Londres : quatre morts dans un attentat terroriste revendiqué par Daech

Londres 1
©TV5MONDE

Trois personnes dont un policier et un Américain ont été tuées et au moins vingt autres blessées au cours d'un attentat ce mercredi 22 mars 2017, en début d'après-midi devant le parlement britannique à Londres. L'assaillant a été tué. 

 

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Le point à 19 h TU

Deux passants ont été tués ainsi qu'un policier et une vingtaine d'autres ont été blessés près du Parlement à Londres dans une attaque qualifiée de "terroriste jusqu'à nouvel ordre" par la police britannique. Le policier a été poignardé et l'assaillant présumé, abattu près de Westminster, ce mercredi 22 mars 2017. Parmi les blessés figurent trois lycéens français de Concarneau. Une femme grièvement blessée a été repêchée dans la Tamise. Le quartier est bouclé et les députés ont suspendus leurs travaux.

Cette attaque devant le Parlement est actuellement "traitée comme un incident terroriste jusqu'à preuve du contraire" a affirmé la police britannique.  Selon les premiers éléments de l'enquête, l'homme a agi seul, a déclaré Scotland Yard. "L'enquête a été confiée au commandement anti-terroriste" et des "policiers supplémentaires seront déployés ce (mercredi) soir" dans les rues de Londres, a ajouté la police, appelant la population à la vigilance.  

Le fil des événéments

L'attaquant, qui a été abattu par balles par la police, aurait foncé sur plusieurs piétons alors qu'il conduisait un véhicule, vraisemblablement de marque Hundai, sur le Pont de Westminster avant de tenter de rentrer à l'intérieur du Parlement.
 


Un porte-parole de la Chambre des Communes a indiqué que les députés avaient été confinés à l'intérieur du Parlement en raison d'un "incident de sécurité".

Scotland Yard a annoncé avoir été appelé à environ 14h40 locales (et GMT).

Un hélicoptère de secours a atterri peu après l'incident sur place.

Selon les médias britanniques, deux personnes étaient étendues par terre devant le Parlement, en plein coeur de Londres. Des photos publiées sur les médias sociaux montrent plusieurs personnes étendues au sol. 

Un porte-parole de Downing Street a confirmé que la Première ministre Theresa May était saine et sauve et en sécurité.

Elle a quitté son bureau à bord d'une Jaguar argentée. 

La station de métro de Westminster et le Pont de Westminster ont été fermés à la demande de la police. 

Les débats ont été suspendus au Parlement écossais à cause de l'attaque à Londres. 

Le parlement régional écossais devait examiner la motion devant autoriser la Première ministre Nicola Sturgeon à demander au gouvernement britannique la tenue d'un référendum d'indépendance.

"Notre parlement soeur a connu un grave incident. C'est pour cette raison que nous suspendons l'examen et nous allons reprendre les débats en temps voulu", a déclaré le président du parlement écossais, Ken Macintosh, devant les députés.

Récit

"C'était la panique": récit d'un après-midi meurtrier à Londres

par Alice RITCHIE (AFP)

Mary Creagh, députée britannique travailliste, se rendait au palais de Westminster à Londres ce mercredi quand un mur de gardes armés et de passants s'est dressé devant elle. "Faites demi-tour! faites demi-tour! il y a une fusillade".

"C'était la panique", raconte-t-elle à des journalistes, dont l'AFP, relatant l'affolement des passants et le déploiement policier qui a suivi l'attentat qui a fait au moins trois morts et une vingtaine de blessés.

D'autres ont eux vu ce qui avait précédé: une voiture, lancée sur le pont de Westminster qui enjambe la Tamise face à Big Ben, vient de faucher plusieurs piétons avant de finir sa course dans les grilles du palais de Westminster, quelques dizaines de mètres plus loin.

La suite se déroule à pied : l'assaillant, selon leurs récits et celui de la police, sort du véhicule, armé d'un couteau. Il se rue sur un premier policier, le poignarde, puis se dirige vers un second policier avant d'être stoppé par un tir.

"J'ai entendu des coups de feu (...), et j'ai commencé à réaliser qu'il s'agissait de quelque chose de grave", raconte à l'AFP Richard Jones, gérant d'un bar situé à proximité du parlement.

"Beaucoup de gens criaient... et la police est arrivée de partout, puis les véhicules de secours et c'est après ça que j'ai moi-même été évacué".

- Westminster barricadé -

Sur le pont au moment de l'attaque, une femme a sauté dans la Tamise pour échapper au véhicule de l'assaillant, avant d'être repêchée grièvement blessée.

"C'était très effrayant", lâche Mary Creagh. De nombreuses personnes, explique-t-elle, se sont ruées à l'extérieur du palais de Westminster au moment de l'attaque, fonçant en direction du métro situé à proximité.

Jack Hutchinson, jeune touriste venu de Boston (Etats-Unis), était sur le London Eye, la grande roue surplombant le pont de Wesminster, au moment de l'attaque.

"J'ai vu trois corps au sol, et beaucoup de policiers. C'était terrifiant, je ne savais pas ce qu'il se passait, j'ai d'abord pensé à une attaque à la bombe", a expliqué l'adolescent de 16 ans à l'AFP, après être resté coincé trois heures dans une nacelle de la roue.

Dans la foulée de l'attaque, le Parlement, et sa célèbre Big Ben, se barricade. Les députés, en séance, suivent les dernières informations sur leurs smartphones. Barry Sheerman, élu travailliste, poste un selfie sur Twitter depuis la chambre des Communes.

"TOUS ENFERMES dans la chambre!", écrit-il.

"D'après ce que j'ai compris, les étages sont vidés les uns après les autres", explique Mary Creagh.

En fin d'après-midi, les députés avaient tous été évacués.


Lycéens français

Trois élèves du lycée Saint-Joseph de Concarneau, qui se trouvaient en voyage scolaire outre-Manche, figurent parmi les blessés de l'attaque survenue mercredi à Londres, a annoncé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
Selon la préfecture du Finistère, deux des trois élèves blessés sont dans un état grave. "Il s'agit d'un groupe de 92 ou 93 élèves. Sur les trois blessés, deux sont dans un état grave", a déclaré à l'AFP Bernard Musset, le sous-préfet de Châteaulin de permanence, qui ne peut préciser si leur pronostic vital est engagé.
Un avion va emmener dans la soirée les familles des jeunes blessés à Londres au départ de l'aéroport de Lorient, a-t-on également appris auprès du conseil régional de Bretagne.
"Solidarité avec nos amis britanniques terriblement frappés, plein soutien aux élèves français blessés, à leurs familles et leurs camarades", a déclaré le Premier ministre Bernard Cazeneuve sur Twitter.
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a assuré "les familles de nos compatriotes concernés de son soutien dans ce moment difficile", selon le communiqué du porte-parole du Quai d'Orsay.
 

Réactions

Trump

Le président des Etats-Unis Donald Trump s'est entretenu mercredi par téléphone avec la Première ministre britannique Theresa May après l'attaque terroriste qui a fait au moins un mort et plusieurs blessés à Londres, selon la Maison Blanche.

"Le président vient de parler avec la Première ministre May", a indiqué Sean Spicer porte-parole de l'exécutif américain. "Nous condamnons l'attaque de Westminster que le Royaume-Uni considère comme un acte de terrorisme et nous saluons la réponse rapide de la police britannique", a-t-il ajouté, assurant Londres du plein soutien de Washington.

 

François Hollande: "solidarité"

"Nous  exprimons  toute notre solidarité et tout notre soutien au peuple britannique", a déclaré le chef de l'Etat lors d'un déplacement à Villepinte.

"Nous exprimons au nom de la France toute notre solidarité et tout notre soutien au peuple britannique et à la Première ministre Theresa May qui était à la Chambre des Communes quand ça s'est produit et a été amenée à quitter précipitamment les lieux", a déclaré le chef de l'Etat dans une brève allocution lors d'un déplacement en banlieue parisienne.

"Le terrorisme nous concerne tous. La France, qui a été si frappée ces temps derniers, peut savoir ce que le peuple britannique a comme souffrance aujourd’hui", a ajouté M. Hollande, soulignant que "c’est au niveau européen qu’il faut s'organiser" pour affronter la menace terroriste.
 

LLEMAGNE : ANGELA MERKEL a apporté mercredi son soutien aux "amis britanniques et à tous les habitants de Londres". "Bien que l'arrière-plan de ces actes ne soit pas encore précis, je réaffirme que l'Allemagne et ses citoyens se tiennent fermement et résolument aux côtés des Britanniques dans la lutte contre toute forme de terrorisme", a déclaré la chancelière allemande dans un communiqué.

RUSSIE: Le ministère russe des Affaires étrangères, via sa porte-parole Maria Zakharova, sur la chaine Rossiya 24: "Nous présentons évidemment nos condoléances et notre compassion à tout ceux qui sont morts. Nous ne soutenons et ne soutiendrons jamais le terrorisme. Nous considérons cela comme un mal auquel il est nécessaire de résister collectivement. Et en ce moment, comme toujours, nos cœurs sont avec les Britanniques et nous partageons leur douleur".

ESPAGNE : MARIANO RAJOY sur Twitter : "L'Espagne est aux côtés du peuple britannique. Je condamne l'attaque près de Westminster, à Londres. Solidarité avec les victimes", a conclu le Premier ministre espagnol.