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Etats-Unis : un tireur fait neuf morts dans une église

Le clocher de l'église Emanuel African Methodist Episcopal Church derrière le périmètre de sécurité de la police sur Calhoun Street, aux premières heures de ce jeudi 18 juin 2015, suite à la fusillade de mercredi soir qui a fait 9 morts à Charleston, aux Etats-Unis.
Le clocher de l'église Emanuel African Methodist Episcopal Church derrière le périmètre de sécurité de la police sur Calhoun Street, aux premières heures de ce jeudi 18 juin 2015, suite à la fusillade de mercredi soir qui a fait 9 morts à Charleston, aux Etats-Unis.
©AP/David Goldman

Un tireur blanc a fait neuf morts ce 17 juin au soir dans une église de la communauté noire de Charleston, en Caroline du Sud. L'auteur de la fusillade a été arrêté moins de 24 heures plus tard.

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La fusillade s'est produite vers 21 heures locales, soit 1 heure du matin TU, dans l'une des plus vieilles églises noires de la ville, l'Emanuel African Methodist Episcopal Church. Le tireur, qui aurait pour nom Dylann Roof, a fait feu pendant une séance d'étude de la bible, une pratique extrêmement courante dans les églises du sud des Etats-Unis, en semaine comme le dimanche.

Un suspect "très dangereux"

Le suspect qui a tué neuf personnes dans une église de la communauté noire de Charleston, aux Etats-Unis, a été identifié comme Dylann Roof, un jeune homme blanc âgé de 21 ans, selon le quotidien local Post and Courier, qui cite le FBI.

Dylann Roof a été arrêté moins de 24 heures plus tard, à l'issue d'une intense chasse à l'homme menée par les forces de l'ordre locales renforcées par les autorités fédérales.


"Comme vous pouvez l'imaginer, nous avons trouvé une scène très chaotique quand nous sommes arrivés", a souligné le chef de la police."A ce stade nous avons neuf victimes de ce crime hideux", a expliqué le chef de la police, Gregory Mullen, au cours d'une conférence de presse, estimant qu'il s'agissait "d'un crime motivé par la haine". Le chef de la police n'a pas donné de précisions sur les identités des victimes, dont 3 femmes et 6 hommes.

Tensions raciales

C'est un nouveau coup dur pour la communauté noire aux Etats-Unis. Même s'il s'agit à Charleston d'un incident de nature très différente, elle avait déjà été très éprouvée depuis l'été dernier par plusieurs homicides commis par des officiers de police blancs contre des hommes noirs non armés. Depuis Ferguson, à l'été 2014, et jusqu'à tout récemment à Baltimore, ces actes, qui restent souvent impunis, ont ravivé les tensions raciales dans le pays et renforcé la communauté dans l'idée que la vie des Noirs ne compte pas autant que celle des Blancs.

C'est l'avènement des smartphones dotés de caméras qui a permis de souligner l'ampleur du problème en révélant instantanément ces événements sur les réseaux sociaux et dans les médias.

Réactions

Les réactions à l'attaque de mercredi soir ont très rapidement afflué.

La gouverneure de Caroline du sud Nikki Haley a appelé à la prière "en soutien aux victimes de cet acte incompréhensible" lors des veillées prévues ce soir en différents points de la ville :

Jeb Bush, candidat républicain à la présidentielle, a indiqué sur son compte Twitter, que "nos pensées et nos prières vont aux individus et aux familles touchées par les tragiques événements de Charleston".

"Des nouvelles terribles de Charleston - mes pensées et mes prières sont avec vous tous", a aussi twitté Hillary Clinton, candidate démocrate à la présidentielle, qui était en réunion électorale à Charleston mercredi :

Mike Huckabee, un autre Républicain en course par la Maison Blanche, a également joint ses prières.

En revanche ni le président Barack Obama, ni la ministre de la Justice Loretta Lynch n'avaient encore réagi jeudi vers 06H00 GMT.

Cette fusillade s'ajoute à une longue liste de drames aux Etats-unis permis en partie par l'accès très facile à des armes puissantes et sophistiquées.

La dernière plus meutrière d'entre elles remonte au 16 septembre 2013, quand un homme travaillant pour un sous-traitant de la Défense a ouvert le feu dans des bureaux de la Marine à Washington, tuant 12 personnes, avant d'être abattu par la police.

En août 2012, un ancien soldat néo-nazi avait ouvert le feu contre une communauté sikh à Oak Creek, dans le Wisconsin (nord), tuant six fidèles.