Droits de l’enfant : le combat continue

Des enfants dans une classe en Chine ©AFP
Des enfants dans une classe en Chine ©AFP

Ce 20 novembre est dédié à la Journée internationale des droits de l’enfant. Cette année, la date est d’autant plus symbolique qu'elle marque les 25 ans de la Convention internationale invitant tous les pays à respecter les droits des enfants. Où en est-on aujourd’hui ?

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Lors de son adoption le 20 novembre 1989, la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) résonnait comme la promesse d’un monde meilleur. Une humanité qui devait désormais prendre en compte l’enfant de moins de 18 ans comme un individu à part entière, pourvu de droits à respecter. 

Depuis son écriture, ce texte, devenu emblématique, a été ratifié par 193 pays dont la France en 1990. Seuls la Somalie et les Etats-Unis ne l’ont pas ratifié. Tous les articles reposent sur trois grands principes : "la non-discrimination, la recherche de l’intérêt supérieur de l’enfant et la participation de l’enfant aux décisions qui le concernent". Les droits de l’Homme à hauteur d’enfant. (Voir les droits principaux sous cet article)

Tous les pays qui ont ratifié le texte doivent harmoniser leur législation avec la Convention sous le contrôle d’une instance : le Comité des droits de l'enfant des Nations 
unies. 

« Bien évidemment, par son approche même, la CIDE est dans tous les sens du terme remarquable. Déjà et enfin, l’enfant n’est plus considéré comme un objet fragile qu’il faut protéger contre autrui,  voire contre lui-même. Tenu pour une personne il doit déjà être respecté dans son intégrité physique et psychique », écrit sur son blog Jean-Pierre Rosenczveig, ancien président du tribunal pour enfant de Bobigny près de Paris. Mais pour lui, comme pour d’autres, chaque pays doit aller plus loin, à commencer par la France. Alors aujourd’hui, où en est-on ? 

Dans une école indienne en 2012 ©AFP
Dans une école indienne en 2012 ©AFP
Des efforts ont été faits comme le souligne l’UNICEF : la mortalité des enfants de moins de 5 ans a réduit presque de moitié, deux fois plus d’enfants de moins de 11 ans sont aujourd’hui scolarisés et le nombre d’entre eux forcés de travailler a reculé d’un tiers depuis 2000. 

De nombreux combats restent encore à mener. « Changer l’égalité entre tous les enfants du monde », lance Samira 11 ans (France) dans une nouvelle campagne de l’UNICEF. A commencer par l’éducation : « C’est un droit, c’est même une obligation d’aller à l’école », renchérit Néo, un Français de 10 ans. Mais pour certains, le chemin de l’éducation reste parsemé d’obstacles : « Dans ma vie, je n’ai pas eu le choix. J’ai voulu faire des études mais je n’ai pas eu le droit », raconte Rayanatou, adolescente de 17 ans qui vit au Niger. 

Des mesures sont encore à prendre pour les 2,2 milliards d’enfants sur le plan sanitaire : 3 millions de nouveaux-nés meurent de causes évitables ; sur le travail des enfants auxquels 15% des enfants dans le monde sont soumis, sans compter la Chine. Dans la moitié des pays où l’UNICEF a pu obtenir des données, plus de 80% des enfants âgés de 2 à 14 ans ont été soumis à une discipline violente. 

A une époque où beaucoup d’attention est pourtant apportée aux enfants, ils restent les premières victimes de conflits http://www.tv5monde.com/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/israel-palestine2014/p-28859-A-Gaza-les-enfants-paient-cher-le-prix-de-la-guerre.htm et l’objet de nombreux abus. « Des progrès ont donc été accomplis. Mais tous les enfants du monde n’en ont pas également profité, raconte au quotidien français La Croix Mathilde Bienvenu, spécialiste de la protection de l’enfance à l’Unicef à New York. Beaucoup trop d’enfants sont encore considérés comme propriété des adultes, victimes d’abus et de négligences. Des millions d’enfants sont encore privés de services essentiels, comme l’accès aux soins ou à l’éducation. » Et cela, même un quart de siècle après la ratification massive des pays à la Convention des droits de l'enfants.

Les principaux droits des enfants

Extraits du site de Défenseur des droits français qui remet chaque année un rapport au président de la République sur la situation des enfants en France. 

Droit à l'égalité

Tous les enfants sont égaux en droits : filles, garçons, quelles que soient leurs origines ou celles de leurs parents.

Droit de vivre en famille

Chaque enfant doit pouvoir grandir dans une famille,entouré d'amour et de compréhension. Les parents doivent veiller à son développement et son épanouissement. L'Etat doit les aider à remplir leurs devoirs.

Droit d'avoir une identité

Tout enfant doit posséder un nom, un prénom et une nationalité afin d'être reconnu de tous et de bénéficier des droits et de la protection de l'Etat.

Droit à la santé

L'Etat doit garantir à l'enfant le meilleur état de santé possible. Il doit mettre en place une sécurité sociale , construire des hôpitaux,…

    Droit à l'éducation et aux loisirs

    L'Etat doit mettre en place une école primaire gratuite et obligatoire pour tous les enfants. L'enfant a aussi le droit à des loisirs et au repos.

      Droit pour l'enfant handicapé de vivre avec les autres

      Les enfants porteurs de handicap doivent avoir les mêmes droits que les autres.L'Etat doit les protéger des discriminations et les aider à être le plus autonome possible. Il doit leur donner les mêmes chances qu'aux autres enfants.

      Droit à la protection de la vie privée

      L'enfant a le droit d'avoir une correspondance privée, des relations amicales,etc. sans être surveillé et contrôlé de façon abusive. Ses données personnelles (nom, prénom, image,…) doivent être protégées,notamment dans les médias et sur internet.

      Droit à l'expression

      L'enfant doit être entendu sur les questions qui le concernent. Il a également le droit de faire partie d’associations,d'exprimer ses idées,d'écrire dans un journal … 

      Droit d'être protégé contre les violences

      Aucun enfant ne doit subir de violence,qu'elle vienne des adultes ou des autres enfants, qu'elle soit physique,psychologique ou sexuelle.

      Droit d'être protégé contre l'exploitation

      L'enfant doit être protégé contre l'exploitation économique,sexuelle ou autre. Il ne doit pas être obligé de réaliser des travaux dangereux (par exemple dans les mines…) et de travailler au lieu d'aller à l'école.

      Droit à une justice adaptée

      Quand un enfant a commis une infraction, la justice doit le juger en prenant en compte son âge,maturité et sa situation de vie.

      Droit d'être protégé en temps de guerre

      Les enfants doivent être protégés en priorité en temps de guerre. Les Etats doivent empêcher qu'ils soient exploités.