Info

Francophonie : Airbus, la SNCF et Geneviève Fioraso vainqueurs 2013 de la Carpette anglaise

Le président d'EADS Tom Enders pour ses plans de licenciements en anglais, celui de la SNCF Guillaume Pépy pour ses trains "SpeakWrite" et la ministre Geneviève Fioraso pour avoir officialisé l'enseignement en anglais à l'université française se partagent la "Carpette anglaise", millésime 2013.
Décerné chaque année par des associations de défense de la francophonie, le "Prix de l'Académie de la Carpette anglaise" couronne ironiquement une personnalité ou institution française (et non française, pour son "prix spécial") qui s'est "particulièrement distinguée par son acharnement à promouvoir la domination de l'anglo-américain".

dans

And the winner is ...

A droite, Tom Enders, président exécutif d'EADS
A droite, Tom Enders, président exécutif d'EADS
Signe des temps, deux grands patrons se voient cette année récompensés de leur zèle anglophone par la prestigieuse "Carpette anglaise" 2013 décernée par l'Académie éponyme.
 
Le premier, Tom Enders est allemand et Président exécutif d'EADS (groupe mixte européen encore connu sous le nom d'Airbus). Il est couronné dans la catégorie "étranger"(1) pour avoir annoncé en anglais le 9 décembre (par une vidéo sous-titrée ... dans la même langue) un vaste plan de licenciements (5800 suppressions de postes) à tous les salariés allemands, espagnols et français de la branche « défense et espace ».

Le second, Guillaume Pépy, dirige la SNCF (chemins de fer français nationaux et historiques qui doivent tout à l'usager et contribuable de ce pays) et reçoit sa Carpette pour avoir "associé la SNCF à l'organisme de formation SpeakWrite qui dispense des cours d'anglais dans les trains de la SNCF". Le fameux « SpeakWhite » des anglophones voulait faire disparaître le français de Louisiane, la SNCF (déjà remarquée pour ses "Smiles") fait disparaître avec SpeakWrite le français de ses trains, commente un juré.

Sélectionnés mais tristement écartés du palmarès final, malgré leurs efforts, plusieurs politiques français : le maire de Lyon Gérard Collomb pour les campagnes de sa ville aux accents de restauration rapide : "OnlyLyon", "OnlyMoov", "BlueLy", "Lyon smart Community", la ministre de l'innovation et de l'économie numérique Fleur Pellerin pour avoir inauguré un "Paris Game Week" et même Arnaud de Montebourg pour la promotion de sa "Silver economy".

Prix spécial

Geneviève Fioraso
Geneviève Fioraso

Pas ratée, en revanche, la ministre française de l'enseignement et de la recherche, Geneviève Fioraso, à l'initiative d'une réforme très remarquée. Elle avait bénéficié dans l'année d'un "Prix exceptionnel" pour avoir, "dans la lignée de Mme Valérie Pécresse (« carpettée » en 2008), légalisé l'enseignement en anglais dans les universités".

Créée en 1999 par des défenseurs de la francophonie, la "Carpette anglaise" est un prix d'indignité civique décerné ironiquement chaque année à un membre des élites françaises (ou non françaises pour son "prix spécial") qui "s'est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l'anglo-américain au détriment de la langue française".

L'Académie comprend diverses personnalités du monde littéraire, syndical et associatif(2), dont l'ancien président de RFI, TF1 et France-Télévision Hervé Bourges ou les écrivains Dominique Noguez, Benoît Duteurtre ou Philippe de Saint Robert.

Ryannair, Sciences Po, Martine Aubry, Christine Lagarde ou Jean-François Copé figurent parmi les lauréats des éditions précédentes.




(1) Le prix spécial à titre étranger est "attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise".

(2) Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), Défense de la langue française (DLF) , association (COURRIEL) et Le Droit de comprendre (DDC)]...

Un tableau d'honneur prestigieux

Parmi les précédents lauréats de la “Carpette anglaise“

2011 : Ryannair "pour avoir imposé, en Espagne, aux femmes enceintes de plus de vingt-huit semaines un certificat médical exclusivement rédigé en anglais".

2010 : Martine Aubry,
premier secrétaire du Parti socialiste, et à ses conseillers en communication, pour leur recours systématique à des slogans anglo-saxons.

2009 : Richard Descoings, directeur de l’Institut d’études politiques de Paris (IEP, « Sciences po »), pour imposer des enseignements uniquement en langue anglaise dans certaines filières proposées et pour correspondre en anglais avec le lycée français de Madrid.

2008 : Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour avoir déclaré que le français était une langue en déclin et qu’il fallait briser le tabou de l’anglais dans les institutions européennes.

2007 : Mme Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances qui communique avec ses services en langue anglaise.


2007 : la police de Genève, pour avoir diffusé une publicité intitulée « United Police of Geneva ».

2005 : France Télécom, opérateur de téléphonie présidé par Didier Lombard, pour la mise en place de services et produits aux dénominations anglaises (« Business Talk, Live-Zoom, Family Talk... »), désigné par huit voix contre quatre pour Yves Daudigny, président du conseil général de l'Aisne pour sa campagne publicitaire en anglais « L'Aisne, it's Open ! ».


2002 : Jean-Marie Colombani, directeur de la publication du Monde qui publie sans la moindre réciprocité, et à l’exclusion de toute autre langue, un supplément hebdomadaire en anglo-américain tiré du New York Times.

2000 : Alain Richard, ministre de la Défense, pour avoir obligé les militaires français à parler anglais au sein du Corps européen alors qu’aucune nation anglophone n’en fait partie.

1999 : Louis Schweitzer, PDG de Renault, pour avoir imposé l’usage de l’anglo-américain dans les comptes rendus des réunions de direction de son entreprise (juste devant Claude Allègre, sélectionné pour avoir déclaré à La Rochelle, le 30 août 1997, « Les Français doivent cesser de considérer l’anglais comme une langue étrangère »).