Grèce : Athènes accepte presque toutes les mesures de ses créanciers

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, est applaudi par des législateurs du parti Syriza, au Parlement à Athènes, le 10 juillet 2015.   
Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, est applaudi par des législateurs du parti Syriza, au Parlement à Athènes, le 10 juillet 2015.   
© AP Photo/Thanassis Stavrakis

Athènes accepte l’essentiel des mesures proposées par les créanciers le 26 juin. Le plan de redressement doit passer au parlement ce vendredi matin. Les créanciers et l’Eurogroupe feront leur propre évaluation samedi. Un sommet européen spécial pourrait signer un accord politique avec Athènes dimanche.

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La Grèce a formellement demandé, jeudi soir, un troisième programme d’aide de 60 milliards d’euros sur trois ans. Cette somme servira essentiellement à rembourser les dettes du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE). En échange, elle accepte de mettre en place un programme d’économies de 12 milliards d’euros par année, y compris dans les retraites, dans l’armée et dans les dépenses liées au fonctionnement de l’Etat. Par ailleurs, elle prévoit des recettes supplémentaires, notamment par la hausse de la TVA à 23%, sauf pour l’hôtellerie et la restauration, sur les services maritimes. En gros, Athènes accepte l’essentiel des mesures proposées par les créanciers le 26 juin. Le gouvernement avait alors rompu les négociations et soumis le plan de redressement à un référendum. Auquel le peuple grec avait répndu non le 5 juillet dernier, à une écrasante majorité de 61%.

Après avoir envoyé une demande pour un troisième plan d’aide mardi au Mécanisme européen de stabilité (le Fonds monétaire européen), Athènes a rempli sa deuxième obligation prise au sommet de la zone euro dimanche dernier. Elle a soumis les propositions détaillées des mesures d’assainissement de l’économie jeudi soir peu avant l’échéance. Le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, en a accusé réception, mais sans faire de commentaire. Le plan de redressement sera soumis au parlement grec ce vendredi. Le gouvernement dominé par Syriza a consulté les trois principaux partis de l’opposition pour s’assurer que le plan passe la rampe des députés.

Du côté européen, il sera évalué par l’Eurogroupe demain à Bruxelles. Un sommet européen a été convoqué pour dimanche dans l’espoir de signer un accord politique avec la Grèce.

Les tractations de dernière minute vont se poursuivre entre Athènes et Bruxelles alors que les banques grecques restent fermées pour la deuxième semaine. Les retraits aux distributeurs automatiques de billets sont possibles mais limités à 60 euros par jour. Le 30 juin, la Grèce a fait défaut de paiement sur une dette de 1,54 milliard au FMI. La prochaine échéance est le 20 juillet, lorsqu’elle devra honorer une dette de 3,6 milliards à la BCE.

Reste la question de la dette, qui atteint aujourd’hui 177% du produit intérieur brut. Athènes insiste sur une restructuration et a bénéficié d’un appui considérable de la part du président du Conseil européen, Donald Tusk, du FMI et des Etats-Unis, qui ne cessent de presser les dirigeants européens à crever l’abcès grec. La résistance vient d’Allemagne, où la chancelière Angela Merkel a affirmé que cette question n’était pas à l’agenda.

L’initiative grecque a été saluée par les marchés financiers en Asie, qui ont estimé que le spectre d’un «Grexit», c’est-à-dire la sortie de la Grèce de la zone euro, s’éloignait. L’euro a aussi repris des couleurs.

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