Espagne : une messe en hommage aux victimes des attentats

Le roi Felipe et la reine Letizia rendent hommage aux victimes des attentats ce samedi 19 août à Barcelone.
Le roi Felipe et la reine Letizia rendent hommage aux victimes des attentats ce samedi 19 août à Barcelone.
© Emilio Morenatti /AP

Au troisième jour de deuil national en Espagne, une messe solennelle à la mémoire des victimes est célébrée dans la basilique de la Sagrada Familia à Barcelone, en présence du roi Felipe.

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Barcelone tentera de revenir à la normale, ce dimanche 20 août 2017, avec une messe solennelle à 10h00  dans la basilique de la Sagrada Familia.
Samedi, le roi d'Espagne Felipe VI a lui voulu redonner confiance. Il s'est recueilli devant un autel improvisé fait de fleurs et de bougies rouges sur les Ramblas, la fameuse avenue de Barcelone visée par l'attentat.

Le monarque a repris l'expression devenue le slogan d'une ville qui refuse de perdre sa joie de vivre: "Nous n'avons pas peur". 
"Et nous n'aurons pas peur à l'avenir",
a-t-il déclaré après s'être rendu avec son épouse Letizia au chevet des blessés, dont 12 sont entre la vie et la mort, dans les deux hôpitaux de Barcelone. 

En soirée un premier match du championnat de football espagnol dans son fameux Camp Nou, entre le Betis Séville et le FC Barcelone. Une minute de silence est prévue en hommage aux 14 personnes tuées dans les attaques et les joueurs barcelonais porteront un brassard noir en signe de deuil.

Dans ces "circonstances extraordinaires et lamentables", l'entraîneur barcelonais Ernesto Valverde a affiché samedi sa "solidarité" vis-à-vis des victimes et de leurs familles, fidèle à la devise du Barça, "més que un club" ("plus qu'un club"), symbole d'un fort engagement politique, culturel et social en Catalogne.

Sur cette avenue emblématique, la vie a doucement repris son cours samedi. Une colonne de taxis jaunes a défilé en klaxonnant, avec des pancartes "No tinc por", "je n'ai pas peur" en catalan, et des ballons blancs.

L'enquête se poursuit

"La cellule a été démantelée", s'est empressé d'affirmer le ministre espagnol de l'Intérieur Juan Ignacio Zoido. Mais la police catalane a tenu à nuancer, rappelant qu'"une personne (faisait) toujours l'objet d'un avis de recherche". La cellule, avait indiqué un responsable de la police vendredi 18 août 2017, compterait une douzaine de personnes.

Un dispositif a été mis en place en Catalogne, impliquant des barrages en relation avec l'enquête, a annoncé la police.
Après l'avoir fait pour l'attentat à la camionnette-bélier du jeudi 17 août 2017 à Barcelone dont le bilan est de 13 morts et de plus de 120 blessés, l'organisation jihadiste a revendiqué samedi la responsabilité de celui de Cambrils, qui a fait un mort et six blessés, vendredi juste après minuit.

La presse espagnole s'interrogeait elle sur le rôle de l'imam Abdelbaki Es Satty dans l'éventuelle radicalisation très rapide de plusieurs auteurs des attentats -des enfants d'immigrés marocains- originaires de Ripoll, paisible localité catalane de 10 000 habitants à quelque 700 mètres d'altitude au pied des Pyrénées.

Le domicile de l'homme, qui a disparu depuis le 15 août, a une nouvelle fois été perquisitionné samedi à l'aube, selon Nourddem, son colocataire qui a assisté à l'opération de police. 
Et, pendant ce temps, les policiers recherchaient toujours Younès Abouyaaqoub, un Marocain de 22 ans dont la photo a été diffusée.

L'imam de Ripoll                

Au moins quatre suspects étaient toujours en garde à vue, qui en Espagne, en matière de terrorisme, peut durer jusqu'à cinq jours.

La "cellule" mise au jour serait composée des cinq auteurs de l'attaque de Cambrils, qui s'est produite huit heures après celle de Barcelone, tous abattus; d'une personne tuée dans l'explosion accidentelle de gaz dans une maison à Alcanar, à 200 km sud de Barcelone; d'une deuxième, qui pourrait aussi avoir péri; des quatre personnes interrogées et de l'homme encore recherché.

D'après le quotidien El Pais qui cite des sources policières, l'imam de Ripoll pourrait avoir été tué dans l'explosion d'Alcanar. Mais les restes de trois personnes pourraient se trouver dans les décombres. 

"La dernière fois que je l'ai vu, c'était mardi (la veille de l'explosion) et il m'a dit qu'il allait voir sa femme au Maroc", a raconté Nourddem, son colocataire, à l'AFP.
La déflagration d'Alcanar aura peut-être évité un drame bien plus important: les policiers ont découvert plus de 30 bonbonnes de gaz, qui auraient pu servir à la fabrication d'engins explosifs.

Le gouvernement a décidé samedi de maintenir le niveau d'alerte terroriste à 4, évitant son niveau maximum, 5, synonyme de risque d'attentat imminent, mais renforçant encore les mesures de protection alors que la saison touristique bat son plein.