Dans la prison d’Abou Salim

dans

Dans la prison d’Abou Salim


Nous sommes dans la prison d’Abou Salim, un quartier réputé pro khadafiste et libéré par les rebelles vendredi dernier. Plus de 2000 prisonniers, politiques pour la plupart, ont été libérés ; dans les cellules, les ventilateurs tournent encore, du linge encore humide sèche sur une corde. Et partout sur les murs, ces mêmes photos de la Mecque et du Dôme du Rocher à Jérusalem.
 

Ici, des anciens détenus viennent revoir les cellules qu’ils occupaient. Tous ont été arrêtés dans les années 90, lors de cette arrestation massive des islamistes par le régime qui ne tolérait aucun autre culte que le sien et son Livre Vert. Et c’est dans cette prison que le Guide a fait abattre froidement 1200 prisonniers « islamistes » en 1996. Abdel, l’un d’eux, se souvient : « Quand on était là, les conditions étaient terribles ! Ce n’était pas comme maintenant ! On était 16 par cellule, c’était dégueulasse !! Ils nous torturaient avec des câbles électriques et on nous jetaient une gamelle pour quatre ! ». 
 
Abdel et ses amis sont des salafistes et ne sont pas engagés politiquement – c’est du moins ce qu’ils affirment. « On n’est pas des Islamistes, ni d’Al Qaeda. Kadhafi lui, est un extrémiste qui ne tolère rien excepté ses idées. C’est lui le fanatique et le terroriste qui tire sur son peuple. Pas nous !  On n’est pas allé dans les rues, on n’a pas fait la Révolution. La seule chose qu’on veut, c’est pouvoir prier tranquillement. C’est tout ! »