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Etats-Unis : Andrew McCabe, numéro 2 du FBI, démissionne

Andrew McCabe, directeur-adjoint du FBI et bête noire de Donald Trump, a quitté ses fonctions. Washington, jeudi 11 mai 2017 © AP Photo / Jacquelyn Martin
Andrew McCabe, directeur-adjoint du FBI et bête noire de Donald Trump, a quitté ses fonctions. Washington, jeudi 11 mai 2017 © AP Photo / Jacquelyn Martin

Il était depuis des mois dans le collimateur du président Donald Trump et se savait sur un siège éjectable : le directeur-adjoint du FBI, Andrew McCabe, a quitté ses fonctions lundi 29 janvier 2018.

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Le haut fonctionnaire policier, âgé de 49 ans, faisait l'objet depuis 2016 de critiques récurrentes de Donald Trump et de responsables républicains, qui l'accusaient d'être proche des démocrates. Mais la Maison Blanche a décliné toute responsabilité dans son départ de la direction de la police fédérale. "Il (D. Trump) n'a joué aucun rôle dans cette décision", a assuré lundi la porte-parole de l'exécutif, Sarah Sanders, dans son point de presse quotidien.

Andrew McCabe a quitté son poste avec effet immédiat, mais restera sur le registre des employés de la police fédérale jusqu'en mars pour des raisons administratives, a indiqué à l'AFP une source interne à l'agence.

Donald Trump semble avoir cristallisé sur ce haut fonctionnaire policier toute l'amertume que suscite chez lui l'enquête très sensible qui cherche à déterminer si l'équipe de campagne du milliardaire républicain s'est concertée avec les Russes pour influencer les résultats de l'élection présidentielle de 2016. Ainsi, Trump a publiquement reproché à son ministre de la Justice, Jeff Sessions, de ne pas avoir renvoyé Andrew McCabe à l'époque où celui-ci était directeur par intérim du FBI.
 

Proche de James Comey

Le président a par ailleurs accusé McCabe d'être un ami de l'ex-patron du FBI James Comey, qu'il a lui-même limogé à cause de l'enquête russe. Ce dernier a salué McCabe dans un tweet pour avoir "gardé la tête haute au cours des huit derniers mois, lorsque des gens sans envergure tentaient de détruire une institution dont nous dépendons tous" :

Donald Trump avait aussi reproché à McCabe les liens supposés de son épouse, qui s'est engagée sous l'étiquette démocrate dans une élection en Virginie, avec le gouverneur de cet Etat, Terry McAuliffe. Ce dernier est un proche de Hillary Clinton, ancienne rivale de Trump à l'élection présidentielle.

Selon des révélations de NBC lundi, Trump se serait mis en rage en voyant James Comey embarquer dans un avion du FBI, au lendemain de son renvoi. Il aurait alors appelé McCabe et passé sa colère sur le nouveau directeur par intérim, à qui revenait la tâche de diriger le prestigieux bureau centenaire, aux 30 000 employés jaloux de leur indépendance.

Trump a ensuite nommé un juriste qui a travaillé dans le gouvernement de George W. Bush, Christopher Wray, pour remplacer Comey à la tête de la police fédérale américaine.

Lors d'un incident distinct, également postérieur à la mise à l'écart de Comey, Donald Trump a convoqué à la Maison Blanche Andrew McCabe. Le président a alors demandé au chef policier pour qui il avait voté à la présidentielle, a rapporté la semaine passée le Washington Post.
 

"Serviteur de l'Etat"

Enfin, les critiques de Trump se sont intensifiées en décembre quand il est apparu qu'une juriste du FBI, Lisa Page, entretenait une liaison avec un enquêteur du Bureau, Peter Strzok, les deux amants affichant leurs sympathies pro-Clinton et anti-Trump. Ces deux agents ont été impliqués dans l'enquête classée sans suite sur les courriels de Hillary Clinton et sur celle portant sur la collusion présumée entre l'équipe de campagne de Donald Trump et les Russes.

Eric Holder, ministre de la Justice sous Barack Obama, a lui rendu hommage au directeur-adjoint du FBI, le qualifiant de "serviteur de l'Etat dévoué". Il a sous-entendu qu'Andrew McCabe essuyait les plâtres, face à la colère que suscite chez Trump l'enquête russe. "Les attaques infondées contre le FBI et le ministère de la Justice afin de détourner l'attention d'une enquête pénale légitime ne font que causer un tort inutile et durable aux fondations de notre Etat", a commenté Eric Holder.