Embrasement au Burkina Faso

Manifestants devant l'Assemblée national à Ouagadougou le 30 octobre ©AFP
Manifestants devant l'Assemblée national à Ouagadougou le 30 octobre ©AFP

Les événements se sont accélérés au Burkina Faso depuis hier, jeudi 30 octobre. L'armée a annoncé en début de soirée la dissolution du gouvernement et l'instauration d'un couvre-feu mais le président contesté est apparu peu après sur une chaîne privée de télévision sans évoquer sa démission. Les affrontements de la journée pourraient avoir causé une trentaine de morts, selon une source d'opposition. La situation s'est emballée après que les manifestants ont pris d'assaut la télévision d'Etat et incendié l'Assemblée nationale, le gouvernement a annulé le vote de la loi controversée qui devait permettre à Blaise Compaoré de se maintenir au pouvoir. [mise à jour 31 octobre 0 h TU]

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L'armée paraît prendre les commandes du pays mais Compaoré ne démissionne pas

Synthèse de la journée du 30 octobre, d'après AFP

L'armée semblait avoir pris le pouvoir jeudi 30 octobre au soir au Burkina Faso, annonçant la dissolution du gouvernement et de l'Assemblée et instaurant un couvre-feu, après une journée d'émeute contre le régime de Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans.

Cependant, ce dernier s'est exprimé un peu plus tard par une allocution sur une chaîne privée, affirmant avoir "entendu le message" de la rue et se disant prêt à ouvrir des "pourparlers" pour une "période de transition" à l'issue de laquelle il remettrait le pouvoir, mais n'a pas évoqué sa démission immédiate. Il a déclaré par ailleurs "annuler l'état de siège" qu'il avait décrété quelques heures plus tôt.

Selon une source d'opposition citée par l'AFP, les affrontements de la journée pourraient avoir causé une trentaine de morts et une centaine de blessés.

Assemblée nationale incendiée, télévision publique prise d'assaut, violences en province, appels à la démission du président: le Burkina s'est enflammé jeudi, et cette crise d'une ampleur exceptionnelle en Afrique subsaharienne a provoqué l'intervention des militaires.

Transition

Les pouvoirs exécutifs et législatifs seront assumés par un organe de transition, avec l'objectif d'un retour à l'ordre constitutionnel "dans un délai de douze mois", selon un communiqué du chef d'état-major des armées Nabéré Honoré Traoré, lu par un officier lors d'une conférence de presse.

Un couvre-feu est imposé "sur l'ensemble du territoire de 19h à 6h" pour "préserver la sécurité des personnes et des biens".

La prise de pouvoir de l'armée est pour l'instant assez mal acceptée par les manifestants, a constaté un journaliste de l'AFP. Quelques centaines d'entre eux ont appelé à des sit-in dans la capitale pour éviter ce coup d'Etat.

Plus tôt dans la journée, le régime avait tenté de calmer les esprits en annonçant l'annulation du vote du projet de révision constitutionnelle, prévu ce jeudi 30 octobre, qui avait mis le feu aux poudres.

Face à ce que le gouvernement sénégalais a qualifié de "soulèvement populaire", l'Union africaine a fait part de sa "profonde préoccupation" et appelé "toutes les parties concernées à faire preuve de la plus grande retenue".

L'Union européenne a lancé un appel à "engager rapidement un dialogue" et à mettre fin aux violences.

Partenaires du Burkina Faso, qui joue un rôle-clé dans l'instable zone sahélienne, Paris et Washington étaient auparavant montés au créneau. La France, ex-puissance coloniale, a plaidé pour un "retour au calme" et les Etats-Unis ont exprimé leur "vive inquiétude". L'ONU, comme l'UA, a décidé d'envoyer sur place un émissaire.

Général à la retraite

Dans l'après-midi, les grandes manoeuvres ont commencé. Le général en retraite Kouamé Lougué, à qui des dizaines de milliers de manifestants ont demandé de prendre le pouvoir, a rencontré le chef d'état-major Nabéré Honoré Traoré, ainsi que les plus hauts gradés du pays.

Très apprécié des troupes et de la population, Kouamé Lougué, ancien chef d'état-major et ministre de la Défense jusqu'à son limogeage en 2003, s'est aussi entretenu avec une autorité coutumière très respectée dans le pays, le Mogho Naba, le "roi" des Mossi, l'ethnie la plus nombreuse au Burkina.

"L'armée est soudée avec le peuple", avait affirmé Bénéwendé Sankara, l'un des ténors de l'opposition, demandant "la démission pure et simple du président Blaise Compaoré".

Ces tractations se sont ouvertes après que la capitale Ouagadougou a sombré dans le chaos dans la matinée, sous l'oeil de forces de l'ordre plutôt passives.

François Compaoré

Les violences ont fait au moins un mort, un homme tué à quelques centaines de mètres du domicile de François Compaoré, frère cadet du chef de l'Etat et personnalité influente du régime.

Aux abords du palais présidentiel, la tension restait palpable en fin d'après-midi. Plusieurs centaines de manifestants faisaient face aux soldats de la garde présidentielle. Certains soldats ont effectué des tirs de sommation.

Autre symbole du pouvoir attaqué: la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB). Plusieurs centaines de personnes sont entrées dans ses locaux, où elles ont pillé le matériel, avant de quitter les lieux. Les transmissions ont été coupées. La diffusion des programmes de Radio France Internationale (RFI) a également été interrompue à Ouagadougou.

Les vols en direction de Ouagadougou ont été annulés, mais un avion a décollé dans l'après-midi, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des troubles ont également été signalés à Bobo Dioulasso, deuxième ville du pays (sud-ouest). La mairie et le siège du parti présidentiel y ont été incendiés, selon des témoins.

(mise à jour 31 octobre 0h TU)




Retour sur le fil de la journée

(suivi en direct par la rédaction de TV5monde)
C'est la fin de ce direct pour aujourd'hui. Merci de nous avoir suivi. 
Suivez l'information en continu ici

18h25 TU : L'Union européenne appelle à la fin des violences et au dialogue. 

17H52 : Extrait d'une lettre de François Hollande à Blaise Compaoré 

#Exclusif : la lettre de François Hollande à Blaise #Compaoré #Burkina #lwili http://t.co/ejBq14rwke pic.twitter.com/lh1fjVCt8K

— Jeuneafrique.com (@jeune_afrique) 30 Octobre 2014

17H51 TU : Blaise Compaoré décrète l'état de siège (communiqué de la présidence) 


17H39 TU : Compte-rendu des événements de ce jeudi 30 octobre 



>> Entretien sur le plateau du 64minutes avec le journaliste Louis Kemayou :



>> Blaise Compaoré, 27 ans de présidence à la tête du Burkina Faso. Très apprécié à l'étranger, il est un partenaire majeur de la diplomatie internationale. Rétrospective de près de trente ans de pouvoir par Rémi Vincent.




>> Entretien avec le journaliste Louis Keumayou et David Mauger de l'association Survie :



>> Témoignage dans le 64minutes d'un ressortissant belge vivant au Burkina Faso :


17H16 TU : Selon un communiqué lu sur la Radio Omega FM, le président Blaise Compaoré  annonce la dissolution du gouvernement et décrète l'état d'urgence. 

16h18 TU : Les Nations unies annoncent l'envoi d'un émissaire dans le pays. 

16H13 TU : Ce matin le président burkinabé avait posté sur son compte Twitter un message appelant ses citoyens au calme. Depuis, aucune nouvelle n'a filtré sur sa situation ni sur le lieu où il se trouve. 

Chers Compatriotes Burkinabè, je lance un appel au calme et la sérénité. BC. #Bukina #bf226 #lwili #faso

— Blaise Compaore (@PF_Compaore) October 30, 2014

16H05 TU : Les chefs de l'opposition se réunissent.

#Burkina : les responsables de l'opposition sont réunis au siège du Chef de file de l'opposition (CFOP) à Ouagadougou #lwili

— Jeuneafrique.com (@jeune_afrique) 30 Octobre 2014

16H02 TU : A ouagadougou, l'hôtel de l'indépendance a été pillé par les manifestants dans la journée. 

#BurkinaFaso: seems a hotel in #Ouagadougou which hosted several MP's has been captured by protesters as well pic.twitter.com/38zXqice78

— Thomas van Linge (@arabthomness) 30 Octobre 2014

16HOO TU : Fin des discussions entre le chef d'état major et le général Lougué. 

#Burkina - après s'être entretenu avec le chef d'État major H. Traoré, le général K. Lougué a été acclamé par la foule place de la Nation.

— Jeuneafrique.com (@jeune_afrique) 30 Octobre 2014

15H52 TU : Pour twitter sur les événements en cours au Burkina Faso, les internautes utilisent le mot-dièse #lwili qui vient du Lwili peendé, un foulard traditionnel burkinabé rouge, noir et blanc, symbole de bravoure qui a été arboré par de nombreux manifestants. 

15H37 TU : L'Agence Reuters a publié une photo des manifestants qui ont envahi le plateau de la télévision nationale RTB ce matin. 

Picture showing protesters inside #BurkinaFaso's state TV building - follow our coverage: http://t.co/4tnTfCmUtR pic.twitter.com/DFppgNxlDo

— BBC News (World) (@BBCWorld) 30 Octobre 2014


15H27 TU : Selon Frédéric Garat, un des envoyés spéciaux de RFI qui se trouve au siège de l’opposition burkinabè, tous les chefs du mouvement sont présents. 

Par ailleurs, l'ambassadeur de France se serait aussi rendu au siège de l'opposition pour échanger avec les responsables politiques. 

15H21 TU : Des informations contradictoires circulent sur les réseaux sociaux concernant le sort de François Compaoré, le frère du président qui aurait été arrêté plus tôt dans la journée à l'aéroport.

#Urgent Selon une radio de Ouagadougou, la garde présidentielle aurait démenti l'arrestation de François... http://t.co/rrDtmpgTa9

— Burkina24 (@burkina24) October 30, 2014
 

14h26 TU : Selon un responsable de l'opposition, l'armée serait "soudée avec le peuple" contre le président Blaise Compaoréqui reste muet. 

14H15 TU : Voici quelques réactions de nos internautes sur Twitter face à la situation au Burkina Faso : 

@TV5MONDE @TV5MONDEINFO Voilà comment les agissements d'un irresponsable peut faire basculer un pays ds le chao. C'est honteux pr lui.

— Kabasky (@Kabasky2) October 30, 2014

@TV5MONDEINFO Il faut que Blaise Campaore respecte la volonté du peuple sinon il va subir les conséquences.

— Ane (@AneAbibann) October 30, 2014

#Ouagadougou @RFIAfrique @TV5MONDEINFO j'espère que nous aurons un "Hiver africain". le changement c'est maintenant. La france doit soutenir

— Nicolas De Bant (@DeNikolaus) October 30, 2014

le pouvoir appartient au peuples c'est la démocratie @tv5mondeinfo

— reagan kimba ngoy (@reagankimbangoy) October 30, 2014


13H58 TU : Le chef de l'état major devrait s'exprimer dans quelques minutes

#Burkina - Le chef d'état-major général, le général Honoré Nabéré Traoré, devrait s'exprimer à 14 h (heure locale). #Iwili

— Faten Hayed ®   (@Faten_Hayed) October 30, 2014

13H45 TU : Vols annulés au départ de la capitale

#Burkina - Tous les vols au départ et à l'arrivée de l'aéroport de Ouagadougou sont annulés. #Iwili

— Jeuneafrique.com (@jeune_afrique) 30 Octobre 2014

13H30 TU : Après 27 ans de pouvoir, le président Blaise Compaoré est menacé. 

Mais on a des cas en Afrique hein ! #Longévité #Lwili #Burkina pic.twitter.com/eTazRD3nOb

— The Panda™ (@ntrjack) October 30, 2014
 

13H27 TU : Zéphirin Diabré, l'un des chefs de file de l'opposition burkinabé, a déclaré sur Twitter : 

Nous ne cautionnons pas la prise du pouvoir par la force. Nous voulons juste le respect de la démocratie. #Burkina #Faso #bf226 #lwili

— Zéphirin Diabré (@Zephirindiabre) 30 Octobre 2014

13H 21 TU : Le siège du Congrès pour la démocratie et le progrès, le parti du président Blaise Compaoré, pris à parti. 

Le siège du CDP a été saccagé.  #burkina24 #burkinafaso Image: © A.G

— Burkina24 (@burkina24) October 30, 2014


13H18 TU : Les Etats-Unis sont "très inquiets" de la situation au Burkina Faso (AFP).

13H16 TU : La France appelle au calme et demande "à toutes les parties de faire preuve de retenue" (AFP). 

13H10 TU : France 24 publie la vidéo de l'un de ses observateurs à Ouagadougou, parmi les manifestants. 

VIDÉO - Exclusif : Au cœur des manifestations à #Ouagadougou par les @Observateurs http://t.co/nylR2rgHxB #lwili #burkina #BurkinaFaso

— FRANCE 24 Français (@France24_fr) October 30, 2014


13H07 TU : Le général Lougué a rejoint les manifestants.

Le Général Kouamé #Lougué et les soldats sortis pour se joindre à la foule retournent dans le camp Guillaume #Burkina #lwili

— Amadou Labba SALL (@LaBBaMadou) October 30, 2014


12H58 TU : Les violences se poursuivent dans la capitale.

La confrontation continue à Ouaga 2000. Des tirs à balles réelles et des snipers sur certains toits. #burkina24 #burkinafaso

— Burkina24 (@burkina24) October 30, 2014

12H48 TU : Le frère du président aurait été arrêté à l'aéroport.

#urgent Info RFI: François Compaoré, frère du chef de l'Etat Blaise Compaoré, a été arrêté à l'aéroport http://t.co/l0sQpFTsli

— RFI (@RFI) 30 Octobre 2014



12H40 TU : Les ressortissants rassemblés dans l'ambassade française

La France regroupe ses ressortissants à l'ambassade de France. #burkina24 #burkinafaso

— Burkina24 (@burkina24) 30 Octobre 2014


12H37 TU : L'Assemblée nationale incendiée par les manifestants

Ce qui reste de l'assemblée nationale incendiée #Burkina #lwili pic.twitter.com/qs17kQQi87

— Dieudonné LANKOANDE (@Dieuson1) 30 Octobre 2014



11h15 TU : Un face-à-face à lieu entre les manifestants et l'armée aux abords de la présidence à Ouagadougou. 


11H01 TU : La mairie et le siège du parti présidentiel ont été incendiés à Bobo Dioulasso, la deuxième ville du pays. 


10H31 TU : Alain Edouard Traoré, porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, annonce l'annulation du vote de la loi controversée prévu ce jeudi. Le gouvernement appelle aussi dans un communique "les populations au calme et à la retenue".
 

10H16 TU : Selon un journaliste de l'AFP sur place, un mort serait enregistré parmi les manifestants. Un homme d'une trentaine d'années a été tué dans les violences à Ouagadougou. La victime a été retrouvée morte près du domicile de François Compaoré, frère du chef d'Etat.

Malgrès plusieurs morts, le domicile du frère du président Compaore saccagé. #Burkina #lwili

— Michel Wagner (@GraphiqueDBF) October 30, 2014




9H56 TU : L'Assemblée nationale est incendiée par les manifestants. C'est là que devait se tenir dans la matinée le vote d'une révision de la Constitution très controversée qui aurait permis au président Blaise Compaoré de se maintenir au pouvoir. 

#Burkina sources (Burkina 24 and others) reporting a fire at the National Assembly and fighting outside #lwili pic.twitter.com/zNATaX1U1R

— Imad Mesdoua (@ImadMesdoua) October 30, 2014


(Des sources au #Burkina indiquent un incendie à l'Assemblée nationale et des combats à l'extérieur.)


9H33 TU : Les manifestants ont pris d'assaut à Ouagadougou les locaux de la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB), la télévision nationale dont le bâtiment se trouve à proximité de l'Assemblée nationale. Les manifestants ont pillé le matériel, les caméras, cassé les voitures mais sans s'en prendre au personnel.  

#Burkina: La #RTB n'émet plus. Le chaos est installé dans la capital du Faso. pic.twitter.com/daq4l9exWV

— Stéphane A. LOKO (@agbessloks) October 30, 2014