha Sipila, le Premier ministre roumain Dacian Ciolos, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte et le Premier ministre slovène Miro Cerar.
©AP/Francois Walshaerts

Ce lundi 7 mars, à Bruxelles, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a présenté une nouvelle liste d'exigences au sommet européen.

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Une aide de deux milliards d'euros par an, en sus des trois milliards déjà acceptés dans le cadre du programme conjoint ; la libéralisation graduelle des visas pour les ressortissants turcs dès juin prochain ; la réouverture de cinq chapitres de négociation en vue de la candidature turque à l'adhésion après un accord sur la réunification de Chypre ; et enfin, la réadmission d'un million de réfugiés irréguliers se trouvant en Europe en échange de l'accueil en Europe d'autant de Syriens se trouvant en Turquie sur trois ans.

Telles sont les nouvelles exigences mises en avant par le premier ministre turc Ahmet Davutoglu au sommet Union européenne-Turquie qui a débuté ce lundi après-midi à Bruxelles. Après un premier tour de table, le Premier ministre turc devrait quitter provisoirement la réunion, laissant les Vingt-Huit délibérer entre eux. Une première réponse serait donnée dès ce lundi soir. Selon les milieux diplomatiques, la chancelière allemande Angela Merkel y serait plus ou moins favorable.

Surprise

Ainsi le sommet UE-Turquie a pris une tournure inattendue et a surpris plus d'un observateur. Au départ, l'objectif de cette deuxième rencontre était de faire le bilan du programme conjoint signé en novembre dernier en vue d'endiguer le flot des réfugiés. L'an dernier, les Etats européens ont accueilli 1,2 milliard de Syriens, Irakiens et Afghans, dont 800 000 ont transité par la Turquie, avant d'arriver en Grèce. Plus de 100 000 autres réfugiés sont déjà arrivés depuis le début d'année.

Les chefs d’État et de gouvernement européens étaient venus à Bruxelles pour demander plus d'efforts de la part de la Turquie pour endiguer le flot de réfugiés. «Le sommet UE-Turquie devra permettre non seulement de réduire le nombre d’arrivées en Grèce, mais aussi d’accélérer les retours des réfugiés économiques en Turquie», avait déclaré Dimitris Avramopoulos, le commissaire européen chargé de la Migration et de l’Intérieur.

La semaine dernière, l’UE avait montré sa bonne volonté face aux exigences d'Ankara en approuvant le financement des projets à hauteur de 95 millions d’euros destinés à améliorer le sort des réfugiés syriens sur le territoire turc. Cette somme émane de l’enveloppe de trois milliards d’euros que Bruxelles entend accorder aux organisations humanitaires actives en Turquie sur deux ans.