France : qui dans le nouveau gouvernement ?

François Hollande et Manuel Valls avant le Conseil des ministres du 4 avril.
François Hollande et Manuel Valls avant le Conseil des ministres du 4 avril.
(photo AFP)

Si François Hollande ne s’exprimera pas sur le remaniement ministériel dans l’immédiat, a confié lundi matin l’entourage du président au Monde, de nombreuses questions se posent sur cette crise gouvernementale.
Quels sont les scénarios et personnalités qui sont retenus ? En attendant de connaitre les nouveaux entrants, Arnaud Montebourg, ministre de l'Économie du gouvernement démissionnaire de Manuel Valls  a fustigé la réduction des déficits, évoquant une "absurdité financière"

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(article actualisé à 18h30)

URGENCE


Après les sorties remarquées du ministre de l’économie, Arnaud Montebourg, et du ministre de l’éducation, Benoît Hamon, appelant à changer de cap économique, l’Élysée a annoncé lundi 25 août la dissolution du gouvernement de Manuel Valls.
La nouvelle équipe gouvernementale devrait être annoncée mardi, selon le communiqué de l’Élysée. Cela laisse peu de temps à Manuel Valls qui, par ailleurs, était reçu à  l' Élysée à 18h30 par le Président François Hollande pour "faire le point sur ses consultations".

Montebourg : la réduction des déficits est une “absurdité financière“
Montebourg : la réduction des déficits est une “absurdité financière“
(capture d'écran)
Arnaud Montebourg a été brièvement reçu à Matignon lundi après-midi par le Premier ministre.
Aucune déclaration n'a filtré de cette rencontre.
Mais le ministre de l'Économie du gouvernement démissionnaire de Manuel Valls, s'est exprimé à 16h50 depuis son ministère.

Et le ton était vif :

"Aujourd'hui, le monde entier nous presse, nous supplie même de faire cesser ces politiques d'austérité absurdes qui continuent d'enfoncer la zone euro (...), bientôt dans la déflation" (…) "Erreurs et entêtements absurdes ont ouvert des questionnements, des débats, et des désaccords" (…) "les politiques d'austérité ne marchent pas et en plus d'être inefficaces, sont injustes". (…)"Il existe un autre chemin pour l'Europe" (...) "J'ai adressé au chef de l'exécutif des notes et des lettres pour tenter d'adjurer le président de la République de faire cesser des politiques qui portent des risques pour notre économie. La France est à l'arrêt et le chômage poursuit sa progression pendant que partout ailleurs, il baisse. Nous avons la responsabilité imminente d'interrompre le coulage de l'économie par l'austérité. C'est donc avec la fierté du devoir accompli que j'ai indiqué cet après-midi à monsieur le Premier ministre que s'il jugeait que je me trompais, que je croyais nécessaire de reprendre ma liberté comme il accepté de me la rendre"
Benoit Hamon, ministre de l'Education, devrait lui aussi quitter l'exécutif.

La ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti a déclaré à l'AFP qu'elle ne serait "pas candidate à un nouveau poste ministériel", préférant "la loyauté à ses idéaux" au "devoir de solidarité" gouvernementale  (cliquez sur le document en bas à droite).

Se pose ensuite la question du sort de celui de la ministre de la justice, Christiane Taubira. Selon une journaliste de BFM, la ministre de la justice a en effet envoyé durant le week-end un message de soutien à Arnaud Montebourg et à Benoît Hamon.

La lettre de démission de Aurélie Fileppetti, ministre française de la Culture
La lettre de démission de Aurélie Fileppetti, ministre française de la Culture
Qui pourrait entrer au gouvernement?

L’Elysée a demandé à Manuel Valls de former « une équipe en cohérence avec les orientations qu’il a lui-même définies pour notre pays». Si plusieurs ministres sont poussés vers la sortie, il faudra donc leur trouver des remplaçants correspondant à cette ligne politique. L’enjeu pour François Hollande et Manuel Valls est maintenant de parvenir à former un gouvernement qui ne soit pas réduit à une fraction du Parti socialiste et au Parti radical de gauche.

L’entrée d’écologistes dans le nouveau gouvernement est évoquée. La secrétaire nationale du parti, Emmanuelle Cosse, aurait prévenu par la voix de son entourage: « Si des écolos deviennent ministres, c’est en leur nom propre" et précisant : "Les conditions d'une participation au gouvernement n'était pas réunies en avril, elles le sont encore moins aujourd'hui" après que Manuel Valls a annoncé la démission de son gouvernement.
Un bureau exécutif qui s'est tenu ce lundi a été "unanime" sur la non-participation au nouveau gouvernement Valls : "la réalité étant qu'on ne peut pas discuter d'un changement de cap".

Combien de temps a duré le gouvernement de Manuel Valls
?


Formée au lendemain de la défaite aux élections municipales, l’équipe de Manuel Valls était pensée comme un «gouvernement de combat». Mais miné par les voix discordantes, le gouvernement de Manuel Valls n’aura duré que 147 jours.

Une dissolution de l’Assemblée nationale est-elle à envisager?

Les appels à une dissolution de l’Assemblée nationale se multiplient dans l’opposition.
Le gouvernement dispose encore d’une majorité dans l’Hémicycle, comme l’a montré le vote en juillet du projet de loi de finances rectificative pour 2014, malgré l’abstention de trente-cinq «frondeurs». L’Élysée n’aurait donc aucun intérêt à opter pour une dissolution qui pourrait aboutir à une cohabitation.
En revanche, l’hypothèse pourrait devenir crédible si Arnaud Montebourg, qui a été le principal déclencheur de cette crise gouvernementale, venait à fédérer les mécontents au sein du groupe socialiste. Un scénario qui n’est pas du tout d’actualité.

Tempête au sommet de l'Etat français

64' TV5MONDE

25.08.2014Commentaires : François-Xavier Freland / Montage : M. Mormil
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