Etat islamique : “Pas en mon nom“ ! #NotInMyName

La campagne Twitter et Youtube "Not In My Name" (Pas en mon nom) a été lancée par une organisation de jeunes musulmans britanniques juste avant la décapitation du journaliste David Haines et de l'otage français Hervé Gourdel. Son objectif est de contrer la propagande des djihadistes du groupe de l'Etat islamique.

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24.09.2014
En Angleterre, la Fondation Active Change a lancé un hashtag "Pas en mon nom" (#notinmyname) qui encourage les twittos musulmans à publier sur le réseau de micro-bloging des messages anti-Etat Islamique. La campagne est un succès avec des milliers de messages sur twitter venant de toute la planète. En Allemagne (4 millions de musulmans, soit 5% de la population), quelques 2.000 mosquées, à Berlin, Hambourg, Munich ou Hanovre, ont participé vendredi à une journée "Musulmans contre la haine et l'injustice", à l'appel de l'une des principales organisations de la communauté.

Les images avec des musulmans priant notamment à Berlin, dans Kreuzberg, surnommée la petite Istanbul, ont marqué mais le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) relève qu'il existe "un sentiment d'hostilité croissant envers les musulmans". Et Fazli Altin, président de la fédération islamique de Berlin de regretter "que des gens qui ont grandi et ont été éduqués ici, qui font partie de cette société, doivent encore expliquer qu'ils ne sont pas des criminels".

En France, "les musulmans condamnent de manière très ferme cet Etat qui n'a rien d'islam", affirme [à l'AFP] Abderrahmane Dahmane, président du Conseil des démocrates musulmans de France, un des initiateurs d'appels lancés récemment contre EI par des responsables religieux, des mosquées et des associations. Mais il reconnait que la plus grande communauté musulmane d'Europe est restée "silencieuse dans sa majorité. Pourquoi ? Pour une raison très simple : ils en ont ras-le-bol de l'islamophobie, de la discrimination".

Sliman Zeghidour, journaliste à TV5Monde et spécialiste du monde arabe, souligne les risques que peuvent entrainer des demandes de prise de position fortes ou des justifications de la part de la communauté musulmane face à l'Etat islamique : "Le danger c'est que si la mobilisation n'est pas assez forte, on en tire des conclusions hâtives qui pourraient être mal interprétées. Imaginons qu'il y ait 10 000 musulmans français dans la rue pour condamner l'Etat islamique, que pensera-t-on des 4 millions 990 000 d'autres ? Qu'ils approuvent ce groupe djihadiste ? Je crains qu'à demander aux musulmans de condamner quelque chose qui ne les concerne pas, l'Etat islamique, on n'en arrive à penser : 'qui ne dit mot consent'. Ce qui serait absurde et dangereux."