Essonne : trois femmes interpellées dans une opération antiterroriste

Trois femmes ont été interpellées à Boussy-Saint-Antoine (Essonne), dans le cadre d'une opération antiterroriste menée après la découverte  d'une voiture suspecte retrouvée près de Notre-Dame à Paris. L'une d'elle, blessée par un policier qu'elle avait attaqué à l'arme blanche, serait dans un état grave.

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Dans une allocution prononcée à 22 heures ce jeudi soir, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve a précisé que trois femmes "radicalisées, fanatisées," ayant prêté allégeance au groupe Etat islamique, préparaient "vraisemblablement une action violente et de surcroît imminente." Il a également évoqué une "course contre la montre pour parvenir à leur arrestation", puis il a précisé : "260 interpellations d'individus en lien avec des réseaux terroristes réalisées depuis le début de l'année 2016, autant d'attentats et de drames évités".


Un riverain, Joachim Fortes Sanchez, 21 ans, dit avoir vu les trois femmes avant leur interpellation. Elles "avaient l'air stressées, elles regardaient partout autour d'elles", raconte-t-il. Au moment de l'arrestation, "une jeune femme a sorti un couteau et a frappé un policier. Ça s'est passé très rapidement".

Le policier blessé à l'épaule a été hospitalisé, mais ses jours ne sont pas en danger. Une suspecte de 19 ans a été blessée par balle lors d'un tir de riposte de la police, après que l'une de ses complices eut poignardé un des agents de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) venu les arrêter à Boussy-Saint-Antoine (Essonne), à 25 km au sud-est de Paris.

Attentat déjoué

La jeune femme blessée était recherchée car elle est une des filles du propriétaire de la Peugeot 607 qui avait été retrouvée dimanche 4 septembre à quelques centaines de mètres de Notre-Dame de Paris, dans le quartier touristique du quartier Latin. Feux de détresse allumés, sans plaque d'immatriculation, elle avait à son bord, cinq bouteilles de gaz. Selon une source proche de l'enquête, la jeune fille arrêtée réside, comme son père, en Seine-Saint-Denis. Connu pour des faits anciens de prosélytisme islamiste, celui-ci avait été relâché mardi soir à l'issue d'une sa garde à vue.

A Tremblay-en-France, où se trouve le domicile familial de la jeune fille et de son père, dans un quartier résidentiel, les voisins tombent des nues. "C'est une gamine calme: elle dit bonjour, demande comment ça va... Elle était très couverte mais ça ne me choque pas, on ne voit plus que ça", témoigne une voisine âgée d'une soixantaine d'années.

Elle était également connue des enquêteurs belges, révèlent ce vendredi nos confrères de la RTBF. Son nom est lié à des enquêtes sur les tentatives de départ en Syrie. Jeudi soir aux Mureaux (Yvelines) a également été arrêté le compagnon de l'une des femmes présumées terroristes. Connu des services de renseignement pour islamisme radical, il est le frère d'un homme incarcéré pour ses liens avec Larossi Abballa, le tueur d'un policier et de sa compagne dans les Yvelines en juin dernier. 

Les perquisitions menées aux domiciles des suspectes ont révélé la présence de bouteilles de verre vide avec ce qui pourrait être à des mèches artisanales de papier, ainsi que des jerricanes avec des résidus de carburant. En outre, l'une avait laissé un testament sous son lit à son nom. L'ordinateur familial saisi chez une autre suspecte contenait de nombreuses photos de propagande. La fille de l'une des trois suspectes, âgée de 16 ans, a elle aussi été arrêtée

Pour François Hollande, c'est "tout un groupe qui a été annihilé, mais il y en a d'autres", a-t-il ajouté, alors que la France est confrontée depuis plus d'un an et demi à une série inédite d'attaques jihadistes."
 

Tout un groupe a été annihilé
François Hollande

Quatre autres personnes avaient déjà été arrêtées mardi et mercredi dans le Loiret et le sud de la France. "Il s'agit de deux frères et de leurs compagnes", a précise une source proche de l'enquête. Ce vendredi soir, le couple arrêté dans le Loiret a été relâché. 

Un peu plus tôt dans l’après-midi, un message général sur les ondes de la police alertait sur le risque d’un attentat-suicide probable dans les gares de Boussy ou d’Évry. Des attentats préparé par un commando "téléguidé" par des jihadistes de l'Etat islamique depuis la Syrie, selon le procureur de Paris François Molins. Le secteur avait été rapidement bouclé. Après les mitraillages, les attaques au couteau ou à la veste explosive, les services spécialisés craignent "une nouvelle forme d'attaque" avec "le dépôt d'engins explosifs" dans des lieux rassemblant une foule importante, avait admis le patron de la DGSI Patrick Calvar le 10 mai à l'Assemblée nationale.