Dette américaine : le FMI inquiet des conséquences sur l'économie mondiale

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, le jeudi 28 juillet à la télévision américaine, a fait part de sa préoccupation face à l’impasse qui se dessine aux Etats-Unis. Après des semaines de débats, le Congrès n’a toujours pas trouvé de compromis pour relever le plafond de la dette, qui sera atteint le 2 août.

dans
Christine Lagarde
Christine Lagarde
Nommée il y a un mois (28 juin) à la tête du Fonds monétaire international, Christine Lagarde voit les dossiers épineux s’accumuler. Après la crise de l’euro, c’est au tour de la dette américaine de lui causer des soucis. Jeudi soir 28 juillet 2011, la Française a exprimé ses craintes à la chaîne américaine PBS : "Il y a vraiment beaucoup d'inquiétudes. Il est clair que l'économie mondiale est fortement dépendante de l'économie américaine, parce que c'est la première économie mondiale, donc le fait d'avoir l'économie dominante en pleine incertitude sur le plafond de la dette est fort inquiétant", a-t-elle jugé.

Christine Lagarde a également expliqué que cette impasse menace le statut du dollar : "Cela provoquerait probablement une baisse du dollar par rapport aux autres monnaies, et probablement des doutes dans l’esprit des gens qui conservent des devises, sur le fait de savoir si le dollar est effectivement la monnaie de réserve ultime et de premier ordre». 

La situation reste bloquée à Washington puisque la Chambre des représentants a reporté jeudi un vote sur les mesures budgétaires qui doivent accompagner le relèvement de la limite légale à la dette de l'État fédéral. Les marchés s’effraient face à la perspective d’une cessation de paiement de la première économie mondiale après le 2 août. Le gouvernement estime qu'après cette date, le pays ne sera plus en mesure d'honorer l'ensemble de ses engagements.

"CLAIREMENT IL Y AURAIT DES CONSÉQUENCES, ET PAS SEULEMENT POUR LES ÉTATS-UNIS"

Face à l’urgence d’un compromis, la directrice générale du FMI appelle les élus américains à prendre leurs responsabilités : "Mon voeux le plus cher est que les dirigeants politiques aient le courage et également l'humilité de dépasser les susceptibilités, les inquiétudes et les doctrines politiques, qui sont parfaitement légitimes, pour le bien du pays tout entier et pour celui de l'économie mondiale […] Si cela devait aller plus loin, clairement il y aurait des conséquences, et pas uniquement pour les Etats-Unis […] Par exemple, le dollar a toujours bénéficié de ce que (Valéry) Giscard d'Estaing, le président français il y a de longues années, appelait le privilège exorbitant du dollar, parce que c'était la monnaie de réserve que la plupart des banques centrales détenaient".

Selon les données du FMI, plus de 60 % des réserves en devises étrangères des grands États membres (en dehors de la Chine, qui ne détaille pas leur composition) sont libellées en dollars. Christine Lagarde avait appelé mardi à New York les dirigeants américains à "trouver une solution" à ce problème, estimant qu'"un défaut de paiement ou un abaissement important de la note attribuée à la signature des États-Unis serait un événement très, très, très grave".

30.07.2011Par David Gilberg
Dette américaine : le FMI inquiet des conséquences sur l'économie mondiale
Malgré la menace d'une cessation de paiement, républicains et démocrates ne parviennent pas à s'accorder. Le projet de loi républicain sur le relèvement du plafond de la dette, adopté vendredi soir par la Chambre des représentants, a été rejeté par le Sénat. Explications en images.