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Francophonie : terrorisme et radicalisation, quelle solution ?

Des victimes fuient le Bataclan, à Paris, le vendredi 13 novembre 2015.
Des victimes fuient le Bataclan, à Paris, le vendredi 13 novembre 2015.
©AP Photo/Jerome Delay

Alors que les Etats francophones sont particulièrement frappés par des attaques terroristes, l’OIF a organisé, début juin à Paris, une conférence sur la prévention de la radicalisation violente et la lutte contre le terrorisme. Qu’en est-il ressorti ? Quelle stratégie les Etats francophones peuvent-ils mettre en place ? Compte-rendu. 

dans
Paris, Bruxelles, Tunis, Bamako, Grand-Bassam, Ouagadougou, Beyrouth, Ottawa… Depuis un an et demi, de nombreux attentats ont touché des pays membres de la communauté francophone. Pendant trois jours, du 6 au 8 juin, c’est donc de lutte contre le terrorisme et de prévention de la radicalisation dont il a été question lors de la conférence qui s’est déroulée à Paris sous l’égide de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
© TV5Monde

Pour Adama Ouane, administrateur de l’OIF qui a prononcé le discours de clôture, le message est limpide : « La Francophonie peut et doit contribuer aux efforts menés pour lutter contre le terrorisme et prévenir la radicalisation violente qui minent notre espace ».

Insister sur la prévention

Le point d’orgue de cette conférence - à laquelle plusieurs acteurs concernés par la question du terrorisme, qu’ils soient ministres, ambassadeurs, journalistes, chercheurs ou encore représentants d’institutions internationales, ont ainsi été conviés à échanger et exposer leurs travaux - a indéniablement été le témoignage de Mathieu.
Il prouve à quel point le terrorisme concerne la Francophonie.
Ce jeune Suisse radicalisé dans un premier temps, est parti faire le jihad en Syrie en 2013.
Les 57 membres de l’OIF sont  présents sur tous les continents.
Les 57 membres de l’OIF sont  présents sur tous les continents.
André Vallini (capture photo Twitter)
Quelques mois après son départ, il décide se rentrer en Europe en se faisant passer pour malade. Aujourd’hui repenti, il insiste sur l’importance de la prévention dans le processus de radicalisation des jeunes et prévient : « je ne me suis pas fait embrigadé à la mosquée, mais bien sur les réseaux sociaux ».

Rudy Demotte, Ministre-Président du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en charge des Relations internationales, s’est exprimé à l’ouverture de cette conférence le lundi 6 juin. Pour lui aussi, la radicalisation violente et le terrorisme doivent être combattus à la source. « Ceci nous conduit directement à la manière d’appréhender efficacement ce phénomène pour y apporter les bonnes réponses. Je veux parler, bien sûr, de la prévention » a-t-il déclaré. 
 
Le ministre belge a ensuite préconisé « la constitution d’un large espace de prévention » au sein de la Francoponie. La prévention doit nécessairement devenir une priorité des pays membres de l’OIF, puisque « c’est notre jeunesse francophone qui est recrutée, radicalisée et embrigadée par les activistes terroristes » a souligné Adama Ouane.
Le Ministre des Affraires Etrangères congolais Gakosso fustige le chômage des jeunes
Le Ministre des Affraires Etrangères congolais Gakosso fustige le chômage des jeunes
(DR)
 
Les médias ont également un rôle à jouer dans la prévention de la radicalisation et du terrorisme. Delphine Byrka, consultante sur les questions de terrorisme et ancienne grand-reporter, il y a un vrai « travail de pédagogie à faire partout dans le monde, et particulièrement en Afrique ». La manière dont un acte terroriste est traité dans les journaux a toute son importance. Pour Mathieu Mabin, rédacteur en chef à France 24, il ne faut pas hésiter à dire de ceux qui commettent des attaques terroristes « qu’ils sont le mal », quitte à lancer le débat sur l’objectivité des journalistes. Il insiste également sur l’impérative nécessité de choisir les bons termes pour qualifier ces personnes et leurs actes. 

Concertation et mutualisation

D’après Adama Ouane, d'autres éléments forts se sont dégagés de cette conférence. Il s’agit d’actions à mettre en place par les Etats qui « nécessitent avant tout des efforts de concertation et de mutualisation » tout en prenant en compte « les spécificités et les
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	<p>Adama Ouane, administrateur  de l'<span>O.I.F</span>  : "La <span>Francophonie</span> doit contribuer à la lutte contre le terrorisme"</p>
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Adama Ouane, administrateur  de l'O.I.F  : "La Francophonie doit contribuer à la lutte contre le terrorisme"

 
 
 
 
 
 
 
 
 
© OIF
ressources locales ».  Les 57 membres de l’OIF sont en effet présents sur tous les continents. 
 
Pour cela, il serait nécessaire pour les Etats « d’appuyer et de développer la recherche francophone en matière de terrorisme, de radicalisation violente et de résilience à travers, notamment, l’action de l’Agence universitaire de la Francophonie, mais aussi à la faveur
d’un engagement renouvelé des Etats et gouvernements dans le domaine de la recherche », insiste Adama Ouane. 
 
Pour mener une action commune efficace, les Etats francophones doivent impérativement « clarifier, définir et accompagner une compréhension partagée des termes et concepts de radicalisation, notamment violente » note l’administrateur de l’OIF dans sa conclusion.