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France-Chine : un satellite commun pour scruter les océans

Satellite France-Chine
© TV5MONDE

Harvey, Irma, José... Des prénoms associés à la série noire d’ouragans dévastateurs de l’été 2017. Comment mieux prévoir la météo marine et ces phénomènes extrêmes ? C’est l’objectif principal du premier satellite franco-chinois qui sera placé en orbite en 2018.

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Son nom : CFOSat pour China-France Oceanography SATellite (Satellite océanographie Chine-France). Sa mission : étudier les vents et les vagues à la surface des océans pour améliorer les prévisions météorologiques marine.

Dévoilé le 20 octobre 2017 par le Centre national d’études spatiales (CNES), agence française, et son homologue chinois CNSA (China National Space Administration), le petit engin d’environ 650kg va concrètement servir « à mieux prévoir les fortes tempêtes, les cyclones ou encore les vagues pour tout ce qui est loisirs côtiers », explique à l’AFP, Danièle Hauser, responsable scientifique côté français. Avec quelle technologie ? Le nouveau satellite sera équipé de deux radars : le SWIM développé par la France pour mesurer la direction, l’amplitude et la longueur d’ondes des vagues, et le SCAT chinois pour l’analyse de la vitesse et de la direction des vents. 

Le satellite permettra aussi aux climatologues de mieux comprendre les interactions entre les océans et l’atmosphère. « On peut penser que si on prédit mieux les changements de climat, on saura mieux les prévenir », souligne Patrick Castillan, chef du projet au CNES. D’autant plus que l’océan est, pour la première fois, devenu l’un des sujets majeurs des négociations climatiques à la COP21 à Paris en 2015.

La Chine à la conquête du spatial


Le projet CFOSat, inédit pour les deux pays, avait à l’origine été proposé aux agences spatiales françaises et européennes. Mais le rapprochement franco-chinois sur l’espace depuis une décennie, à jouer en faveur de la Chine : « Il y a une partie politique, clairement. Et il y a aussi une partie opportunité, car la France et la Chine étaient toutes les deux intéressées par une mission d’océanographie », explique Danièle Hauser. 

Une mission qui confirme aussi les ambitions spatiales de la Chine, deuxième puissance économique mondiale : « Explorer le vaste cosmos, développer une industrie spatiale et faire de la Chine une puissance spatiale est un rêve que nous poursuivons inlassablement », peut-on lire dans le livre blanc (en anglais) de la Chine dévoilé en 2016, comme le rappelle France Inter.

Le lancement du satellite, prévu en 2018, décollera de la fusée chinoise « Longue Marche » pour une durée de vie de trois ans.