Florence Cassez : la dernière issue

La première chambre de la Cour suprême du Mexique a rejeté mercredi 21 mars 2012 la proposition de libération immédiate de la Française Florence Cassez, condamnée à 60 ans de prison pour enlèvement. 

Deux juges se sont prononcés pour sa libération, deux contre et un pour un procès en révision. Faute de position majoritaire, un nouveau rapporteur doit être désigné pour rédiger un rapport qui sera encore soumis aux juges de la première chambre.

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Les Faits

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Rappel

21.03.2012Par Matthieu Vendrely
Soixante ans de prison. Autant dire une vie. C'est la lourde peine infligée en mars 2009 à Florence Cassez. Le Mexique ne prévoit pas de peine plus sévère. 
Dès son commencement, l'affaire semble pourtant très mal engagée.
Florence Cassez arrive à Mexico en 2003. Elle y rejoint son frère qui y a monté une entreprise. Fin 2004, elle rencontre Israel Vallarta. L'homme se dit vendeur de voitures. Le couple s'installe dans son ranch près de Mexico. C'est là que Florence Cassez et Israel Vallarta seront arrêtés le 8 décembre 2005. La police accuse Vallarta de diriger un groupe spécialisé dans les enlèvements, un véritable mal national au Mexique. 8000 mexicains seraient kidnappés contre rançon chaque année. Arrestation le 8 décembre, mais le lendemain, la police judiciaire fédérale rejoue l'arrestation pour les caméras de télévision. La libération de trois otages est également mise en scène. Les images sont présentées comme un reportage "en direct". En avril 2008, Florence Cassez est condamnée à vingts ans de prison. Son compagnon assure qu'elle est innocente. En appel, la peine de Florence Cassez est triplée : soixante années d'emprisonnement. En avril 2010,la justice mexicaine reconnaît que la police a menti en faisant croire que la Française avait été arrêtée "en direct" le 9 décembre 2005. Cette reconnaissance, ainsi que les soutiens de l'Eglise mexicaine ou d'un ancien ministre de la Justice, ne changeront pas radicalement la donne… En février 2011, la cour de Cassation rejette un pourvoi déposé par les avocats de Florence Cassez. Aux yeux de la justice mexicaine, la peine est définitive. Dernier recours, la Cour suprême du Mexique saisie en mars 2011 pour inconstitutionnalité… C'est elle qui s'est exprimée ce mercredi.


Tensions diplomatiques

L'affaire Florence Cassez a également été l'occasion de vives tensions diplomatiques entre la France et le Mexique. Paroxysme, en février 2011 : le gouvernement mexicain décide de se retirer de l'Année du Mexique en France, après la décision du Président Sarkozy de dédier l'événement à Florence Cassez. Deux ans plus tôt pourtant, Nicolas Sarkozy et son homologue mexicain Felipe Calderon s'étaient mis d'accord sur la création d'un groupe de travail franco-mexicain chargé de réfléchir à un éventuel transfèrement de Florence Cassez en France. Un accord très mal accueilli par la presse mexicaine et les associations de défense de victimes de rapts. Deux mois après cet accord, le président Mexicain refuse d'ailleurs un transfèrement de Florence Cassez dans une prison française en vertu de la Convention de Strasbourg. Les décisions sur le sort de Florence Cassez ont donc été jusqu'au bout une affaire strictement mexicaine.