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Escalade des violences à Jérusalem et en Cisjordanie

Affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens le vendredi 21 juillet à Bethléem en Cisjordanie
Affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens le vendredi 21 juillet à Bethléem en Cisjordanie
©AP Photo/Nasser Shiyoukhi

Une semaine après l'attaque perpétrée par trois Arabes israéliens sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem et les nouvelles mesures de sécurité imposées par Israël, les violences vont crescendo dans la ville sainte et ailleurs en Cisjordanie. 

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Trois Palestiniens ont été tués et des centaines blessés après la prière du vendredi lors de heurts à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée, où un Palestinien a tué dans la soirée à coups de couteau trois Israéliens dans une colonie. L'attaquant, âgé de 19 ans, a pénétré dans une maison de la colonie de Neve Tsuf, au nord-ouest de Ramallah, où il a tué trois civils israéliens et en a blessé un quatrième avant d'être lui-même blessé par balles par un voisin qui avait entendu les cris des victimes, a indiqué une porte-parole de l'armée.
"Il a attaqué et massacré une famille pendant le dîner de shabat, tuant le grand-père et deux de ses enfants et blessant la grand-mère", a indiqué une porte-parole de l'armée à l'AFP sans donner davantage de détails sur l'identité des victimes. Sur une photographie du lieu de l'attaque diffusée par l'armée on voit le sol d'une cuisine totalement recouvert de sang.
Selon l'armée, l'attaquant palestinien avait publié peu de temps avant de s'infiltrer dans la colonie un message sur sa page Facebook où il écrivait notamment: "Tout ce que j'ai c'est un couteau acéré et je répondrai à l'appel de (la mosquée) Al-Aqsa".

Escalade depuis la polémique sur l'esplanade des Mosquées

Cette attaque est intervenue au terme d'une journée d'affrontements meurtriers entre forces de l'ordre israéliennes et manifestants palestiniens. Les tensions vont crescendo depuis une semaine après une attaque qui a coûté la vie à deux policiers israéliens le 14 juillet dans la vieille ville de Jérusalem. Israël, selon qui les armes des assaillants avaient été cachées sur l'esplanade des Mosquée, a alors décidé d'installer des détecteurs de métaux aux entrées de ce site ultra-sensible, le troisième lieu saint de l'islam, mais également révéré par les juifs comme le Mont du temple.
Des Palestiniens prient en dehors de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem le vendredi 21 juillet 2017
Des Palestiniens prient en dehors de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem le vendredi 21 juillet 2017
©AP Photo / Mahmoud Illean
Cette mesure a provoqué la colère des Palestiniens, et vendredi soir le président Mahmoud Abbas a annoncé que les contacts avec Israël seraient "gelés" tant que ces mesures ne seraient pas annulées. Pour protester contre les portiques de sécurité, les fidèles ne prient plus sur l'esplanade des Mosquées depuis dimanche 16 juillet 2017 : ils font leurs prières en dehors du site. Des centaines de personnes ont ainsi prié vendredi près des portes de la vieille ville, où les rues étaient quadrillées par un important dispositif de sécurité. La police israélienne a aussi pris la décision exceptionnelle d'interdire aux hommes de moins de 50 ans l'accès à la Vieille ville.    

Près de 500 blessés                                  

Affrontements au poste de contrôle de Qalandya entre Jérusalem et Ramallah, en Cisjordanie, le 19 juillet 2017
Affrontements au poste de contrôle de Qalandya entre Jérusalem et Ramallah, en Cisjordanie, le 19 juillet 2017
©AP Photo / Nasser Shiyoukhi
Après avoir débuté à Jérusalem-Est, les heurts se sont propagés vendredi 21 juillet à la Cisjordanie occupée où, selon l'armée israélienne, 3.000 Palestiniens se sont rassemblés en plusieurs points, les affrontements les plus violents ayant lieu à Qalandya, près de Ramallah, et à Hébron, dans le sud du territoire palestinien.

Dans ces deux villes, l'armée a répondu aux jets de pierres en utilisant des moyens anti-émeutes, a indiqué à l'AFP une porte-parole de l'armée.     
   
Selon le ministère palestinien de la Santé, trois Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes lors de heurts dans plusieurs quartiers de Jérusalem-Est vendredi après-midi. Le Croissant rouge, les services de premiers secours palestiniens, ont fait état de 450 blessés dans des heurts à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, dont 110 dans la ville sainte. La police israélienne a fait état de 29 arrestations vendredi à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Dans la bande de Gaza, où ont eu lieu aussi des affrontements au niveau de la barrière de sécurité, 40 Palestiniens ont été blessés, dont sept par balles, selon des sources médicales. 

Protestations d'Amman et de la Ligue arabe             

Israël contrôle les accès à l'esplanade des Mosquées, qui cristallise les tensions israélo-palestiniennes depuis des décennies, mais sa gestion revient à la Jordanie. Les ministres jordanien et émirati des Affaires étrangères ont demandé que le site soit "immédiatement" rouvert aux fidèles, appelant la communauté internationale à intervenir. 
 
Affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens à Bethléem en Cisjordanie le 21 juillet 2017
Affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens à Bethléem en Cisjordanie le 21 juillet 2017
©AP Photo / Nasser Shiyoukhi
Le chef de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit a de son côté "condamné l'utilisation excessive de la force et de balles réelles" par Israël contre "des civils non-armés", a indiqué son porte-parole Mahmoud Afifi dans un communiqué. 
Il a mis en garde contre "la colère grandissante des Palestiniens, des Arabes et des musulmans" suite aux mesures israéliennes.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a plusieurs fois assuré ne pas vouloir modifier les règles tacites permettant aux musulmans de monter à toute heure sur le site et aux juifs de n'y pénétrer qu'à certaines heures, sans pouvoir y prier. "Israël s'engage à maintenir le statu quo sur le Mont du Temple et la liberté d'accès aux lieux saints", a dit vendredi un responsable israélien.

Les derniers décès portent à 287 le nombre de morts palestiniens depuis le début d'une vague de violences en octobre 2015, qui a aussi coûté la vie à 47 Israéliens, deux Américains, deux Jordaniens, un Erythréen, un Soudanais et une Britannique, selon un décompte de l'AFP. Selon les autorités israéliennes, la majorité des Palestiniens tués sont des assaillants ou assaillants présumés, souvent jeunes, agissant seuls et armés de couteaux. D'autres ont été tués dans des raids de l'aviation israélienne à Gaza ou lors de manifestations anti-israéliennes.