Gaza : le risque d'une guerre ouverte

Blessé palestinien (photo non datée)
Blessé palestinien (photo non datée)
( AFP)

Le monde au chevet de Gaza, où la situation ne cesse d'empirer. Vladimir Poutine juge "indispensable un arrêt urgent de la confrontation armée" à Gaza entre Israël et le Hamas.  Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU appelle à un cessez-le-feu et l'Organisation de la coopération islamique (OCI) exhorte le Conseil de sécurité de l'ONU à "mettre fin à l'agression israélienne".

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Les mots et les armes

A l'ouverture d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité, le ton du secrétaire général de l'ONU se voulait ferme. Il exhortait Israël et le Hamas "à faire preuve du maximum de retenue. Il est clair, a-t-il dit, que la communauté internationale doit intensifier ses efforts pour mettre fin immédiatement à cette escalade et parvenir à un cessez-le-feu durable". Évoquant le sort des civils, les principales victimes de ce déchainement de violence, il a ajouté : "Les civils sont pris entre l'attitude irresponsable du Hamas et la dure riposte d'Israël. Israël a des préoccupations légitimes pour sa sécurité mais je suis inquiet aussi de voir de nombreux Palestiniens périr ou être blessés à la suite des opérations israéliennes". Évoquant "le risque d'une guerre ouverte", le secrétaire général de l'ONU a estimé que seule la fin des tirs de roquettes du Hamas sur Israël pouvait prévenir une offensive terrestre de l'armée israélienne sur Gaza.

Intervenant après M. Ban, le représentant palestinien à l'ONU Ryad Mansour a "appelé le Conseil à agir immédiatement pour protéger les vies des civils". "Le Conseil doit envoyer un message ferme à Israël l'enjoignant de mettre fin immédiatement à ses agressions contre le peuple palestinien et de respecter ses obligations au regard des lois internationales".
A ce propos, il a indiqué que le président palestinien Mahmoud Abbas avait demandé à la Suisse, dépositaire de la 4ème Convention de Genève sur la protection des civils en temps de guerre, de réunir les parties contractantes à cette convention de 1949 afin de leur demander de sanctionner Israël en tant que "puissance occupante" et donc responsable de la sécurité des civils. Leur accession au rang d’État non membre à l'ONU à permis aux Palestiniens de signer plusieurs conventions internationales dont les Conventions de Genève.

L'ambassadeur israélien Ron Prosor a ensuite pris la parole pour réaffirmer "qu'Israël prend des mesures importantes pour éviter de toucher des civils palestiniens innocents". Il a affirmé que cinq roquettes s'étaient abattues sur Israël depuis le début de la réunion et a fait entendre aux ambassadeurs du Conseil la sirène d'alarme qui retentit à chaque alerte en Israël, enregistrée sur son téléphone portable. Les Israéliens "ont alors 15 secondes seulement pour se mettre à l'abri", a-t-il ajouté.

"Il est temps pour vous de reconnaître le Hamas pour ce qu'il est", c'est-à-dire une organisation terroriste, a-t-il encore déclaré. "La menace du terrorisme est une menace mondiale (..) aucune nation n'est à l'abri".

Dans un même temps, à Jeddah, en Arabie saoudite, les pays de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) ont appelé  le Conseil de sécurité de l'ONU à "mettre fin à l'agression israélienne" dans la bande de Gaza, qui a tué plus de 80 Palestiniens.
Le président russe Vladimir Poutine a jugé "indispensable un arrêt urgent de la confrontation armée" à Gaza entre Israël et le Hamas, au cours d'une conversation téléphonique avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La conversation, qui a porté sur "la dégradation rapide de la situation" dans la bande de Gaza et le sud d'Israël, a eu lieu à l'initiative du responsable israélien, précise le Kremlin dans un communiqué.

Tirs de missiles de courte portée à partir d'une batterie du “Dôme de fer“, le système de défense d'Israël pour intercepter les roquettes tirées sur son territoire depuis la Bande de Gaza, le 9 juillet 2014
Tirs de missiles de courte portée à partir d'une batterie du “Dôme de fer“, le système de défense d'Israël pour intercepter les roquettes tirées sur son territoire depuis la Bande de Gaza, le 9 juillet 2014
(Photo David Buimovitch. AFP)
Tir de 4 roquettes

L’Égypte a ouvert le point de passage de Rafah pour recevoir les Palestiniens blessés, a affirmé un responsable à la frontière. Les hôpitaux dans le nord du Sinaï, frontalier de la bande de Gaza et d'Israël, sont prêts à accueillir des blessés palestiniens, a rapporté l'agence officielle Mena. 

Depuis la destitution du président égyptien Mohamed Morsi en juillet 2013, Le Caire ferme très régulièrement le passage et ne l'ouvre qu'épisodiquement, notamment pour laisser passer des convois humanitaires.

Sur le terrain, des chars se trouvent à la frontière entre le sud du pays et Gaza. 40 000 réservistes ont été mobilisés ces derniers jours. En mer, la marine israélienne multiplie les patrouilles.

Dans la journée de ce jeudi ,l'armée israélienne affirmait que quatre roquettes de Gaza avaient visé Jérusalem. " Quatre roquettes ont été tirées sur Jérusalem, deux d'entre elles sont tombées dans des zones découvertes, et deux ont été interceptées ", a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'armée israélienne, sans donner plus de précisions. 
Des témoins ont déclaré à l'AFP qu'une explosion avait touché une zone découverte à Mishor Adumim, une zone industrielle proche de Ma'ale Adumim.

Plus au nord, des sources de sécurité palestiniennes ont rapporté qu'une roquette s'était abattue près d'Ofer, une prison militaire israélienne à l'ouest de Ramallah.
A l'origine de ce nouveau cycle de violences, le rapt et le meurtre de trois étudiants israéliens en Cisjordanie, attribué par Israël au Hamas, suivi de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem par des jeunes extrémistes de droite juifs.

A Gaza, et à en Israël, des bombardements

10.07.2014Récit de K.Barzégar
A Gaza, et à en Israël, des bombardements