Elections européennes : l'extrême droite et l'abstention grands gagnants du scrutin ?

Nigel Farage, leader du parti UKIP britannique, populiste et europhobe
Nigel Farage, leader du parti UKIP britannique, populiste et europhobe

Deux forces principales dominent ces élections européennes du 25 mai 2014 : l'abstention et l'extrême droite. Même si la Grèce ou la Suède voient des partis de gauche arriver en tête de ce scrutin, un pays comme la France renvoie un message terriblement inquiétant et unique dans l'histoire de la construction européenne avec la victoire écrasante du Front National de Marine Le Pen. Bilan de ces élections qui font trembler l'Union.

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La France va se réveiller pour la première fois de son histoire avec un nombre d'élus européens du Front national supérieur à celui de toutes les autres formations politiques : les estimations accordent au parti d'extrême droite de Marine Le Pen entre 23 et 25 députés (25% des suffrages exprimés) pour 18 à 21 à l'UMP (20 à 21%) et 13 au PS (14 à 15%) . Pour autant, cette élection n'est pas uniquement la victoire d'un parti populiste et europhobe, puisque l'abstention en est la grande gagnante, proche du record de 2009 de 59% : entre 56 et 58%. Les réactions d'inquiétude et d'appel au ressaisissement de la part de la classe politique face à cette percée du Front national, parti politique aux idées raciste et prônant la sortie de l'Union européenne et de la monnaie unique ne peuvent masquer un fait marquant : les citoyens français ne veulent plus, majoritairement, se déplacer aux urnes, comme ce fut déjà le cas lors des récentes municipales. Ce rejet est certainement aussi important à analyser que celui de l'adhésion des 4,6 millions d'électeurs sur 44 millions d'inscrits qui ont propulsé Marine Le Pen en tête de ces élections.

Déclaration de Marine Le Pen au journal de 20hde France 2, ce 25 mai à l'issue du scrutin accordant 25% de voix au Front National
Déclaration de Marine Le Pen au journal de 20hde France 2, ce 25 mai à l'issue du scrutin accordant 25% de voix au Front National
En Allemagne, les conservateurs de la CDU/CSU obtiennent 36% des voix, devant les sociaux démocrates qui amélioreraient leur score à 27,5% (contre 20,8% en 2009). Le parti anti-euro récemment créé obtient de justesse le droit d'envoyer des députés à Strasbourg avec 6,5%.

En Autriche, le parti d'extrême droite FPÖ progresserait nettement et arriverait en troisième position, avec 19,9% des suffrages, en hausse de plus de cinq points par rapport à 2009, derrière les chrétiens-démocrates et les sociaux-démocrates au pouvoir.

Au Danemark, à l'instar de la France, le Parti Populaire danois (extrême droite anti-immigration), arrive en tête avec 23% des voix.

Le Royaume-Uni devrait voir l'UKIP de Nigel Farage atteindre le score de 29% : le parti populiste anti-europe et anti-immigration écrase les travaillistes crédités de 21% et les conservateurs de 24%

Pour les partis de gauche, c'est en Grèce que la surprise est survenue avec le parti de la gauche radicale Siriza arrivé en tête de l'élection avec un score compris entre 26 et 27%.

La Suède a voté à gauche et écologiste, la Pologne, Centre droit, l'Italie a accordé au parti populiste 5 étoiles une deuxième place…

Le résultat global de ces élections européennes accorde, en termes de formations politiques une majorité à la droite, avec une abstention aussi importante qu'en 2009 mais surtout accompagnée d'une montée des partis nationalistes jamais connue jusqu'alors. Avec la France comme l'un des pays ayant le plus voté à l'extrême droite.
Les conservateurs du Parti populaire européen arrivent donc en tête des élections européennes, avec 211 sièges dans le prochain Parlement européen, devant les socialistes (193) tandis que les europhobes pourraient récolter au total, près de 130 sièges, selon une première projection réalisée par le Parlement. Les Libéraux resteraient le troisième groupe avec 74 eurodéputés, suivis par les Verts (58) et la gauche radicale (47), selon cette projection obtenue à partir de sondages sortis des urnes dans les 28 pays de l'UE.


Carte des tendances des votes nationalistes


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