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France : mort du syndicaliste François Chérèque

François Chérèque, qui avait dirigé la CFDT, 2ème syndicat français de 2002 à 2012, est mort lundi 3 janvier 2017, à l'âge de 60 ans. 
François Chérèque, qui avait dirigé la CFDT, 2ème syndicat français de 2002 à 2012, est mort lundi 3 janvier 2017, à l'âge de 60 ans. 
©Tv5monde

François Chérèque, ex-dirigeant de la CFDT, est décédé lundi, entraînant une salve d'hommages à un "grand syndicaliste" et un "réformiste". Sa famille a annoncé son décès, "à la suite d'une longue maladie", à l'âge de 60 ans.

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Né le 1er juin 1956 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), François Chérèque a dirigé la CFDT, deuxième syndicat français entre 2002 et 2012.

Président de l'Agence du service civique depuis 2014, il avait quitté ses fonctions en juin 2016 pour raisons de santé. Il "a mis pendant près de 3 années toute sa force d'action et sa conviction au service de l'engagement des jeunes, en faveur d'une société solidaire et fraternelle", a salué son équipe.

"Réformiste mais impatient"


Celui qui se disait "réformiste mais impatient" - le titre de son livre publié en 2005 -, a été souvent critiqué pour sa "volonté de signer".

Il avait plongé la CFDT dans une longue crise interne en validant la réforme des retraites en 2003, entraînant un départ massif d'adhérents vers d'autres syndicats.
Son décès a déclenché de nombreuses réactions politiques, à gauche comme à droite, et aussi côté syndical.

Très ému, Laurent Berger, l'actuel numéro un de la CFDT, a estimé que sa confédération et le syndicalisme français perdaient "une grande figure qui a fait de la lutte syndicale un engagement personnel".
"Au delà de nos désaccords, François était cordial, direct", a relevé Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO.

François Hollande a loué son "syndicalisme résolument réformiste". Le porte-parole du gouvernement et ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a regretté un "homme sincère et profondément humaniste", Myriam el Khomri (Travail) a évoqué son "éthique au service des salariés", quand Jean-Marc Ayrault (Affaires étrangères) regrettait un "homme de dialogue" et Annick Girardin (Fonction publique) un "fervent défenseur du dialogue social".
                  

Une certaine idée du réformisme

                  
Parmi les candidats à la primaire de la gauche, Manuel Valls et Benoît Hamon ont rendu hommage à un "grand syndicaliste". Et pour le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, François Chérèque "incarnait une certaine idée du réformisme".

A droite, Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre lors de la signature de l'accord sur les retraites en 2003, évoque le "+Gd+ (grand, NDLR) pas pour la sauvegarde" du régime alors "franchi" avec lui. Et le candidat à la présidentielle François Fillon, alors en charge du dossier en tant que ministère des Affaires sociales, se rappelle qu'avec ce leader syndical, "le dialogue était franc mais toujours constructif". Pour le président du Sénat, Gérard Larcher (Les Républicains), avec François Chérèque, "le dialogue social prenait tout son sens".

François Chérèque a longtemps été éducateur spécialisé au centre hospitalier de Digne (Alpes-de-Haute-Provence).
Son père, Jacques, ancien métallo, fut secrétaire général adjoint de la CFDT (1979-1984) et ministre délégué à l'Aménagement du territoire et aux reconversions sous le gouvernement Rocard (1988-1991).

François, qui a eu deux fils, s'est fait un prénom en gravissant peu à peu les échelons de la CFDT. En 1996, il devient secrétaire général de la fédération Santé Sociaux, la plus importante du syndicat. Candidat à la succession de Nicole Notat, il est élu à la tête de la CFDT en mai 2002, au lendemain du revers électoral de la gauche. Alors inconnu du grand public, il mettra plusieurs années à conquérir l'appareil, allant sans cesse au contact des militants sur le terrain.

Ses interventions médiatiques sont souvent l'occasion de coups de sang. L'ex-deuxième ligne de rugby ne mâche pas ses mots quand il accuse Nicolas Sarkozy de "démagogie populiste" lorsque ce dernier s'en prend aux syndicats pendant la campagne présidentielle de 2012.

En passant la main à son dauphin Laurent Berger en novembre 2012, le tempétueux syndicaliste rejoint l'Inspection générale des affaires sociales et est chargé du suivi du plan gouvernemental sur la pauvreté. Au même moment, il prend aussi la présidence de Terra Nova, centre de réflexion proche du PS.

Retrouvez ici François Chérèque dans l'émission "L'invité" sur Tv5 monde, le 26 septembre 2011.