Etats-Unis : le mariage gay dans la campagne

Le Président des Etats-Unis démocrate et candidat à la prochaine élection, Barack Obama / AFP
Le Président des Etats-Unis démocrate et candidat à la prochaine élection, Barack Obama / AFP

Barack Obama s’est prononcé en faveur de la légalisation du mariage gay. Cette annonce a fait l’effet d’une bombe alors qu’il vient de débuter sa campagne présidentielle. Aux Etats-Unis, peu d’États autorisent le mariage homosexuel, tout comme en Europe. Tour d’horizon des politiques des pays.


dans
« Pour moi, à titre personnel, il est important de dire que je pense que les couples du même sexe doivent pouvoir se marier », déclare Barack Obama. Cette annonce faite lors d’une interview sur la chaîne de télévision américaine ABC, mercredi 9 mai, a eu l'effet d'une bombe deux jours après le début de sa campagne. Changement de cap pour le président démocrate, encore défavorable au mariage gay lors de la campagne présidentielle de 2008. Il avait cependant soutenu les partenariats civils entre deux personnes de même sexe.
C’est en rencontrant des membres de son équipe et des couples d’amis gays que le point de vue du Président américain aurait « évolué ». Il devient ainsi le premier président à prendre position en faveur de ce mariage. Ce n’est pourtant pas la première fois que sous son mandat une avancée est faite pour la communauté gay et lesbienne américaine. En septembre dernier, la loi « Don’t ask, don’t tell » avait été abolie à grand renfort de soutien de la chanteuse excentrique américaine Lady Gaga. Cette loi obligeait les militaires homosexuels à ne pas divulguer leur orientation sexuelle sous peine de renvoi.
Les Etats-Unis sont frappé début 2012 par une vague de légalisation. Six nouveaux États américains vote pour le mariage gay : Iowa, Vermont, New Hampshire, Connecticut et Washington (voir carte interactive ci-dessous). D’autres ont clairement dit non récemment par le vote d'amendements comme la Caroline du Nord récemment ainsi que trente autre États du pays. Sur cinquante, seuls neuf États ont légalisé ce mariage.
Selon un dernier sondage Gallup paru mardi 8 mai, les Américains sont à 50% "pour" légaliser le mariage homosexuel et à 48% "contre". L’électorat reste divisé. Le président et candidat Barack Obama va devoir convaincre face au républicain et mormon Mitt Romney. Verdict le 6 novembre 2012.



Sur cette carte des États-Unis sont représentés les positions des cinquante États sur le mariage gay. En vert, les États l'ayant légalisé, en bleu (démocrate) et en rouge (républicain) les États refusant de l'autoriser. Cliquer sur les symboles de couleur pour en apprendre plus sur chaque État.



Afficher Le mariage gay aux Etats-Unis sur une carte plus grande

Et en Europe ?

7 pays européens (dont 5 membres de l'Union européenne) reconnaissent le mariage homosexuel et accordent aux homosexuels les même droits qu'aux hétérosexuels. Premier pays à reconnaître le mariage gay en 2001, les Pays-Bas. Suivent la Belgique (2003), et l'Espagne (2005). En 2009, la Suède le reconnait à son tour et prévoit même une disposition obligeant l'Eglise à trouver un pasteur pour célébrer les mariages religieux. Toujours en 2009, la Norvège reconnait le mariage gay. Viennent en 2010 le Portugal et l'Islande. Au Danemark, un projet de loi est à l’étude et devrait aboutir sur une légalisation dès cet été. La France pourrait aussi rapidement rejoindre la liste. Le mariage homosexuel était l'un des engagements du président élu François Hollande.

Des dispositions nationales

La France pour l'heure ne propose que le PACS. D'autres états européens ont également mis en place des dispositions spécifiques. En Croatie, une loi adoptée en 2003 reconnaît le droit au "soutien mutuel" au sein du couple et le droit à la succession. La Suisse a également adopté une forme d'union civile pour les couples homosexuels. En Albanie, un projet de loi est en discussion, ainsi qu'en Grèce. Enfin, 11 pays de l'UE ne reconnaissent aucune forme d'union pour les couples homosexuels (Italie, Grèce, Chypre, Malte, Slovaquie, Lettonie, Lituanie, Estonie, Roumanie, Bulgarie, Pologne).
Mais peut-on imaginer une politique européenne commune en la matière ? Sur les questions familiales et privées, Bruxelles dispose des compétences très limitées. Toutefois il y a quelques mois encore, le Parlement de Strasbourg a souligné la différence de traitement entre citoyens que constitue une telle interdiction.