Gérard Filoche : "la loi El Khomri casse 100 ans de droit du travail"

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©Interview menée par Mohamed Kaci

Gérard Filoche, membre du bureau national du Parti socialiste français, est l'un des plus fervents adversaires de la réforme El-Khomri. De retour de la grande manifestation de ce mardi 14 juin, il explique sur TV5MONDE pourquoi la loi travail bloque en France.

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"Je ne comprends pas comment François Hollande et Manuel Valls s'entêtent, ils sont minoritaires dans le pays, au Parlement, dans l'opinion, dans les syndicats, dans la gauche, dans le parti socialiste", souligne Gérard Filoche sur le plateau de TV5MONDE.  

Certains évoquent un "baroud d'honneur" face à une mobilisation un peu moins suivie. "ça fait neuf fois qu'on nous dit ça dans la presse, mais moi je vous le dis, ce mouvement est inarrêtable", insiste cet ancien inspecteur du travail et membre de l'aile gauche du Parti socialiste français.

Mardi 14 juin, la manifestation a rassemblé dans la capitale entre 75 000 et 80 000 personnes selon la préfecture de police de Paris, et un million de personnes selon les trois syndicats organisateurs (CGT, FO et Solidaires). Soit 125 000 en France selon la police et 1.3 millions selon les organisateurs. 

"François Hollande piétine tous ses engagements. La loi El Khomri est la plus réactionnaire de toutes les lois que la gauche ait pu proposer depuis un siècle. Elle casse 100 ans de droit du travail." (...) "Le droit du travail ce n'est pas le droit des entreprises, c'est le droit qui protège les salariés contre les exigences des entreprises", souligne Gérard Filoche qui répète :  "Nous voulons que les entreprises soient subordonnées au droit du travail.

"Ce texte est à 100% pour les patrons", s'insurge-t-il. Alors que propose-t-il pour faire baisser le chômage dans le pays ? "32 heures par semaine, le contrôle des licenciements, pas plus de 5% de précaires par entreprise, ..." énumère Gérard Filoche. 

"La France n'a jamais été aussi riche. (...) Il faut d'abord redistribuer les richesses pour que l'économie reparte. Tant qu'on ne s'en prend pas aux 1%, nous, les 99% on va souffrir", martèle-t-il.

"Personne ne s'arrêtera parce que c'est nous qui sommes majoritaires", assure-t-il.