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Emmanuel Macron: le point d'étape, à la télévision

Le président de la République française voit actuellement sa côte de popularité grimper régulièrement. Une bonne occasion pour lui de s'exprimer dans une interview diffusée ce dimanche sur le service public. Il a balayé de nombreux dossiers nationaux et internationaux.

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Le président de la République Emmanuel Macron s'est entretenu avec le journaliste Laurent Delahousse au Palais de l'Elysée. Il s'est exprimé sur "son rapport au temps, son destin, sa vision de l'exercice du pouvoir".

En abordant les questions climatiques, il a promis "d'accélérer" sur le développement du renouvelable en France. Le président s'est également promis de faire rimer "dynamisme économique et exigence climatique", en soulignant les "erreurs" du président américain Donald Trump sur sa vision du réchauffement climatique.

M. Macron a également répondu aux questions du journaliste sur de grands dossiers internationaux comme la Syrie et Bachar El Assad.

Emmanuel Macron a estimé que la guerre en Syrie contre le groupe Etat islamique (EI) sera "gagnée d'ici mi, fin février" mais qu'il "faudra" alors parler au président al-Assad. "Le 9 décembre, le Premier ministre irakien (Haider al-Abadi) a annoncé la victoire face à Daech (acronyme arabe de l'EI, ndlr) et je pense que, d'ici mi, fin février, nous aurons gagné la guerre en Syrie", a déclaré M. Macron lors de l'émission "Entretien spécial" de Laurent Delahousse sur France 2.  M. Macron avait déjà indiqué il y a quelques jours que les opérations militaires contre l'EI allaient se poursuivre jusqu'à "mi, fin-février" en Syrie, contredisant ainsi la Russie qui a affirmé ce pays "totalement libéré" de l'EI.

"Il faudra parler à Bachar et à ses représentants"

Le président a par ailleurs estimé qu'il "faudra parler" avec le président syrien Bachar al-Assad, dont le départ immédiat est réclamé par de nombreux opposants. 
"Bachar est l'ennemi du peuple syrien. Mon ennemi, c'est Daech", a souligné le président. "Bachar al-Assad sera là. Il sera là aussi car il est protégé par ceux qui, sur le terrain, ont gagné la guerre aussi, que ce soit l'Iran, la Russie, donc on ne peut pas dire qu'on ne veut pas parler avec lui ou ses représentants", a-t-il martelé.

"Donc il faudra parler à Bachar et à ses représentants", a poursuivi le président, soulignant que cela n'empêchera pas le dirigeant syrien, accusé de nombreuses exactions, de "répondre de ses crimes devant son peuple, devant la justice internationale".
"Dans le processus que la France souhaite voire émerger en début d'année prochaine, il y aura des représentants de Bachar mais je souhaite aussi et surtout qu'il y ait des représentants de toutes les oppositions, y compris de ceux qui ont quitté la Syrie pour leur sécurité à cause de Bachar et non de Daech", ajouté M. Macron.

Le président s'est aussi exprimé sur la politique intérieure française. Sur sa politique de lutte contre le chômage notamment. "Sur le sujet du chômage, j'ai pris mes responsabilités. J'ai fait tout de suite la réforme la plus importante qui avait été évitée en France depuis 20 ans", a assuré le président de la République, faisant référence à la réforme par ordonnances du code du travail.

Sur le chômage, "pas d'impact immédiat, mais cette réforme produira des effets, c'est sûr."

"Les décisions que nous avons prises en début de quinquennat n'ont pas d'impact immédiat", a-t-il ajouté. "Cette réforme produira des résultats, c'est sûr. Dans les cinq ans. Mais après, je dis, il faut attendre deux ans pour qu'elle commence à avoir ses pleins effets, mais je ne suis pas là pour faire des pronostics, je suis là pour agir", a relevé le chef de l'Etat.

Il a également rappelé le lancement d'une réforme "très importante" et "complémentaire", celle de la formation professionnelle, l'apprentissage et l'assurance chômage, qui conduira à des textes "votés au printemps" et "donc une application à l'été-automne 2018".

Les ordonnances réformant le code du travail, en vigueur depuis fin septembre, critiquées par les syndicats mais soutenues par le patronat, prévoient, entre autres, la fusion des instances représentatives du personnel, le référendum dans les entreprises de moins de 20 salariés à l'initiative de l'employeur, mais aussi de nombreuses mesures sur le licenciement (plafonnement des indemnités prud'homales, augmentation des indemnités légales de licenciement, révision du périmètre d'appréciation des difficultés économiques d'une entreprise...). Fin octobre, Pôle emploi recensait sur ses listes 3,48 millions de personnes sans aucune activité.