France : un 1er mai très politique

Cinq jours avant le second tour de l'élection présidentielle, le 1er mai français prenait une dimension de symbole et d'enjeu. Face aux défilés traditionnels des syndicats et de la société civile, le candidat-président Nicolas Sarkozy, soucieux de clivages et en rupture avec les "corps intermédiaires" avait appelé à une fête "du vrai travail", transformé en "vraie fête du Travail", puis en "rassemblement autour du travail". Et comme chaque année, le Front national se retrouvait non loin de la statue de Jeanne d'Arc. Ambiances de familles.

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Le 1er mai des syndicats et de la gauche...

01.05.2012
A Paris, plus de 150 000 manifestants (250.000 selon la CGT), - quatre fois plus qu'en 2011- ont défilé durant près de six heures à l'appel, notamment, des grandes centrales syndicales (CGT, CFDT, UNSA) dans une ambiance détendue mais motivée, marquée à la fois par l'imminence du second tour de l'élection présidentielle et l'appel au contre-premier mai du "vrai travail" de Nicolas Sarkozy, ressenti comme une insulte.


... celui de Nicolas Sarkozy...

Devant plusieurs dizaine de milliers de manifestants (200 000, selon lui) massés place du Trocadéro, Nicolas Sarkozy a revendiqué le droit de manifester un 1er mai sous les "drapeaux tricolores".
Il a exhorté les syndicats: "Posez le drapeau rouge et servez la France!", "laissez de côté les partis". Ceux qui défilent aux côtés de syndicats le font "non pas pour le travail mais contre nous".

...celui de Nicolas Sarkozy...


... et celui du Front national

Un peu plus tôt, non loin de là, plusieurs milliers de sympathisants frontistes avaient ovationné leur championne sous une nuée de drapeaux tricolores. "Sarko-Hollande c'est pareil", "ni droite ni gauche, bleu marine", "on est chez nous", scandaient des manifestants.
Le cortège a déposé une gerbe sous la statue de Jeanne d'Arc avant d'écouter Place de l'Opéra le discours de Marine Le Pen qui, sans surprise, a renvoyé dos-à-dos Nicolas Sarkozy et François Hollande: le 6 mai ce sera "un simple employé de la BCE qui sera élu", a-t-elle lancé. "Vous voterez en votre conscience librement", a-t-elle dit à ses 6,4 millions d'électeurs du premier tour. Pour sa part, elle "votera blanc".

... et celui du Front national