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Espagne : les dirigeants catalans destitués dans le viseur de la justice

Un policier garde l'entrée du Palais de la Généralité de Catalogne, le 30 octobre 2017.
Un policier garde l'entrée du Palais de la Généralité de Catalogne, le 30 octobre 2017.
©AP Photo/Manu Fernandez

Le procureur général de l'État espagnol a requis lundi des poursuites contre l'ensemble du gouvernement catalan destitué. Une deuxième étape dans la reprise en main par Madrid de la Catalogne, où une déclaration d'indépendance a été votée vendredi 27 octobre.

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La justice espagnole a annoncé le dépôt d'une plainte devant l'Audience nationale, le tribunal chargé des dossiers les plus sensibles. Le procureur général de l'État espagnol, Jose Manuel Maza, estime que les "les principaux responsables politiques de la Généralité de Catalogne ont entraîné, avec leurs décisions et leurs agissements, une crise institutionnelle qui a débouché sur la déclaration unilatérale d'indépendance" du 27 octobre.

Il appartient désormais à la juge de garde, Carmen Lamela, de décider si la plainte du procureur général de l'Etat est recevable. Le cas échéant, ils pourraient être poursuivis pour "rébellion" et risqueraient jusqu'à 30 ans de prison.
 
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Le Parquet espagnol poursuit les dirigeants destitués de Catalogne.
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Dès vendredi, à peine quelques heures après la proclamation de l'indépendance au Parlement catalan, le gouvernement espagnol a mis la Catalogne sous tutelle, en application de l'article 155 de la Constitution, jusqu'ici jamais utilisé.

Dans la foulée, Carles Puigdemont, président de la région catalane, et son équipe ont été destitués. Dès samedi, la vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, a été désignée pour diriger la Catalogne. Celle-ci a immédiatement pris plusieurs décisions dont la destitution du chef opérationnel de la police catalane.

Un porte-parole du principal parti indépendantiste, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), a admis que la "République" n'avait pas de "pleines capacités" pour s'imposer à l'Etat espagnol. Aucun des membres du gouvernement destitué sauf un ne s'était d'ailleurs rendu au travail à la mi-journée, lundi, alors que Carles Puigdemont et son vice-président Oriol Junqueras (ERC) avaient laissé entendre pendant le week-end qu'ils s'opposeraient à leur destitution.
 
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Quelle attitude adopteront les 20 000 fonctionnaires catalans ?
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Le drapeau espagnol flottait toujours quant à lui sur le palais de la Généralité, le siège de l'exécutif catalan. La police catalane a reçu la consigne d'autoriser l'accès aux bureaux des "conseillers" (ministres régionaux) pour qu'ils prennent leurs effets personnels. En cas de refus de quitter les lieux, les policiers doivent dresser un procès-verbal à transmettre à la justice.

"Moi je pense que Puigdemont reste le président pour ceux qui croient en l'indépendance (...) mais pour ceux qui ont manifesté hier contre l'indépendance, c'est le Parti populaire (de Mariano Rajoy) qui dirige", a confié à l'AFP Gemma Manosa, une secrétaire de 44 ans interrogée en début de matinée à Barcelone, salariée dans le secteur privé et électrice de la gauche indépendantiste.

Dimanche, illustration des fortes divisions régnant au sein de cette région, des centaines de milliers de partisans de l'unité de l'Espagne sont descendus dans les rues de Barcelone, après les dizaines de milliers qui avaient manifesté leur joie à l'annonce de la naissance de leur "République" vendredi.

"Les Catalans ne craignent pas les urnes"

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a convoqué des élections régionales en Catalogne pour le 21 décembre. Le parti du président séparatiste destitué Carles Puigdemont, le PDeCAT, participera au scrutin. "Le 21, nous irons aux urnes, nous irons avec conviction et nous sommes très attachés à ce que la société catalane puisse s'exprimer", a annoncé la porte-parole du parti, Marta Pasca.

ERC, le parti d’Oriol Junqueras, a également indiqué son intention de "participer" d'une manière ou d'une autre à ces élections, bien qu'il les juge "illégitimes". "Les Catalans ne craignent pas les urnes, a déclaré le porte-parole du parti de gauche indépendantiste ERC, Sergi Sabria. "Le 21 décembre, nous trouverons la manière de participer, que ce soit en nous présentant ou non", a-t-il ajouté, laissant planer un doute sur la présence de candidats en son nom.

Carles Puigdemont se trouvait à Bruxelles, ce lundi, a affirmé une source gouvernementale espagnole à l'AFP. "Il est à Bruxelles", a déclaré cette source, sans davantage de précisions. Le quotidien catalan La Vanguardia affirmait pour sa part qu'il était accompagné d'autres membres de l'exécutif catalan.