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Etats-Unis : les aveux de Michael Flynn et la possible destitution du président Trump ?

Plaidé coupable de Michael Flynn

C'est un coup de tonnerre qui fait trembler les murs de la Maison Blanche : "l'affaire russe" prend une nouvelle dimension avec l'ancien conseiller à la Sécurité, Michael Flynn qui a décidé de plaider coupable d'avoir menti au FBI. Retour sur ce dernier rebondissement de l'enquête judiciaire qui pourrait  mener à une procédure de destitution de Donald Trump. 

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Michael Flynn a annoncé ce vendredi 1er décembre qu'il acceptait de plaider coupable de l'accusation d'avoir menti au FBI. Croire que cette décision de l'ancien directeur de la sécurité nationale est un nouveau et énième rebondissement dans le "RussiaGate" — la possible collusion du  candidat Trump avec le Kremlin pour sa campagne électorale — serait une erreur. Cette fois-ci, c'est toute la pyramide du pouvoir à la Maison Blanche qui pourrait être attaquée, avec, selon de nombreux analystes politiques, la possibilité de voir Donal Trump être finalement mis en cause directement par le procureur spécial Robert Mueller. Ce qui  amènerait potentiellement à une prodécure d'"impeachment" — autrement dit, une mise en accusation pouvant mener à une destitution. 

Fausses déclarations au FBI

Michael Flynn est l'un des protagonistes majeurs que la justice américaine tente de faire parler au sein de l'enquête qui tente de démontrer si le candidat Donald Trump a été aidé par la Russie pour  gagner l'élection présidentielle. Depuis le mois d'octobre 2016, ce sont 3 autres membres actifs de l'équipe de campagne de Trump qui ont été inculpés : George Papadopoulos (un expert en politique étrangère) — qui lui aussi plaide coupable pour fausses déclarations —  puis Paul Manafor, le directeur de la campagne électorale de Trump, et son adjoint, Rick Gates.

Flynn, quant à lui a été inculpé quatre jours seulement après la prise de fonction du nouveau candidat, alors qu'il venait juste d'être nommé  conseiller à la Sécurité nationale. L'accusation de" fausses déclarations" de ce 24 janvier 2017, concerne  les échanges qu'il niait avoir eus avec Sergueï Kisliak,  l'ambassadeur de Russie aux États-Unis entre l'élection de Trump et sa prise de fonction. Désormais, Flynn admet ces conversation et indique par son plaider coupable qu'il est prêt à collaborer avec le procureur spécial Robert Mueller, en charge de l'enquête.

> Accusations à l'encontre de Michael Flynn

Flynn et le limogeage du directeur du FBI

Michael Flynn, s'il s'est engagé à donner la teneur de ses conversations avec l'Ambassadeur de Russie aux Etats-Unis, au procureur spécial Robert Mueller, risque aussi d'être interrogé sur le limogeage du directeur du FBI, James Comey, le 29 mai 2017. Les raisons invoquées par Donald Trump de ce limogeage pourraient être contestées par Flynn : le président avait fait remettre en main-propre un courrier sous enveloppe à Comley qui contenait entre autres cette sentence exprimant clairement l'éviction du directeur du FBI : "je partage l’avis du département de la justice que vous n’êtes pas capable de diriger efficacement le Bureau".

Sauf que Comey avait — dès le début du mandat de Trump —résisté aux pressions du président qui lui demandait de façon insistante et répétée "d’arrêter l’enquête en cours" qui concernait plusieurs membres de son entourage de campagne en lien avec des officiels russes. Il semble que Comey ait consigné ces différentes demandes du président par écrit, en vue d'un futur procès. Si Flynn confirme les pressions de Donald Trump envers le directeur du FBI pour stopper l'enquête sur les relations avec la Russie, qu'il démontre au FBI que Trump a limogé Comey pour éviter que l'enquête puisse remonter jusqu'à lui, ce serait alors une bombe judiciaire qui ne pourrait qu'exploser. Donald Trump pourrait être accusé de "tentative d’entrave à la justice du président en personne" et "d'abus de pouvoir patents destinés à empêcher l’enquête le concernant".

Le gendre de Trump bientôt impliqué ?

Suites à l'accusation du FBI, Michael Flynn est resté à son poste 3 semaines. Et Trump, selon Comey, a insisté auprès de ce dernier pour "qu'on laisse tranquille Flynn", jusqu'à que Flynn ne se résigne à démissionner. C'est à ce moment précis que des fuites émanant de fonctionnaires du département de la justice — via des écoutes de la NSA — sont venues dévoiler la teneur des conversations entre Flynn et l'Ambassadeur russe Sergeï Kisliak : la levée des sanctions à l'égard de la Russie. La démission de Flynn ne pouvait qu'être actée à ce moment là.

Mais un autre personnage très important dans la victoire de Trump et relié à l'Ambassadeur de Russie se trouve être Jared Kushner, le gendre du président.  Kushner n'a jamais cessé depuis le début de l'affaire de demander "la peau" du directeur du FBI Comey et a eu de nombreux contacts avec l’ambassadeur russe Sergeï Kisliak.  Pas seulement au cours de la campagne mais aussi entre l'élection et la prise de fonction de Trump. La grande différence entre Jared Kushner et Michaeul Flynn réside dans un point très important : le gendre du président n'a jamais signalé ses rencontres avec l'Ambassadeur russe Kisliak, tout comme avec une avocate russe proche du Kremlin, ainsi qu'une institution financière russe soumise à… des sanctions américaines. 

Jared Kushner aurait dû déclarer ces rencontres au FBI pour obtenir son accréditation "top secret" à la Maison Blanche et il ne l'a pas fait. Et aujourd'hui, Flynn, au cœur des échanges avec la Russie accepte de parler au FBI. Cet homme a désormais le pouvoir d'impliquer le président américain et —potentiellement — d'accuser l'homme le plus puissant de la planète, de trahison, et de le faire destituer ?