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TV5MONDE : Est-ce que vous continuez à collaborer à des médias iraniens depuis Paris ?

Mana Neyestani : Toujours pour des sites internet iraniens réformistes et de l’opposition mais basés dans d’autres pays comme l'Angleterre,  la France et la Hollande. Maintenant, je travaille grâce à Internet et les réseaux sociaux, Twitter, You Tube. J’ai trois comptes différents sur Facebook avec chacun près de 5000 amis. La plupart d’entre eux vit en Iran. Donc, ce sont de bonnes connections avec ce qui se passe là-bas. Je peux chatter avec eux.
Je me souviens quand j’étais en Malaisie  et que c’était la période des élections et des manifestations en Iran, beaucoup de mes contacts Facebook prenaient part à ces manifestations le matin. Après, ils revenaient chez eux, sur leurs ordinateurs et faisaient des comptes-rendus. Ils m’aidaient dans mon travail.
Cela change la signification d’être exilé. Je me souviens de la première génération d’iranien en exil après la Révolution. Ils étaient vraiment isolés de la société iranienne, oubliés, séparés de leur pays. Mais maintenant c’est différent. Je ne me sens pas si loin virtuellement de mon pays.

Quels sont vos espoirs pour l'Iran ?

Les manifestations de 2009 étaient un bon signe, une bonne représentation du désir de changement en Iran. Malheureusement, j’aurais espéré que cela se termine par une manifestation populaire contre le gouvernement. Je pense que le peuple iranien doit s’unifier dans l’opposition. Mais cela prend du temps.