Incendie du centre de criminologie à Bruxelles : de nombreux dossiers détruits

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L'institut national de criminologie belge a été la cible d'un incendie criminel dans la nuit du lundi 29 août, à Bruxelles. Les cinq personnes, interpellées dans la journée, ont été relâchées, sans être inculpées.

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Cinq personnes ont été interpellées lundi matin mais elles ont été libérées dans l'après-midi sans être inculpées, a indiqué le parquet belge. Les cinq suspects appartenaient à "l'environnement immédiat de l'Institut" mais "ont été remises en liberté après audition. A ce stade, il n'a été procédé à aucune inculpation".

L'incendie qui a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi n'a fait aucun blessé. En raison de l'heure tardive, personne n'était présent dans le bâtiment. Le parquet a ouvert une enquête pour incendie volontaire et dégradation par explosions.
 


Pas choisi au hasard

L'enquête en cours envisage différentes pistes. Plusieurs individus peuvent en effet avoir intérêt à faire disparaître des éléments à charge de leurs dossiers judiciaires, et l'INCC est une institution scientifique du SPF Justice qui réalise des expertises judiciaires.

Etant donné qu'il s'agit d'un auxiliaire privilégié de la justice, le parquet estime que cet endroit n'a pas été choisi au hasard. L'INCC dispose d'informations sensibles en lien avec plusieurs enquêtes en cours et dossiers judiciaires.
 

Clôtures forcées

Les auditions des cinq suspects sont en cours pour déterminer de quelle manière ils pourraient être impliqués. Plusieurs auteurs ont forcé l'entrée du terrain de l'INCC au moyen de leur véhicule et ont pu atteindre l'aile abritant les laboratoires. L'usage d'une voiture-bélier pour pénétrer dans les bâtiments a été infirmé. Seules les clôtures ont été forcées.

Des témoins disent avoir entendu des explosions, mais leur origine n'a pas encore pu être déterminée. Le parquet de Bruxelles ne peut pas encore donner de détails sur le modus operandi en raison du fait que les expertises sur les lieux n'ont pas encore été réalisées, le bâtiment n'étant pas encore accessible.

Le service de déminage de l'armée est sur place et un expert incendie a été désigné. Il descendra avec le parquet sur les lieux dans la journée. Les dégâts au bâtiment sont importants, mais ne peuvent pas être quantifiés.

Des précédents


La Belgique compte plusieurs laboratoires d'analyses scientifiques et ce n'est pas la première fois que ce genre d'institution est la cible d'une attaque. On y trouve en effet des traces compromettantes pour de nombreux malfrats. Des preuves que certains ont déjà tenté d'effacer. Ce fut le cas notamment plusieurs fois à Loverval.

C'était en 2001 à l'Institut de pathologie génétique de Loverval, section ADN judiciaire. Le feu a été volontairement allumé à différents endroits. L'enquête démontrera que le but était clairement de détruire des preuves. Grâce à l'intervention rapide des pompiers, le pire a été évité.

Les tests ADN dérangent

Mais l'année suivante, en 2002, l'Institut est à nouveau la cible de deux incendies criminels. Pour l'un d'entre-eux, des malfaiteurs avaient placé deux bonbonnes de gaz reliées à une grenade, le tout avait été enduit d'un liquide inflammable. Manifestement, les tests ADN dérangent. Car le parquet de Charleroi et les juges d'instruction faisaient régulièrement appel à l'institut dans le cadre d'enquêtes criminelles.

En 2003, ce sont deux hommes munis d'armes de guerre qui ont bouté le feu en déversant 2 bidons d'essence.... A nouveau dans le même labo d'analyses ADN de Loverval.