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Florence Portelli :"Avec moi, les Républicains seront l'alternative crédible à Emmanuel Macron"

Portelli
Extrait du Journal International TV5MONDE de 10h (T.U) | 7 novembre 2017

Florence Portelli était l'invitée du rendez-vous politique du mardi dans le journal de 10h (T.U.) de TV5MONDE. La mairesse -les Républicains- de la ville de Taverny en banlieue parisienne est candidate à la présidente de sa formation politique, face à Laurent Wauquiez, le favori et à Maël de Calan. Un scrutin interne prévu en décembre 2017. 

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D'abord interrogée par David Delos sur les "Paradise Papers", Florence Portelli a réagi au fait que Dassault Aviation aidait ses clients à passer par l'île de Man (Ndlr: dépendance de la Couronne britannique) pour s’exonérer du paiement de la TVA sur leurs avions Falcon. Pour elle, "le droit ne fait pas une morale, néanmoins en dehors du droit, on peut s'interroger sur ce qui est éthique et moral".

Elle se distingue ainsi de la position de Gérard Longuet, poids-lourd de son parti, ancien ministre de la Défense et actuel sénateur, qui lui encourage l'optimisation fiscale. "L'impôt est un acquis de la Révolution française" renchérit-elle. "C'est un aussi un gage de participation à la vie citoyenne de son pays, donc je suis extrêmement respectueuse du fait de s'acquitter de sa dette vis-à-vis de la collectivité, vis-à-vis de la République. Ce n'est pas mon éthique. ce n'est pas ma morale." conclut-elle.

On sait plus qui on est

Cette passionnée de piano dresse le constat de la non-qualification des Républicains au second tour de la présidentielle du printemps 2017. Elle évoque un "parti en décomposition, qui souffre de problèmes récents et plus anciens. Il souffre d'une grande confusion idéologique que nos militants nous remontent à longueur de réunions. Elle estime que depuis la création de l'UMP (Ndlr: ex-dénomination du parti), que sa formation a trop "tripatouillé des alliances d'appareils, avec nos amis centristes, les libéraux, les démocrates-chrétiens, avec les Gaullistes et du coup, on arrive à un magma informe."
On ne peut pas être défenseur à l'Olympique de Marseille et être en même temps attaquant au Paris Saint-Germain...
Florence Portelli, candidate LR à la présidence du parti

Pour regagner en crédibilité, le parti doit selon elle, assumer ce qu'il est et appliquer réellement les programmes qu'il porte. Cette séguiniste (Ndlr: en lien avec le courant porté par feu Philippe Séguin, l'ancien président de l'Assemblée nationale) veut que son parti soit la première force d'opposition et l'alternative crédible à Emmanuel Macron qui selon elle, "ne fait pas ce qu'il faut pour notre pays".

Quand on lui rappelle néanmoins que de nombreux de ses collègues -les Républicains- ont cédé aux sirènes de l'ère Macron. Elle ironise. "La place devait être juteuse". Et même si plusieurs d'entre eux ont été exclus, elle rappelle que ces exclusions ont mis du temps à se concrétiser. L'incohérence, c'est que ces militants de l'entre-deux, appelés "constructifs" qui ont fait campagne avec l'argent du parti -les Républicains- doivent se décider. "Ces militants qui ont tous reçu 6.000 euros, siègent dans un autre groupe. Moi, je leur demande sincèrement de faire le choix. Si au mois de novembre, ils ne nous rejoignent pas, ça voudra dire qu'ils nous aurons quitté. Et dans ce cas là, je leur demanderai de rendre les 6.000 euros" clame t-elle.

A priori, peu expérimentée, avec un mandat de maire décroché en 2014, Florence Portelli, 39 ans, soutient qu'elle n'a pas peur du débat. "Je n'avais aucun problème à faire un débat télévisée que M. Wauquiez ne veut pas faire," martèle t-elle.  Elle indique que c'est elle, qui a poussé à l'organisation de ce débat, qui pour l'instant est en attente de finalisation.

Florence Portelli renvoit en tout cas, dos-à-dos, tous les membres de sa famille politique qui renoncent à la "fierté d'être droite" comme elle aime à l'indiquer.
Ceux qui naviguent dans les eaux d'Emmanuel Macron tout comme ceux qui surfent sur la vague du Front national.

Et de conclure de manière laconique : "Je propose un projet qui est très clair. S'il y a des gens qui ont envie d'aller derrière ce projet, ils seront les bienvenus. S'ils ont envie de faire autre chose et d'aller avec l'extrême-droite ou à la gauche du parti, ils ne seront pas les bienvenus..."