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États-Unis : Ces menaces réelles qui pèsent sur la liberté de la presse à l'ère Trump

Donald Trump accuse régulièrement les médias qui ne lui conviennent pas de diffuser des mensonges. Cette hostilité ambiante se traduit sur le terrain par des abus et des actes violents contre des journalistes. A tel point qu'un site indépendant américain s'est créé pour traquer aux Etats-Unis les atteintes à la liberté de la presse.

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C’est une première aux Etats-Unis. Plus d’une vingtaine d’ONGs lancent un outil de surveillance de la liberté de la presse intitulé U.S Press Freedom Tracker.

Ce site indépendant recense les abus et violations à l'encontre de journalistes dans l'exercice de leur fonction depuis janvier 2017, autant dire depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Une nécessité dans le climat d’hostilité de la nouvelle administration américaine envers les médias.

Car les incidents se multiplient : au 6 août, le site dénombre 19 arrestations de journalistes, 12 saisies et fouilles de matériel, 11 agressions physiques, 4 arrestations à la frontière.

Des élus républicains qui agressent des journalistes

Deux moments-clés ont été le théâtre de plusieurs violations : les manifestations anti-Trump lors de l’investiture du 20 janvier et la mobilisation de la réserve indienne de Standing Rock contre la construction d’un oléoduc dans le Dakota du Nord.

Autre détail non négligeable, deux agressions de journalistes ont été le fait de deux hommes politiques, républicains.

Premier cas de figure, le 2 mai, le sénateur David Wilson, membre du Congrès d'Alaska, gifle Nathaniel Herz, un reporter travaillant pour le journal local Alaska Dispatch News qui l'interroge sur un projet de loi.

Le 24 mai, c'est le candidat au Congrès américain dans le Montana Greg Gianforte qui plaque au sol un journaliste du Guardian, Ben Jacob. Ce dernier a diffusé l'enregistrement sonore de son agression.

Greg Gianforte remporte l'élection. Néanmoins, il sera condamné à 40 heures de travaux d'intérêt général et 20 heures de cours de gestion de la colère.

Les Etats-Unis reculent

Reste que dans le cadre de l'accord conclu avec le journaliste qu'il a agressé, le nouveau représentant élu du Montana Greg Gianforte fait un don de 50 000 dollars au Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ).

Ironie de l'histoire, le CPJ va confier cet argent à la Fondation pour la Liberté de la Presse (FPF) pour lancer le site US Press Freedom Tracker.

Dans le classement mondial de la liberté de la presse 2017 établi par Reporters Sans Frontières, les Etats-Unis perdent deux places et figurent au 43e rang, juste derrière Bélize et le Burkina Faso.