Elections législatives en Italie : la gauche en tête à la chambre des députés, et la droite au Sénat

Le leader italien du centre-gauche, Pier Luigi Bersani vote, le 24 février 2013 à Piacenza ©AFP
Le leader italien du centre-gauche, Pier Luigi Bersani vote, le 24 février 2013 à Piacenza ©AFP

Les Italiens étaient appelés aux urnes les 24 et 25 février 2013. La coalition de gauche italienne menée par Pier Luigi Bersani arriverait largement en tête avec au minimum 34,5% des votes selon les premiers sondages de sortie des urnes. Mais la coalition de droite, menée par Silvio Berlusconi, remporterait la course au Sénat. Le vote protestataire explose : l'humoriste Beppe Grillo obtiendrait près de 20% des voix.

dans

Un pays ingouvernable, une nouvelle fois

La presse italienne et internationale s'interroge : la faute à qui ?



25.02.2013
D'après les premières projections, la droite de Silvio Berlusconi ferait la course en tête au Sénat devant la gauche de Pier Luigi Bersani, selon deux premières estimations d'instituts de sondages publiés ce lundi 25 février 2013 après-midi. Selon l'Institut Tecne pour la chaîne Sky, la droite aurait 31% et la gauche 29,7%. L'Institut Piepoli pour la chaîne de télévision publique RAI donne 31% à la droite contre 29,5% à la gauche. 

Le Sénat a le même poids dans le vote des lois et le maintien en poste du gouvernement, ce qui conduirait donc à une situation de blocage, avec une Chambre des députés (basse) à gauche et une Haute chambre (le Sénat) à droite. 

un système électoral complexe

Il faut évidemment attendre le dépouillement de toutes les régions pour en être certain. Compte tenu d'un système électoral complexe (différent à la Chambre des députés par rapport au Sénat), les premiers résultats des législatives italiennes issus de sondages de sortie des urnes sont à prendre avec des pincettes.

Le score de la gauche - 34,5 % selon un sondage réalisé à la sortie des bureaux de vote par la chaîne de télévision Sky TG-24, 35 à 37% des voix selon un autre sondage réalisé par la RAI - serait suffisant pour garantir une confortable majorité à Pier Luigi Bersani à la Chambre des députés avec 163 sièges (+ 5 par rapport à la majorité absolue de 158). Le système électoral prévoit une prime de majorité au niveau régional.

Dans les derniers sondages réalisés avant le scrutin, l'alliance de centre-gauche de Pier Luigi Bersani était donnée victorieuse avec 34% des voix devant la coalition de droite de Silvio Berlusconi, créditée elle de 30% des intentions de vote.

20% des voix pour Beppe Grillo et le M5S

Seule surprise, le score encore plus élevé qu'attendu du comique devenu politicien Beppe Grillo, qui rassemble près de 20% des voix, toujours selon le même sondage de la chaîne de télévision Sky TG-24. Le sondage de la RAI fait aussi état d'une forte poussée du vote protestataire : le Mouvement cinq étoiles (M5S) de Grillo obtiendrait là aussi près de 20% des voix, devançant ainsi largement la coalition centriste emmenée par le chef du gouvernement sortant Mario Monti.

Le Mouvement Cinq Etoiles (M5S) était crédité d'environ 17% des intentions de vote. Ce vote protestataire plus élevé que prévu pourrait rendre plus difficile l'obtention d'une majorité au Sénat.

La Bourse de Milan bondit puis décroche

Le scrutin était observé de près par les marchés financiers et par les partenaires de l'Italie qui s'interrogent : ce pays très endetté (plus de 120% du PIB) aura-t-il un gouvernement stable ?

La Bourse de Milan est descendue dans le rouge après les projections favorables à la droite, lâchant -0,10% à 16HGMT. A l'annonce des premières simulations, la Bourse de Milan avait réagi très favorablement, bondissant de 3,5%. 

L'euro, lui, gagnait du terrain face au dollar après la publication de premiers sondages à la sortie des bureaux de vote, montrant la coalition de gauche emmenée par Pier Luigi Bersani largement en tête. On ne sait pas encore comment la monnaie unique européenne va réagir aux dernières projections donnant le Sénat à la droite.

L'euro n'a cessé de progresser depuis l'ouverture des échanges en Europe, porté par l'espoir de voir la coalition de gauche dirigée par le chef du Parti démocrate Pier Luigi Bersani remporter ces élections et poursuivre les réformes mises en place par le gouvernement de Mario Monti.

En ce qui concerne le taux de participation, il s'établirait à 75,41% pour le vote à la Chambre des députés et à 74% au Sénat, selon les derniers chiffres disponibles, en baisse de plusieurs points par rapport au scrutin de 2008.

“De longues heures d'incertitude encore“

Valérie Dupont, correspondante RTS/TV5MONDE, en direct de Rome

25.02.2013JT TV5MONDE 17HGMT
“De longues heures d'incertitude encore“

Les chiffres clés de l'économie

Récession
Fin 2012, l’économie italienne a connu un sixième trimestre consécutif de récession, soit la plus longue période des vingt dernières années.

Entreprises
104 000 sociétés italiennes ont mis la clé sous la porte en 2012(étude Cerved).

Chômage
Le taux de personnes sans emploi a atteint un nouveau chiffre record de 11,2% en décembre 2012. Il a atteint 36,6% chez les 15-24 ans.

Dette
La dette publique italienne atteint les 2 000 milliards d'euros.

Calendrier des élections italiennes

24 et 25 février 2013 : quelque 51 millions d’Italiens sont appelés aux urnes pour élire leurs 630 députés et 315 sénateurs.

Ensuite, sous quelques jours, le président de la République, Giorgio Napolitano, donnera mandat à un chef politique pour former le gouvernement.

Mai 2013 : le 12e président de la République italienne sera élu par une assemblée de 58 grands électeurs composée de l’ensemble des sénateurs et députés ainsi que trois délégués pour chaque région italienne.

Le président est élu à la majorité des deux tiers mais à la majorité simple après le troisième tour.

Dans ce régime de démocratie parlementaire, le rôle du président de la République reste honorifique. L’actuel président, Giorgio Napolitano a annoncé à plusieurs reprises qu’il ne se représentera. Son mandat dure sept ans.