France : premier tour des élections législatives

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Par nos partenaires de France 3

Le mandat de l'Assemblée nationale en France est de cinq ans, et c'est aujourd'hui que les électeurs sont appelés à la renouveler. Cinq semaines après l'élection présidentielle, la prochaine majorité s'annonce profondément bouleversée avec l'affaiblissement des partis traditionnels face à la République en Marche. A midi, le taux de participation atteignait 19,24%, et de 40,75% à 17h, selon le ministère de l'Intérieur. En 2012, il était de 21,06% à midi et 48,31% à 17h.

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Quelque 47 millions d'électeurs sont appelés aux urnes ce dimanche, 5 semaines après l'élection présidentielle, pour élire une Assemblée nationale promise à un profond renouvellement, avec l'affaiblissement des partis traditionnels face à la République en marche, grande favorite des sondages, et l'interdiction du cumul des mandats.  Les français de l'étranger se sont déjà prononcés pour ce 1er tour, et en outre-mer, c'est hier que l'on votait. Aujourd'hui, en Métropole, les bureaux de vote ouvrent à 8 heures et ferment à 18 heures, ou 20 heures dans les grandes villes.


Quelque 7 877 candidats, dont un peu plus de 42% sont des femmes, se disputent 577 sièges. Les sondages prédisent un net succès au parti présidentiel de la République en marche (REM), mais l'abstention pourrait atteindre un niveau record sous la Ve République, ce qui introduit un élément d'incertitude. Elle est évaluée entre 40% et 51% dans les dernières enquêtes.

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Sécurité renforcée

​Comme pour la présidentielle, 50 000 policiers et gendarmes sont mobilisés pour sécuriser le scrutin, dans le cadre d'un dispositif sécuritaire renforcé sur fond de menace terroriste, quatre jours après l'attaque d'un policier devant Notre-Dame de Paris, et alors que la campagne tout juste achevée des législatives britanniques a été endeuillée par des attentats.

Mobilisation limitée en outremer et à l'étranger

Les électeurs ultramarins d'Amérique, consultés dès samedi, se sont pour la plupart moins mobilisés qu'il y a cinq ans, à l'exception de l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon (59% de participation), où la ministre des Outres-Mer Annick Girardin (PRG), a été mise en ballottage. En 2012, elle avait été élue dès le premier tour. 


Les Français de l'étranger qui ont voté par anticipation le week-end dernier ont, eux, plébiscité les candidats de la REM, en mesure de l'emporter dans dix des onze circonscriptions en jeu.

Plus l'abstention sera forte, plus il sera difficile d'éviter de disputer un second tour dans une semaine: il faut réunir à la fois la moitié des suffrages exprimés et le soutien d'au moins 25% des inscrits pour échapper au ballottage.

Un exploit politique ? 

La République en Marche (REM) est créditée d'environ 30% d'intentions de vote, ce qui pourrait lui permettre de dépasser la majorité absolue (289) dans la nouvelle Assemblée, avec selon les projections de 370 à plus de 400 députés. Le Premier ministre Édouard Philippe, qui espère une solide majorité pour appuyer son gouvernement, est pourtant resté prudent jusqu'au dernier jour de campagne : "Ce n'est jamais acquis", a-t-il dit vendredi.

Si Emmanuel Macron obtient la majorité absolue, "ce serait un exploit politique total. Cela signifierait, en tout cas pour quelque temps, la destruction des partis traditionnels", analyse Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel. "L'effet de souffle de la présidentielle" fait que les intentions de vote en faveur des candidats de la REM dépassent souvent largement le score réalisé par Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle, note pour sa part Frédéric Dabi, directeur-adjoint de l'Ifop.

Derrière, Les Républicains sont crédités de 20% à 23% d'intentions de vote et de 100 à 150 sièges, ce qui en ferait le deuxième groupe parlementaire.

Une débâcle s'annonce pour le Parti socialiste au pouvoir depuis 2012, crédité de moins de 10% des intentions de vote. Alors qu'il avait fait élire près de 300 députés dans la dernière législature, il pourrait en garder à peine le dixième.

Quant au Front national et à La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, qui s'annoncent comme les troisième et quatrième forces électorales du pays en voix, ils semblent dans l'impossibilité de capitaliser sur le bon score de leurs candidats à la présidentielle. Ils espèrent surtout obtenir suffisamment de députés (15) pour former un groupe à l'Assemblée.

Renouvellement assuré

Cinq semaines après l'élection d'Emmanuel Macron, l'affaire immobilière impliquant Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires et candidat REM dans le Finistère, semble avoir eu un impact très limité sur les intentions de vote, selon les sondeurs, qui estiment en revanche que le débat sur la réforme du Code du travail pourrait peser.

Une certitude, le renouvellement de l'Assemblée est assuré avec près de 40% des députés sortants qui ne se représentent pas, l'entrée en vigueur de la loi sur le non-cumul des mandats et l'émergence d'une nouvelle génération de candidats.