Européennes 2014 : la montée annoncée de l'extrême droite

Marine Le Pen et le Néerlandais Geert Wilders, tête d'affiche de l'extrême droite de son pays. AFP.
Marine Le Pen et le Néerlandais Geert Wilders, tête d'affiche de l'extrême droite de son pays. AFP.

Des sondages menées par l'Institut français Ifop donnent le FN, Front national, d'extrême droite, première force politique à l’issue des élections européennes du 25 mai, en France, avec 24 % des voix. Si cette prévision se confirme, la France ne fera pas figure d’exception. Partis eurosceptiques et populistes de tous poils se préparent à s’installer durablement au Parlement européen. 

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Le parti de Marine Le Pen, le Front national à l'extrême droite, se frotte déjà les mains. Après son succès aux élections municipales françaises de mars 2014, il battrait selon une récente enquête, l’UMP et le PS, partis classiques de la droite et de la gauche qui se succèdent à la tête du pays. Les socialistes ne dépasseraient pas les 20%. En revanche, les grands défenseurs de l'Europe comme le Modem et l'UDI, centristes, font à peine 10%.
Même la presse allemande se fait écho de ce succès annoncé. Le quotidien Handelsblatt, spécialisé dans l’actualité économique, écrit : "Si les Français votaient aujourd'hui pour les élections européennes, le parti Front National, d'extrême droite obtiendrait 24% des voix, et deviendrait donc la première force du pays. Le parti profite du mécontentement de beaucoup de Français."  

La tournée europhobe de Marine Le Pen

Le FN compte bien continuer à marteler son message anti-européen, qui lui a valu l’adhésion de nombreux électeurs lors du dernier scrutin local dans l’Hexagone. Il compte aussi s’appuyer sur les forces qui relayent ce même message dans l’Union européenne.  On a vu Marine Le Pen faire sa tournée de l’extrême droite et faisant escale, notamment, en Italie. Elle y a rencontré Francesco Storace, figure de la droite de la droite de ce pays, afin de tisser des liens déjà très étroits avec ses homologues italiens.  

De même, elle s’est entretenue, fin 2013, avec le Néerlandais Geert Wilders, le chef du Parti pour la liberté (PVV) pour afficher une fois de plus l’image d’une union de partis europhobes. Même si ces alliances s’avèrent fragiles et compliquées avec le FPÖ autrichien, les Belges du Vlaams Belang ou les Démocrates suédois, la question de la présence d’un bloc de droites xénophobes et populistes se pose réellement.

Affiche de campagne de Ukip critiquant la libre circulation des travailleurs européens?
Affiche de campagne de Ukip critiquant la libre circulation des travailleurs européens?
L’euroscepticisme en guise de programme politique 

Ces formations politiques n’ont pourtant pas le monopole de l’euroscepticisme, voire europhobie. Presque une centaine de partis allant de l’extrême gauche, à la droite policée en passant par le centre, base son programme sur une critique acide de l’Europe "dominée par des technocrates".
C’est le cas de Nicolas Dupont-Aignan, patron de Debout la République et allié de fraîche date des eurosceptiques britanniques du parti Ukip (United Kingdom Independence Party).    

L’ancien candidat à la présidentielle française de 2012 affirme être différent du Front National tout en proposant à quelques mots près la même solution à la crise : "rapatrier 80% des pouvoirs vers la nation ; la loi, la frontière, la monnaie, le budget)." (Voir vidéo ci-dessous). Un terrain que les candidats semblables à Dupont-Aignan peuvent labourer allégrement sous le regard impuissant voire apathique des partis traditionnels. Dans l’Hexagone, par exemple, l’UMP (conservateurs) et le PS (socialistes) peinent à démarrer leur campagne.

La victoire de l’abstention  

Usés par les politiques de rigueur imposées par la Troïka (Espagne, Grèce, Italie) ou préoccupés par une supposée perte d’identité et de souveraineté (Belgique, Pays-Bas) de nombreux électeurs n’hésiteront pas à plébisciter les formations populistes. Comme ils le font localement depuis la fin des années 2000.  Et les autres ? Ils bouderont les urnes. 

En 1979, l’abstention atteignait 38% en moyenne lors du premier scrutin dans les neuf pays constituant la Communauté économique européenne (les six fondateurs plus le Royaume-Uni, l’Irlande, la Suisse ou le Danemark).  En 2009, elle culminait à 56,9% dans les 28 pays de l’Union européenne. Certains parient sur un taux semblable, voire plus élevé, pour les européennes de cette année.

La montée des partis populistes et eurosceptiques

26.04.2014Grand angle- 64' Le monde en Français
Sur le plateau du 64' l'eurosceptique Nicolas Dupont- Aignan et le documentariste Antoine Vitkine auteur d'un documentaire sur la montée des populismes en Europe, débattent de cette nouvelle victoire annoncée des camps anti-européens.
La montée des partis populistes et eurosceptiques