France : François Hollande face à la presse

Le président François Hollande donnait aujourd'hui sa troisième conférence de presse depuis le début de son mandat. Devant près de 600 journalistes, le président français a défini son cap économique et social pour 2014 dans un climat troublé à la suite des révélations sur sa vie privée. Il est aussi revenu sur la présence militaire française en Centrafrique et au Mali. Déclarations clés et analyse.

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France : François Hollande face à la presse

14.01.2014
Devant la presse internationale, le président François Hollande a voulu donner le cap 2014 de sa présidence. Premier sujet abordé : l'économie. "Si la France entend peser (...), elle doit impérativement retrouver de la force économique, or elle en a perdu ces 10 dernières années", a-t-il souligné au tout début de sa prise de parole.

François Hollande s'est arrêté sur les difficultés économiques et sociales de la France. Il a reconnu ne pas avoir encore "gagné la bataille pour l'emploi". Les premiers résultats du gouvernement sont encore, selon lui, "trop fragiles". Le France 2014, sera celle de la croissance. Entre autres réformes à venir sur le coût du travail, les entreprises, la simplification des procédures, un conseil stratégique de la dépense publique sera créé. Avec le Pacte de responsabilité, présenté officiellement le 21 janvier prochain, le gouvernement engagera aussi sa responsabilité devant l'Assemblée nationale. 



Mali

Le président François Hollande est revenu sur l'action militaire française Serval lancée au Mali depuis le 11 janvier 2013 (retrouvez notre dossier ). Il affiche un bilan positif de cette mission : "les djihadistes ont été vaincus, des élections ont eu lieu - présidentielle et législatives, l’État se reconstitue, l'aide au développement peut enfin être mise à la disposition", a-t-il souligné. "Il y a des moment où il faut saluer des victoires. Victoire contre le terrorisme, pour la démocratie, pour le développement."

Le président n'a pas oublié de saluer le travail des militaires français : "Je veux rendre hommage aux soldats qui ont combattu dans des conditions extrêmement difficiles. (...) Mais l'opération va s'achever." François Hollande n'a pas manqué de rappeler les effectifs actuels présents au Mali, soit 1600 hommes qui devraient être réduits à 1 000 hommes à la fin du printemps 2014.





Centrafrique

Autre conflit, toujours en Afrique. François Hollande a profité de ses vœux à la presse pour aborder à nouveau les raisons de l'action française en Centrafrique : "La France a, là aussi, été appelée, pas par un dictateur ou un chef d’État en péril, mais par la communauté internationale, par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, par les Africains pour éviter une catastrophe humanitaire qui avait déjà été suffisamment probante." Par ses mots, le président souligne à nouveau le caractère inévitable, selon lui, de l'action française qui ne fait que commencer : "Nous n'avons pas terminé le travail. Nous allons le continuer mais dans un contexte forcément différent d'abord parce que l'Europe va venir." Elle aura aussi une fin, pas encore esquissée : "Quand la mission aura rencontré le succès attendu, ces forces rentreront."

Action mais pas ingérence de la France : "Nous n'avons pas vocation à choisir les dirigeants de la Centrafrique. La France aide mais ne se substitue pas. (..) Ce temps est révolu", a déclaré le président.






Europe

Dernier sujet fort abordé au cours de son allocution avec la France dans l'Union européenne : "l'avenir de la France, c'est aussi l'avenir de l'Europe." Et apparemment surtout avec l'Allemagne semble-t-il. Une réunion est prévue le 19 janvier entre les ministres franco-allemands. "Nous allons poser un principe, la Chancelière et moi-même. Que
nos deux gouvernements se coordonnent en amont sur tous les grands projets
", a déclaré le président français.




Vie privée

Après un message pour les otages français dans le monde, les questions des journalistes au président ont débuté. La première, celle tant attendue par la presse française et internationale, porte sur sa vie privée, déballée ces derniers jours dans les magazines. On lui prête une liaison avec l'actrice française Julie Gayet. Alain Barluet, président de l'association de la presse présidentielle pose le premier la question :" Valérie Trierweiler est-elle toujours la première dame ?". Après un court silence, réponse ferme du président : "J'ai un principe : c'est que les affaires privées, se traitent en privée dans une intimité respectueuse de chacun. Ce n'est donc ni le lieu ni le moment de le faire." Il a toutefois indiqué qu'il clarifiera sa situation personnelle avant un déplacement aux États-Unis le 11 février. Répondant encore à l'une des questions sur sa vie privée, le président a déclaré ne pas vouloir porter plainte contre le magazine ayant révélé sa relation avec l'actrice pour ne pas abuser de son immunité. Tout en soulignant son "indignation totale" suite à cette publication.

Analyse avec Olivier Cimelière, PDG d'Euristik Communication, auteur du Blog du communicant 2.0

14.01.2014Interviewé par Mohamed Kaci
Analyse avec Olivier Cimelière, PDG d'Euristik Communication, auteur du Blog du communicant 2.0