Gaza : les tirs se poursuivent

Ce dimanche 27 juillet au matin, Israël a relancé ses opérations militaires dans la bande de Gaza (AFP)
Ce dimanche 27 juillet au matin, Israël a relancé ses opérations militaires dans la bande de Gaza (AFP)

Alors qu'Israël reprenait ses tirs ce dimanche 27 juillet dans la matinée, le Hamas a annoncé accepter une trêve de 24 heures. Mais ce dimanche soir, les tirs se poursuivent dans la bande de Gaza.

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Les hostilités se poursuivaient dimanche après-midi dans la bande de Gaza, malgré l'annonce d'une trêve par le Hamas, l'armée israélienne ripostant à des tirs de roquettes qui ne se sont pas interrompus. Les deux parties se sont mutuellement rejeté la responsabilité de la poursuite des combats, alors qu'approche la fin du ramadan, lundi ou mardi soir. 
                  
Aux yeux du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, les combattants du Hamas "violent leur propre cessez-le-feu" en continuant à tirer des roquettes vers Israël qui, a-t-il répété dans une interview sur CNN (lien en anglais), "fera tout ce qu'il doit faire pour défendre son peuple".
                  
"Nous attendons une réponse officielle de l'ennemi", a déclaré le porte-parole du Hamas à Gaza Sami Abou Zouhri, laissant entendre que le mouvement islamiste continuerait à tirer des roquettes tant qu'Israël n'aurait pas cessé ses opérations. Selon l'armée israélienne, onze roquettes ont encore été envoyées depuis Gaza vers Israël depuis l'annonce de la trêve par le Hamas, qui a lui-même revendiqué des tirs. 

Trêves humanitaires
                  
A l'approche de la fin du mois de jeûne du ramadan, lundi ou mardi soir, les belligérants soufflent le chaud et le froid avec des annonces successives en réponse à une demande de l'ONU de prolonger la "trêve humanitaire" observée samedi. 
                  
Samedi soir, le Hamas avait rejeté cette pause que le cabinet de sécurité israélien acceptait, exigeant un retrait des soldats israéliens de la bande de Gaz où ils sont entrés le 17 juillet. Après des tirs de roquettes depuis Gaza, Israël a repris dimanche ses opérations et ne les a pas interrompues. Le Hamas a finalement accepté une nouvelle trêve en début d'après-midi. 
                  
Dix Palestiniens, dont une femme, ont péri dans les frappes israéliennes contre le sud et le nord de la bande de Gaza où, selon un dernier bilan des secours locaux, 1 062 Palestiniens, principalement des civils, sont morts depuis le 8 juillet. 
                  
Après avoir profité samedi de la trêve des hostilités pour se ravitailler, en particulier en vivres, la population redoute que son calvaire s'éternise. 

La menace des tunnels
                  
En effet, même en cas d'une hypothétique trêve durable, il restera à engager des discussions sur le fond, où les désaccords sont très profonds.
                  
Israël, qui a annoncé avoir frappé près de 3 600 "sites terroristes" depuis le début de son opération "Bordure protectrice", entend mener à son terme la neutralisation des "tunnels offensifs" construits par le Hamas et son allié, le Jihad islamique. 
                  
Des souterrains ont en effet été creusés pour lancer des attaques contre Israël et dissimuler l'arsenal et les centres opérationnels des mouvements palestiniens. Pour les détruire, l'armée israélienne explique qu'elle doit être sur le terrain. L'armée a annoncé avoir découvert une trentaine de tunnels et a précisé voir détruit celui qui avait été utilisé par un commando du Hamas pour une attaque ayant tué sept soldats le 20 juillet.
                  
Elle a aussi affirmé avoir tué 320 combattants du Hamas en 20 jours de conflit. L'Egypte a de son côté annoncé avoir détruit 13 tunnels reliant la péninsule du Sinaï à Gaza, que le Hamas utiliserait pour faire entrer dans l'enclave du carburant, des armes, des vivres et de l'argent. 
                  
Pour un accord de trêve durable, le Hamas exige une levée du blocus imposé depuis 2006 par Israël, qui asphyxie l'économie de ce territoire de 362 km2 où s'entassent 1,8 million de personnes, dont le quotidien dépend en grande partie de l'aide humanitaire.
                  

Appel à un "réel" cessez-le-feu
                   
Tentant d'accentuer la pression sur les belligérants, l'ONU et plusieurs chefs de diplomatie, dont le secrétaire d'Etat américain John Kerry, ont demandé samedi une prolongation de 24 heures de la trêve humanitaire de 12 heures observée samedi. Dimanche encore, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a réclamé "d'urgence un réel cessez-le-feu et l'ouverture de négociations".   
                  
Mais le gouvernement israélien doit aussi prendre en compte son opinion publique, très sensible à la menace que posent les tunnels et les roquettes du Hamas. Selon un sondage rendu public par la radio militaire, 85,6 % des Israéliens sont hostiles à un cessez-le-feu. 
                  
Avec 43 morts dans ses rangs, l'armée israélienne subit son plus lourd bilan depuis la guerre contre le Hezbollah libanais en 2006. Les roquettes ont également tué trois civils en Israël.
                  
A la faveur de la trêve samedi, de nombreux déplacés de Gaza sont retournés dans leur quartier, où ils ont découvert un spectacle de cauchemar : maisons effondrées, éventrées, criblées d'éclats d'obus, cadavres dans les décombres, mines et bombes non explosées au sol. Quelque 150 corps ont pu alors être retirés des décombres.
                  
Fuyant les hostilités, près de 170 000 habitants de Gaza, soit quasiment 10 % de la population, ont trouvé refuge dans des locaux de l'ONU.
Une femme sur les ruines de sa maison à Beit Hanour, pendant la trève de samedi 26 juillet (AFP/Mohammed Abed)
Une femme sur les ruines de sa maison à Beit Hanour, pendant la trève de samedi 26 juillet (AFP/Mohammed Abed)