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France : la semaine où le climat politique est devenu explosif

Provocations de l'extrême gauche, invectives des élus de droite suite à la Manif pour tous et l’inculpation de Sarkozy... Le discours politique en France s'est radicalisé ces derniers jours. Que signifient ces débordements en série ? 

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“Les affrontements étaient plus virulents sous la IIIème République“

Décryptage de Jean-Daniel Lévy, directeur du département Politique et Opinion de l'Institut Harris Interactive

29.03.2013Propos recueillis par L.C.
Que signifie cette surenchère ?

Aujourd'hui il y a peu de personnes qui soutiennent fermement François Hollande. Dix mois après l'élection de Nicolas Sarkozy, des inconditionnels exprimaient leur soutien enthousiaste au président. La situation actuelle permet des formes de débordements et de pression, motivés par différents objectifs.
Le Parti de gauche parie que comme en Amérique du Sud, une gauche plus à gauche et très critique finira par arriver au pouvoir. La droite, elle, n'a jamais accepté la victoire d'Hollande, et elle cherche tout type d'événement pour exprimer son insatisfaction. Concernant la mise en examen de Sarkozy, les prises de paroles sont plus défensives qu'offensives pour soutenir le chef naturel de la droite.

Pourquoi des propos si violents ?

Quand on n'entrevoit pas de perspective il y a une forme de radicalisation qui se noue, et aujourd'hui il n'y a pas de perspective. Ensuite, on est entré dans des phases de communication qui sont nettement différentes de ce qui existait par le passé : le développement des chaînes d'information en continu et des réseaux sociaux participent de l'idée selon laquelle il faudrait faire le buzz, créer l'événement, avoir des phrases chocs pour pouvoir être repris et cela entraîne donc une forme de simplification, de compression dans la prise de parole.

Est-ce que c'est nouveau ?

Nous sommes face à des moments qui peuvent paraître virulents, mais si on prend les débats parlementaires, on est dans des langages toujours très épurés. On a connu notamment sous la IIIeme République des affrontements nettement plus virulents que ce à quoi on a pu assister ces derniers jours. Par exemple, à l'époque de Clémenceau, les invectives et les insultes étaient vraiment présentes.

A qui ce climat va profiter ?

En général à l'abstention et dans certaines circonstances, au Front National. On a pu le voir au cours de la dernière législative partielle dans l'Oise, où l'UMP l'a emporté de justesse face au FN.