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Etats-Unis : Donald Trump relance les oléoducs Keystone et Dakota Access

Le 24 février 24 2015, des opposants au projet Keystone XL manifeste devant la Maison Blanche à Washington. 
Le 24 février 24 2015, des opposants au projet Keystone XL manifeste devant la Maison Blanche à Washington. 
©AP Photo/Jacquelyn Martin

Le dossier Keystone XL a empoisonné les relations entre le Canada et les États-Unis pendant huit ans parce que Barack Obama n’en voulait pas. Donald Trump, lui, avait promis de ressusciter ce projet controversé au cours sa campagne électorale. Le nouveau président américain a signé un décret pour tenir sa promesse. 

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L'oléoduc Keystone XL permet d’exporter le pétrole issu des sables bitumineux de l’Alberta au Canada jusqu’aux États-Unis. Sur près de 2 000 kilomètres de long, ce projet doit relier Hardisty, en Alberta (Canada) à Steele City aux États-Unis. Il pourra alors se connecter au réseau déjà existant d’oléoducs pour que le pétrole soit transporté jusqu’au Golfe du Nouveau Mexique. 

Ce projet de la compagnie canadienne Transcanada est évalué à 8 milliards de dollars. Il va offrir des débouchés économiques importants à l’industrie pétrolière canadienne, en difficulté depuis la baisse des prix du pétrole. 
 

Discorde entre Etats-Unis et Canada

Barack Obama avait mis son veto fin 2015 à ce projet à cause de son impact environnemental et parce qu’il allait à l’encontre de sa politique de lutte contre le réchauffement climatique. Ce projet faisait partie des cibles que les États-Unis s’étaient fixés pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Le Keystone XL était l’un des principaux points de friction entre Barack Obama et Stephen Harper, l’ex-Premier ministre conservateur du Canada, qui tenait beaucoup à la construction de cet oléoduc. C’était aussi un nuage dans le beau ciel bleu qui brillait entre Barack Obama et Justin Trudeau parce que le nouveau gouvernement canadien est lui aussi favorable à ce projet.

Le Premier ministre du Canada Justin Trudeau et l'ancien président américain Barack Obama lors d'une rencontre à l'APEC à Lima (Pérou) le 20 novembre 2016.
Le Premier ministre du Canada Justin Trudeau et l'ancien président américain Barack Obama lors d'une rencontre à l'APEC à Lima (Pérou) le 20 novembre 2016.
©AP Photo/Pablo Martinez Monsivais



Le feu vert donné à Keystone XL par Donald Trump sera donc un point de rapprochement entre la nouvelle administration américaine et le gouvernement canadien, alors que les deux pays s’apprêtent à renégocier l’ALENA, cet accord de libre-échange qui les lie depuis plus de 30 ans, et ce, à la demande de Donald Trump.

"Oui, mais" dit Donald Trump

« Nous allons renégocier certaines conditions et si la compagnie les accepte, ce pipeline sera construit. Il y a 28 000 emplois à la clé », a déclaré le nouveau président américain en signant le décret ce mardi 24 janvier à la Maison Blanche.

►Lire notre article : Etats-Unis : Donald Trump entre dans le vif du sujet

Une des conditions que Donald Trump voudrait imposer serait que les tuyaux de l’oléoduc soient construits aux États-Unis. Ce sera donc à négocier. Mais déjà, le gouvernement canadien se réjouit, son Premier ministre en tête : « Je soutiens ce projet car il va amener des beaux emplois pour les Albertains, il y a encore beaucoup de discussions à avoir entre la compagnie et les États-Unis », a commenté Justin Trudeau. « C’est très positif pour le Canada, un bon projet pour les deux pays. Toutes les autorisations sont déjà livrées au nord de la frontière », a déclaré Jim Carr, le ministre canadien de l’Énergie.
 

 Je soutiens ce projet car il va amener des beaux emplois pour les Albertains. 

Justin Trudeau, Premier ministre canadien.


« Nous avons toujours soutenu le projet Keystone XL », a renchéri son collègue des Transports Marc Garneau, tandis que la nouvelle ministre des Affaires internationales, Chrystia Freeland, précisait : « l’énergie est vraiment un enjeu sur lequel nous pouvons travailler ensemble avec la nouvelle administration. C’est une très bonne décision pour le Canada et surtout pour l’Alberta. L’Alberta a besoin de travail ».

On estime que ce projet créerait entre 4 500 et 5000 emplois directs et indirects en Alberta et aurait un impact positif sur quelques 35 000 emplois dans la province. L’industrie pétrolière de l’Alberta ne cache d’ailleurs pas sa joie, tout autant que le gouvernement albertain.
 

Feu vert aussi à Dakota Access

Donald Trump a aussi donné le feu vert à un autre oléoduc, the Dakota access pipeline, de la compagnie Energy Transfer Partners qui partirait du Dakota du Nord pour se rendre jusqu’en Illinois, aux Etats-Unis. Un projet très controversé également, notamment par la bande sioux de Standing Rock. Le trajet initial de cet oléoduc prévoyait de passer sur les terres où sont enterrés leurs ancêtres et menaçait leurs sources d’eau potable. Des manifestations menées intensément l’été et l’automne dernier – des campements installés par les contestataires sur les terres en question ont rassemblé jusqu’à 5000 personnes au plus fort du mouvement - ont finalement conduit au rejet de ce tracé initial. Les Sioux de Standing Rock disent qu’ils vont maintenant livrer leur bataille devant les tribunaux. 

Des manifestants contre l'oléoduc Dakota en Californie, le lundi 2 janvier 2017.
Des manifestants contre l'oléoduc Dakota en Californie, le lundi 2 janvier 2017.
©AP Photo/Michael Owen Baker



De leur côté, les groupes environnementaux dénoncent d’une seule voix cette décision de Donald Trump d’aller de l’avant avec la construction de ces oléoducs. Steven Guilbeaut, cofondateur et directeur principal Equiterre, se dit déçu mais pas surpris : « mais il y a encore beaucoup d’étapes à franchir, précise-t-il, des États américains que cet oléoduc doit traverser comme le Nebraska ne veulent rien savoir de ce projet, et si première pelletée de terre il y a, ce ne sera pas avant deux ans ».

En effet, mais ces deux projets qui avaient été mis sur la glace (gelé, en québécois) au cours des dernières années viennent d’être ressuscités par un nouveau président américain, déterminé à tenir ses promesses de campagne.