Grèce : Athènes réclame à Berlin 279 milliards d'euros

Portraits de victimes au musée de l'holocauste de Kalavryta, dans l'ouest de la Grèce. 
Portraits de victimes au musée de l'holocauste de Kalavryta, dans l'ouest de la Grèce. 
(©AP/Petros Giannakouris)

La Cour des comptes grecque vient de chiffrer le montant du préjudice infligée à la Grèce par l'Allemagne nazie, auquel s'ajoute celui d'un emprunt forcé. Le gouvernement Syriza remet sur la table la question des réparations de guerre.

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Dès 1943, les Nazis déportaient les juifs de Grèce dans les camps de concentration en Pologne. Détail sordide : ils leur faisaient payer leurs billets de train. La déportation de 58 585 juifs à Auschwitz et dans d'autres camps leur a rapporté plus de 2 millions de Reichsmark — soit plus de 25 millions d'euros actuels. Mais ce qui, pendant des décennies, était qu'une ignominie nazie parmi tant d'autres, revient aujourd'hui sur le devant de la scène dans le bras de fer qui oppose Athènes et Berlin autour de la dette grecque.

Selon la Grèce, l'Allemagne lui doit en tout près de 279 milliards d'euros de réparations de guerre suite à l'occupation du pays par l'armée allemande de 1941 à 1944. Pour avancer le chiffre, le vice-ministre grec des Finances, Dimitris Mardas se fonde sur les calculs de la Cour des comptes grecque. La somme de 278,7 milliards comprend un prêt forcé de 10,3 milliards d'euros exigé de la Banque de Grèce par les occupants, ainsi que les dommages subis par les "particuliers et les infrastructures" du pays.

Le commission parlementaire grecque, qui a commencé ses travaux mercredi 1er avril, travaille aussi sur la restitution de trésors archéologiques. Par le passé, un rapport de la Comptabilité nationale grecque avait évalué le montant des réparations à 162 milliards d'euros. 


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Dossier clos pour l'Allemagne

Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, déclare que son pays était conscient de sa responsabilité morale et politique dans les "terribles événements" survenus en Grèce pendant la guerre. Il a toutefois affirmé que le dossier des réparations était définitivement réglé via des traités internationaux, l'Allemagne ayant déjà versé 115 millions de Deutsche Mark (62 millions de francs) en 1960 à la Grèce.


"La probabilité que l'Allemagne paie des indemnités de guerre a posteriori est nulle", avait assuré début février le ministre allemand de l'Economie.