FMI, le choix du nouveau directeur général : une directrice

Les instances gouvernantes du Fonds monétaire international (FMI) ont annoncé avec deux jours d'avance le nom de leur nouvelle directrice générale, une première dans l'histoire de l'organisation financière internationale. C'est la Française Christine Lagarde actuelle ministre de l'Économie  et des finances de l'hexagone, qui a été choisie, afin de remplacer Dominique Strauss Kahn, accusé depuis le mois de mai de crimes sexuels contre une employée de l'hôtel Sofitel de New York.

Retour sur les atouts de la lauréate face à son concurrent mexicain. 

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Christine Lagarde

Son parcours

Christine Lagarde est née à Paris en 1956. Elle est diplômée de l'Université Paris-X (DESS de droit social), de Sciences-Po Aix-en-Provence et de la Holton Arms School (Bethesda, États-Unis).

Christine Lagarde entre en  1981 au bureau parisien du cabinet international Baker & McKenzie, où elle gravit tous les échelons, jusqu’à la présidence du comité stratégique mondial (2004-2005). Elle a vécu cinq ans à Chicago, au siège de Baker & McKenzie.
En 2005, elle intègre le gouvernement Villepin au poste de ministre déléguée au Commerce extérieur. Depuis, elle n’a pas quitté le gouvernement. En juin 2007 elle devient la première femme ministre de l’Économie en France. À Bercy, elle bat même le record de longévité détenu par Pierre Bérégovoy (trois ans, dix mois et dix-neuf jours).

Ses chances d’être élue au FMI

Dans la course à la tête du FMI, Christine Lagarde est favorite. Elle a gagné lundi un soutien de poids, celui de la Chine. Cela porte à dix le nombre d'administrateurs en sa faveur, en comptant les sept représentants de l'Union européenne, un Egyptien et un Togolais. Les Etats-Unis n’ont pas pris position officiellement, mais le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner a laissé entendre lundi que son pays pourrait se rallier à la candidature de la Française : "Je suis sûr que nous sommes sur le point de voir apparaître quelqu'un qui s'avère très bien soutenu", a-t-il affirmé.

Elle pourrait également bénéficier de la « règle » entre Européens et Américains. En effet, depuis 1946, une convention tacite donne aux premiers la direction du FMI et aux seconds la présidence de la Banque mondiale.

Son principal handicap

Elle est soupçonnée d’abus de pouvoirs sociaux dans l’affaire Tapie - l'homme d'affaires avait touché des dédommagements publics très conséquents pour solde de la vente d'Adidas.

Agustin Carstens

Son parcours

Agustin Carstens est né en 1958 à Mexico. Diplômé de l’université de Chicago, il est directeur adjoint du FMI entre 2003 et 2006, puis ministre des Finances de l’actuel président Felipe Calderon. Il est actuellement gouverneur de la Banque centrale du Mexique.
 
Ses chances d’être élu au FMI

Le Mexicain fait figure d’outsider face à sa rivale française mais il a l’avantage de connaître l’institution, puisqu’il en a été directeur adjoint entre 2003 et 2006.
Il peut se prévaloir de quatre soutiens parmi les administrateurs du FMI : son compatriote mexicain, l’Argentin, l’Australien et le Canadien. Un cinquième, brésilien, a laissé entendre qu'il se joindrait à eux.

Son principal handicap

Depuis 1946, jamais un non-Européen n’a été élu à la tête du Fonds. Agustin Carstens mise donc sur le soutien des pays émergents, ceux qui par le passé ont eu à subir les foudres du FMI. Mais il est pénalisé par la désunion des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), puisque la Russie et la Chine se sont prononcées en faveur de Christine Lagarde.