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En images : Jorge Videla, le “masque de la terreur“

Il incarnait la répression sanglante de la dictature militaire entre 1976 et 1983 en Argentine. Plusieurs fois condamné à perpétuité, il était jugé dans quatre autres procès, dont celui de l'Opération Condor. L'ancien général Jorge Vidal est mort ce vendredi 17 mai 2013 à l'âge de 87 ans. Retour sur le parcours de celui qui portait le "masque de la terreur".

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En images : Jorge Videla, le “masque de la terreur“


Pour aller plus loin

En 1998, Jorge Videla était arrêté et placé en résidence surveillée pour l'enlèvement systématique de nouveau-nés enlevés à leurs mères "subversives" détenues, qu'il faisait adopter par des proches du régime. Le 5 juillet 2012, il était condamné à 50 ans de prison pour ces vols de bébés d'opposants. Notre dossier sur les "bébés volés". 

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Le “masque de la terreur“

Avec AFP

A la tête d'un secteur anticommuniste, antipéroniste et ultra-catholique de l'armée de Terre, Jorge Videla prenait à 51 ans la tête du coup d'Etat qui, le 24 mars 1976, renversait le gouvernement contesté d'Isabel Peron. Sans doute le plus connu des quatre dirigeants successifs de la junte, il a conservé le pouvoir jusqu'en février 1981. C'est sous son commandement que "la guerre sale" menée contre toute forme d'opposition ou de contestation a atteint son paroxysme.

"En 1976, quand il a pris le pouvoir, personne ne savait qui était Videla. Cette ignorance a pu expliquer pourquoi ses contemporains ont pu penser que Videla était le visage civilisé d'une dictature criminelle," estime l'historien et journaliste Rogelio Garcia Lupo, qui l'a qualifié de "masque de la terreur".


Plusieurs fois condamné à perpétuité


En 1985, accusé de violations des droits de l'Homme, l'ancien général était condamné à la réclusion à perpétuité, accusé personnellement de 66 assassinats, de centaines d'enlèvements et de cas de torture. En décembre 1990, il bénéficiait de l'amnistie décrétée par le président Carlos Menem (néo-péroniste, 1989-1999).

En 1998, il était à nouveau arrêté et placé en résidence surveillée pour l'enlèvement systématique de nouveau-nés enlevés à leurs mères "subversives" détenues et qu'il faisait adopter par des proches du régime. Le 5 juillet 2012, il est condamné à 50 ans de prison pour ces vols de bébés d'opposants.

Dès 2001, il était aussi poursuivi pour sa participation au Plan Condor, mis sur pied conjointement par les dictatures d'Argentine, du Chili, du Paraguay, du Brésil, de la Bolivie et de l'Uruguay en vue d'éliminer leurs opposants.
En 2008, il était transféré en prison dans l'attente de ses multiples procès, dont l'un débouchait en 2010 sur une nouvelle condamnation à perpétuité pour crimes contre l'humanité.


Ni remords ni regrets

Le bilan de la répression s'élève, selon les organisations de défense des droits de l'homme à 30 000 morts et disparus, sans compter les arrestations arbitraires, les tortures ou les enfants volés, dont le nombre atteindrait 500, selon l'organisation des Grand-Mères de la Place de Mai. Dans un livre paru cette année, il déclarait que "7000 ou 8 000 personnes devaient mourir pour remporter la guerre contre l'insurrection".

Malgré ces condamnations, il n'a jamais manifesté le moindre remords. "J'assume pleinement mes responsabilités militaires. Mes subordonnés se sont contentés d'obéir aux ordres", avait déclaré lors de ce procès celui qui jouissait à son arrivée au pouvoir d'une image de modéré.