France : un deuxième tour des municipales difficile pour la gauche

Un panneau publicitaire de la mairie de Roubaix (Nord) pour le vote des habitants aux municipales du 23 et 30 mars 2014.  (PHILIPPE HUGUEN / AFP)
Un panneau publicitaire de la mairie de Roubaix (Nord) pour le vote des habitants aux municipales du 23 et 30 mars 2014. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Avec une participation en baisse à la mi-journée, le deuxième tour des élections municipales en France pourrait se revéler douloureux pour le gouvernement et la gauche en général . De nombreuses villes sont menacées de basculer à droite.

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Les Français ont repris le chemin des urnes dimanche pour un second tour des municipales, un scrutin à haut risque pour le pouvoir socialiste au vu des résultats du premier tour.  
Les bureaux de vote ont ouvert à 8H00 (heure locale) en métropole. Les électeurs de Nouvelle-Calédonie avaient été les premiers à voter, la veille au soir heure de Paris compte-tenu du décalage horaire. A la Réunion et à Mayotte - où le scrutin est maintenu malgré une alerte orange au cyclone tropical - les électeurs ont commencé à voter également plus tôt dans la matinée.

Il s'agit du premier scrutin national pour François Hollande depuis le début de son quinquennat, en mai 2012, et l'ampleur de la déconvenue socialiste au premier tour renforce l'hypothèse d'un remaniement ministériel rapide, désormais jugé inéluctable.
La grosse inconnue demeure le maintien de Jean-Marc Ayrault à son poste, les deux noms les plus souvent cités pour son remplacement éventuel étant ceux de Manuel Valls et Laurent Fabius. François Hollande devrait prendre sa décision en tout début de semaine, peut-être dès lundi, au vu des résultats de dimanche.

La mobilisation est l'un des enjeux majeurs de ce second tour, après l'abstention record enregistrée la semaine dernière (36,45%), nettement plus parmi les sympathisants de gauche que ceux de droite, selon les sondages. Du coup les responsables socialistes n'ont eu de cesse d'appeler l'électorat de gauche à se mobiliser pour espérer limiter les dégâts.
L'appel n'a pas été entendu : à 12 heures, la participation était seulement de 19,83 %, en baisse par rapport au premier tour (23,68%).




Steeve Briois, nouveau maire FN de Hénin-Beaumont (Nord) AFP-DENIS CHARLET
Steeve Briois, nouveau maire FN de Hénin-Beaumont (Nord) AFP-DENIS CHARLET
- Le FN aux portes de Fréjus et Béziers -

De nombreuses villes PS (Parti Socialiste) sont menacées de basculer à droite: Strasbourg, Toulouse, Saint-Etienne, Reims, Metz, Caen, mais aussi des villes moyennes comme Angoulême, Belfort, Chambéry, Roanne, Périgueux.
Même Paris, où Anne Hidalgo, la candidate socialiste, s'est maintenue en tête dans les sondages, annonce un scrutin plus serré que prévu face à la candidate UMP (droite), Nathalie Kosciusko-Morizet. Les deux femmes, tout sourire, ont voté tôt après l'ouverture des bureaux, la première, venue au bras de son compagnon, dans une école du XVème arrondissement, la seconde dans le XIVème.

La droite (UMP, UDI et divers droite) a elle le vent en poupe. Elle devrait au moins effacer les pertes enregistrées lors des dernières municipales de 2008 (90 villes) dans les communes de plus de 10.000 habitants. Elle ambitionne même une "vague bleue", confirmant les résultats du premier tour. L'UMP devrait également garder Marseille, où le socialiste Patrick Mennucci n'a pas réussi à entamer la confiance du maire sortant Jean-Claude Gaudin.
Le Front national (FN- extrême droite) fonde aussi de grands espoirs, depuis la victoire au premier tour de l'un de ses dirigeants, Steeve Briois, à Hénin-Beaumont. Le parti de Marine Le Pen espère remporter Fréjus et Béziers. Arrivé en tête dans 21 communes, le FN sera présent dans 328 d'entre elles.

Ce second tour intervient de surcroît à l'issue d'une semaine particulièrement difficile pour la majorité qui a dû encaisser de nouveaux revers, avec le bond du chômage en février qui atteint le chiffre record de 3,34 millions de personnes, suivi de la censure de la loi Florange sur la reprise de sites rentables - promesse électorale de M. Hollande - par le Conseil constitutionnel.

L'exécutif a assuré qu'il maintiendrait "le cap" tout en assurant avoir entendu le "message" des électeurs au premier tour. Il est certain qu'un gouvernement remanié et/ou un nouveau Premier ministre abordera une période dense pour l'exécutif. Celui-ci doit s'engager dans les prochaines semaines dans les deux réformes phares du quinquennat: le "pacte de responsabilité",destiné à stimuler l'emploi, et les 50 milliards d'économies qu'il ambitionne de réaliser d'ici 2017 dans les dépenses publiques.