France : la gauche grande perdante des élections municipales

Un panneau publicitaire de la mairie de Roubaix (Nord) pour le vote des habitants aux municipales du 23 et 30 mars 2014.  (PHILIPPE HUGUEN / AFP)
Un panneau publicitaire de la mairie de Roubaix (Nord) pour le vote des habitants aux municipales du 23 et 30 mars 2014. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Le deuxième tour des élections municipales en France se révèle douloureux pour le gouvernement et la gauche en général . De nombreuses villes basculent à droite. Le Front National emporterait même plusieurs villes.

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Les Français ont repris le chemin des urnes dimanche pour un second tour des municipales, et les prévisions pessimistes pour la gauche se sont concrétisées. A 20 h (heure locale), soit 18 h TU, les premiers résultats et estimations marquent déjà une série de victoires pour la droite.
Toute une série de villes importantes passent du Parti Socialiste à l'UMP : Quimper, Reims, St. Étienne, Roubaix, Angers,... A Pau, le PS cède la mairie à François Bayrou du Modem (centre).
Jean-François Copé, président de l'UMP, a salué "une vague bleue", la "première grande victoire" de son parti à une élection locale. La droite les avait toutes perdues sous le quinquennat Sarkozy à partir des municipales de 2008.

A l'inverse, Ségolène Royal (PS), citée comme possible entrante au gouvernement, a vu dans ces résultats "un avertissement très sévère". Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, a évoqué "des résultats mauvais pour la gauche, décevants".

Bons résultats du FN

Le Front National(extrême-droite) engrange aussi des victoires. Après Hénin-Beaumont au premier tour, il prend la mairie à Fréjus et Béziers, ainsi que dans au moins 5 autres villes.
Il échoue néanmoins à Avignon où il était en tête au premier tour. Les Avignonais ont élu la candidate socialiste. Une consolation pour le PS, ce serait la seule ville d'importance a être prise à la droite.
Le PS réussit également à conserver Paris et Lille.

Il s'agit du premier scrutin national pour François Hollande depuis le début de son quinquennat, en mai 2012, et l'ampleur de la déconvenue socialiste renforce l'hypothèse d'un remaniement ministériel rapide, désormais jugé inéluctable.
La grosse inconnue demeure le maintien de Jean-Marc Ayrault à son poste, les deux noms les plus souvent cités pour son remplacement éventuel étant ceux de Manuel Valls et Laurent Fabius. François Hollande devrait prendre sa décision en tout début de semaine, peut-être dès lundi.

La mobilisation était l'un des enjeux majeurs de ce second tour, après l'abstention record enregistrée la semaine dernière (36,45%), nettement plus parmi les sympathisants de gauche que ceux de droite, selon les sondages. Du coup les responsables socialistes n'ont eu de cesse d'appeler l'électorat de gauche à se mobiliser pour espérer limiter les dégâts.
L'appel n'a pas été entendu : selon des estimations Ifop-SAS et CSA, la participation finale s'élèverait dimanche à 61,5%, soit une abstention record autour de 38,5% pour ce type de scrutin. Harris Interactive et OpinionWay mesuraient, de leur côté, 38% d'abstention au niveau national.

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