Culture

En photos à Paris : "100 ans de Coupe de France, 100 ans de Petits Poucets PMU"

<strong>2017 - Istres </strong><br />
Le 8 janvier 2017, Fos-sur-Mer. Le vestiaire d’Istres. Supporter depuis cinquante ans, Marcel Montez est un fidèle. C’est à Jean-Fernand Mangoni et à tous les joueurs qu’il demande de dédicacer un ballon du match.
2017 - Istres
Le 8 janvier 2017, Fos-sur-Mer. Le vestiaire d’Istres. Supporter depuis cinquante ans, Marcel Montez est un fidèle. C’est à Jean-Fernand Mangoni et à tous les joueurs qu’il demande de dédicacer un ballon du match.
©© Edouard Elias pour Polka
<strong>2017 - Istres </strong><br />
Le 8 janvier 2017, Fos-sur-Mer. Le vestiaire d’Istres. Supporter depuis cinquante ans, Marcel Montez est un fidèle. C’est à Jean-Fernand Mangoni et à tous les joueurs qu’il demande de dédicacer un ballon du match.
<strong>2017 - Le Poiré-sur-Vie</strong><br />
Le 26 janvier 2017, Le Poiré-sur-Vie. Séquence émotion. Les Vendéens posent pour un soir avec la Coupe de France. Le trophée a fait le voyage spécialement pour l’occasion. Ça ne se rate pas.
<strong>2017 - Fréjus </strong><br />
Le 30 mars 2017, Fréjus. Les joueurs de l'Etoile FC Fréjus-Saint-Raphaël reçoivent leurs maillots pour le quart de finale contre Guingamp.
<strong>2017 - Bergerac</strong><br />
Le 27 février 2017, Bergerac. L’enjeu donne un appétit d’ogre aux amateurs, même face aux pros de Lille.
<strong>1967 – De Gaulle</strong><br />
En 1967, quand le ballon envoyé par le Lyonnais Hector Maison arrive dans la tribune présidentielle, le général De Gaulle, qui honore de sa présence la finale entre Lyon et Sochaux, le renvoie des deux mains. Sa petite phrase : "<em>Je dois vraiment tout faire moi- même dans ce pays</em>" déclenche l’hilarité dans la tribune.
<strong>1926 - Marseille-Valentigney</strong><br />
En 1926, sur la pelouse de Colombes, les joueurs de Valentigney surnommés les Lions, tous amateurs et employés par les usines Peugeot, s’inclinent devant les quasi- professionnels de l’OM. Le combat était disproportionné et la victoire sans péril, mais pas sans gloire pour l’OM, alors seul club provincial à avoir remporté la Coupe de France. 
<strong>1944 - Nancy</strong><br />
Marcel Poblomme (à gauche) et Georges Sesia (à droite) brandissent le trophée pendant le traditionnel tour d’honneur. En 1944, l’équipe fédérale de Nancy-Lorraine vient de remporter la Coupe de France contre l’EF Reims-Champagne au Parc des Princes, devant 32 000 spectateurs.
<strong>1945 - RC Paris-Orléans</strong><br />
Après avoir éliminé le Red Star en huitième de finale de l’édition 1944-45, les joueurs d’Arago Orléans retrouvent le FC Paris en quart de finale à Saint-Ouen. Avec Jules Vandooren (à droite), ancien grand défenseur internationale de Lille, aux commandes, les amateurs résistent au futur vainqueur mais perdent finalement d’un petit but (1-0).
<strong>2011 - Chambéry</strong><br />
Le 2 février 2011, le SO Chambéry, victorieux du FC Sochaux (2-1), entre dans l’histoire de la Coupe de France en étant le premier club de CFA2 (5e division) à éliminer trois clubs d’élite lors d’une même édition.
<strong>2017 - Le Poiré-sur-Vie</strong><br />
Le 29 janvier 2017, Le Poiré-sur-Vie. Ambiance décontractée dans le vestiaire après l’entraînement. On est encore à l’abri de la pression du match contre Strasbourg. Timothée Férand et Claude Koutob chahutent. Jonas Charpentier récupère dans une poubelle remplie d’eau glacée.
<strong>2017 - Bergerac </strong><br />
Le 2 mars 2017, à Libourne, pendant le match opposant Bergerac à Lille, club de Ligue 1. Le Petit Poucet s’incline (1-2) dans le stade de la commune voisine, le sien n’étant pas homologué. A l’issue des 90 minutes, il n’y a pas de prolongation.<br />
La marche est trop haute pour les amateurs de Bergerac. Le club repart vers son Périgord avec de la suite dans les idées pour voyager. Malgré l’élimination, il y a encore des sourires à la sortie du stade.

Avec Edouard Elias, plongez dans l’intimité des clubs amateurs de football pour comprendre, de l'intérieur, comment se vivent les exploits, du tirage au sort jusqu’aux lendemains de match. Le jeune photographe a suivi l’aventure des "Petits Poucets" de cette saison : Istres, Le Poiré-sur-Vie, Bergerac et Fréjus.

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Pour un soir ou pour la gloire

Les joueurs disent qu'ils en rêvent tous. Certains sûrement plus que d'autres. Ceux qu'on appelle les Petits Poucets, ces clubs amateurs capables d'improbables exploits, susceptibles de bousculer la hiérarchie du football, de transformer un parcours en destin. Ils ont écrit la légende de la Coupe de France. Le temps passe, pas la magie. On se souvient de l'épopée des Lions de Valentigney en 1926, de l'odyssée d'El-Biar ou de Colmar jusqu'aux aventures de Calais, Quevilly, Nîmes, Chambéry, ou Fréjus.

La Coupe de France a 100 ans. Des clichés exclusifs, instants en noir et blanc, retracent son épopée. D'autres, immersifs, moments haut en couleur, plongent dans l'intimité de quatre des Petits Poucets 2017. Elias Edouard est allé à Istres, Le Poiré-sur-Vie, Bergerac et Fréjus. Pour Polka Magazine, le photographe français, familier des conflits - il était otage en Syrie -, est passé des terrains de guerre aux terrains de sport. 

► Allez sur le site de l'exposition : jusqu'au 15 juin à l'Hôtel de Ville de Paris.
 

Entretien avec le photographe Edouard Elias

Vous qui n'aimez pas le foot, pourquoi avoir accepté d'entrer dans cet univers ?

Lorsque l'on m'a présenté le projet, on m'a expliqué qu'il ne s'agissait pas de photographier un sport, mais une intimité, celle des joueurs. La choix a été vite fait. Je pouvais donc agir comme je le souhaitais, loin des clichés conventionnels. J'ai posé quelques limites : pas d'utilisation de téléobjectifs, je voulais montrer les joueurs comme les entraîneurs, les arbitres, les spectateurs peuvent les voir. 

De cette plongée dans l'intime, qu'avez-vous rapporté ?

Ce sont des jeunes gosses, tous différents, aux ambitions différentes. Certains vivent le foot comme un jeu, une passion, un divertissement. D'autres sont professionnels. Et puis il y a ceux qui y mettent tous leurs espoirs parce que c'est la seule façon de sortir de leur milieu, de l'échec scolaire. Le football pour survivre.

La magie de la Coupe de France a t-elle opéré ? Quelle image vous a le plus marqué ?

J'ai ressenti l'engouement qui s'empare des petits clubs. Mais aussi le décalage entre les amateurs et les professionnels. Il y a cette photo à l'intérieur d'un vestiaire. Deux jeunes visages à côté d'une phrase écrite sur un tableau : "Dans la vie, vous avez deux choix à faire le matin : soit vous vous recouchez pour continuer à rêver, soit vous vous levez pour réaliser vos rêves !!!" On assène des tactiques à ces gosses, des stratégies, on leur met des idées dans la tête. Mais derrière tout ça, on sent le mal-être de ces jeunes qui ne comptent que sur le foot. C'est touchant et triste à la fois".

Le Poiré-sur-Vie
Le Poiré-sur-Vie
©Edouard Elias pour Polka