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La Grèce appelle l'Allemagne au "réalisme" pour une sortie de crise

Kiosque à journaux à Athènes le 20 février 2017<br />
<sub>(AP Photo/Yorgos Karahalis) </sub>
Kiosque à journaux à Athènes le 20 février 2017
(AP Photo/Yorgos Karahalis)

Après être parvenu ce lundi à un nouvel accord avec l'Eurogroupe au prix de sacrifices supplémentaires de sa population mais aussi d'une concession du FMI, la Grèce demande à l'Allemagne de faire preuve de "réalisme" en vue d'une solution globale.

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Athènes a appelé mardi Berlin à faire preuve de "réalisme" pour régler la crise grecque, au lendemain de concessions grecques  pour dégeler les négociations avec les créanciers. 

Cet appel intervient à la veille d'une rencontre à Berlin entre la chancelière allemande Angela Merkel et la directrice du FMI, Christine Lagarde, dont les positions sur un allègement de la dette grecque et les objectifs budgétaires à assigner au pays semblent diamétralement opposées.

La Grèce et ses créanciers ont conclu lundi lors d'un Eurogroupe à Bruxelles un accord de principe pour reprendre leurs négociations sur le maintien du pays sous perfusion.  

Cet accord a été rendu possible par un "recul" tant de la Grèce que du FMI, a estimé le porte-parole du gouvernement, Dimitris Tzanakopoulos. 

"Nous attendons désormais de l'Allemagne qu'elle prenne la voie du réalisme" et qu'elle "recule" de même, a-t-il ajouté. Pour Athènes, Berlin doit cesser de différer des mesures d'allègement à moyen terme de la dette grecque et renoncer à sa "demande aberrante" d'un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) grec de 3,5% du PIB jusqu'en 2029. 

Un tel infléchissement allemand débloquerait selon le porte-parole l'"accord global" nécessaire pour orchestrer le retour d'Athènes sur les marchés, prévu avant la fin, en août 2018, des prêts consentis par ses créanciers en juillet 2015. 

L'avancée de lundi doit permettre le retour à Athènes des représentants des créanciers -- début mars selon les Grecs -- pour finaliser les mesures que le pays a accepté de prendre à l'avance pour 2019. 

Le gouvernement grec souhaiterait boucler d'ici la mi-mars ce vote, réclamé par le FMI, selon une source gouvernementale grecque. 

L'accord trouvé à Bruxelles "n'alourdira pas la charge sur les ménages" grecs, selon M. Tzanakopoulos. Le principe, a-t-il expliqué, est qu'en échange de mesures d'économies supplémentaires soient adoptées des "contre-mesures". L'abaissement probable du seuil d’exonération fiscale serait ainsi compensé par une baisse de la TVA ou de la taxe foncière, a-t-il dit. 

Cet équilibrage a selon lui été rendu possible par l'abandon par le FMI de sa demande de 4 milliards supplémentaires d'économies pour 2019, une exigence rejetée comme "aberrante" par Athènes.